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Tant que les lions n'auront pas d'historiens, les histoires de chasse tourneront à la gloire du chasseur - Le mensonge se lève très tôt mais la vérité finit par le rattraper - Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage

lundi 30 août 2010

"Science sans conscience..." – parole de femme

Citation de Sheila Rowbotham :

« Chaque fois qu'une femme fait à un homme la description d'une expérience qui lui est spécifique en tant que femme, elle s'adresse à quelqu'un qui considère sa propre expérience comme normale. Plus encore, sa vision de la "norme" est renforcée par l'idéologie dominante qui leur confirme à tous deux que c'est lui qui a raison. Les femmes ne sont pas les seules bien sûr à ne pouvoir retrouver leur expérience dans la culture existante. » Un phénomène similaire se retrouve, précise-t-elle, pour « la classe ouvrière, les noirs, les minorités nationales... »



« Toutefois, pour les femmes le problème est particulièrement intériorisé, en partie, pour des raisons historiques. Nous n'avons aucune époque, aucun lieu vers lequel nous reporter. Le mouvement que nous avons créé pour libérer toutes les femmes est infiniment moins fort que le mouvement ouvrier ».

« Par ailleurs, cette intériorisation est liée aussi à une question d'anatomie et de physiologie. La différence sexuelle nous lie à la fois étroitement à nos oppresseurs et nous sépare radicalement d'eux. Cela ne signifie pas que nous ne soyons que notre biologie mais que notre différence se situe à un niveau de sensation et d'expérience qui ne concerne pas seulement le monde extérieur. Cela signifie aussi que l'exploration des domaines intérieurs de la conscience est pour nous une nécessité politique. »

(Sheila Rowbotham, Conscience des femmes, monde de l'homme, Londres 1973, Paris éd. des femmes, 1976, p. 75.)

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