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Tant que les lions n'auront pas d'historiens, les histoires de chasse tourneront à la gloire du chasseur - Le mensonge se lève très tôt mais la vérité finit par le rattraper - Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage

mardi 30 novembre 2010

Côte d'Ivoire : les observateurs internationaux dénoncent des "irrégularités majeures" en zone CNO

 

Confirmant les remarques de LMP demandant des invalidations, - et à l'encontre de ceux des médias (notamment français) qui renvoient tout le monde dos à dos -, les missions d'observation internationales africaines (en convergence avec les autres observateurs) dénoncent des "irrégularités majeures" en zone CNO, allant de vols d'urnes à agressions physiques des représentants de LMP en passant par des "votes multiples", etc. :

 




Second tour en Côte d'Ivoire : indispensable annulation des votes irréguliers

Les mêmes irrégularités qu'au premier tour ont eu lieu dans les mêmes zones, celles où Ouattara atteignait jusqu'à près de 95% des voix avec un taux de votants allant parfois jusqu'à 246% des inscrits (ainsi à Mankono). Cette fois, les forces de sécurité étaient présentes, mais évidemment trop peu nombreuses... et se sont fait tirer dessus. Jusqu'à cinq membres des forces de sécurité qui ont été tués (à Daloa) ! Une reprise du scrutin dans ces zones est indispensable, avec cette fois une vraie sécurisation...

 



Sans quoi, on risque, hélas, de se retrouver avec un après-scrutin plus difficilement sécurisable...

lundi 29 novembre 2010

Indispensable couvre-feu (2)

Des violences quand même. Énumération :

dimanche 28 novembre 2010

Indispensable couvre-feu

Déclaration du Gal Mangou, chef d'Etat-Major des Forces de sécurité ivoiriennes, le 27.11.10 :

samedi 27 novembre 2010

“Tous les jeunes disent qu’ils vont voter Gbagbo”

Les mots sont ceux de KKB / Kouadio Konan Bertin. Il se prononce comme leader de la jeunesse Rhdp, branche Pdci. KKB était opposant Pdci de Blé Goudé lors du débat télévisé du 23 nov.

Le constat, massif, est confirmé avec éclat par le passage de l'autre adversaire de Blé Goudé lors du même débat, le représentant du Rdr, au camp Gbagbo !

Patrick Zasso, porte-parole jeunesse de Ouattara annonce qu'il votera Gbagbo... En images ci-dessous :



KKB en donne une des explications :

"Au RDR et chez ses acolytes qui ont créé l’attelage RHDP, on ne croit pas du tout à une quelconque victoire au soir du 28 novembre prochain. L’autre jour, au cours du débat télévisé qui a rassemblé les jeunes supporters des candidats Laurent Gbagbo et Alassane Dramane Ouattara, on a eu la preuve palpable de ce que les partisans de Ouattara vont à la guerre en sachant d’avance qu’ils l’ont perdue. Alors que le débat tendait vers sa fin et que KKB avait la parole, il a lâché, à la surprise générale : «Tous les jeunes que l’on interroge dans la rue disent qu’ils vont voter Gbagbo. Et quand on leur demande pourquoi, ils répondent qu’il est un garçon». Evidemment, cette réponse des jeunes fait pousser des boutons à KKB qui ne comprend pas cette position. Nous allons lui expliquer pourquoi tous les jeunes qu’il interroge choisissent Gbagbo. Si les jeunes que KKB a interrogés voteront ou ont déjà voté, c’est qu’ils ont au moins 18 ans. C’est qu’au moment où les troupes de Dramane envahissaient la Côte d’Ivoire le 18 septembre 2002, ils avaient au moins 10 ans. Ils ont donc vu et vécu toutes les atrocités de cette guerre. Mais ils ont surtout vu un homme courageux et brave s’opposer à la détérioration de son pays et braver tous les obstacles humains, métaphysiques et cancéreux mis sur son chemin. Ils ont découvert à cette période chaude, un patriote, un homme qui ne sait pas ce que veut dire la peur. Ces jeunes-là savent aussi ou ont appris par l’histoire que dans les mêmes circonstances de crise, les devanciers de Laurent Gbagbo ont pris la fuite par hélicoptère ou en escaladant des clôtures mitoyennes. Quand ils font la comparaison, il n’y a pas photo. Gbagbo plane sur ses adversaires. Or, ces jeunes savent que l’après élection sera encore plus difficile à gérer que l’avant élection. La Côte d’Ivoire étant résolument engagée sur la voie de l’indépendance économique et culturelle, elle aura en face d’elle des instruments néo-coloniaux qu’il lui faudra vaincre absolument pour espérer gagner son pari. Ce ne sont pas ceux qui escaladent rapidement les clôtures ou qui prennent leurs jambes à leur cou pour se retrouver en dehors des frontières qui pourront mener ce combat-là. C’est ce qui pousse les jeunes qui font plus de 70% de la population électorale à choisir le candidat de La majorité présidentielle. D’où la colère de KKB qui voit la victoire s’éloigner de son candidat. Mais dans ce pessimisme ambiant, KKB n’est pas le seul à y être. Un tonton qui est membre du secrétariat général du RDR embouche la même trompette : «Petit frère, me dit-il, on sait que vous allez gagner mais on va se battre jusqu’au bout». Pareil pour un très proche collaborateur du président du PDCI dont nous taisons aussi le nom : «Petit, on est dedans comme ça. Comment on va faire ? De toutes les façons, on ne sait pas qui est qui et qui fait quoi». Sans commentaire." (Article de Abdoulaye Villard Sanogo dans Notre Voie, 27 nov. 2010)

vendredi 26 novembre 2010

Elections ivoiriennes - 2ème tour : le débat Gbagbo / Ouattara

Hier soir, 25 nov. 2010, sur la RTI, le face à face... 

Texte écrit (clic sur l'image) :

 


Ci-dessous, en vidéo, des extraits - tronqués (proposés par Abidjan.net) :


1ère partie :




2e partie :




3e partie :


jeudi 25 novembre 2010

Pour mémoire : "coup(s) d'Etat RDR" ?

Citation de l'AFP, à l'heure où Mamadou Ben Soumahoro met en cause le candidat Rhdp dans le coup d'Etat de Noël 1999, et où Le Nouveau Courrier dévoile des données précises sur la connexion militaire et financière Rdr-rébellion...

Concernant le coup d'Etat de Noël 1999, les faits tels que présentés au tournant des années 1999-2000 par l'AFP :


« Le FPI de Laurent Gbagbo refuse de participer au gouvernement de transition
ABIDJAN, 4 jan (AFP) - 23h24 - M. Laurent Gbagbo, président du Front populaire ivoirien (FPI,socialiste), a annoncé mardi soir que son parti refusait de prendre part au gouvernement de transition dont la composition a été annoncée par la junte au pouvoir en Côte d’Ivoire. M. Gbagbo a déclaré à la presse que ce gouvernement dont la composition avait été annoncé auparavant par le Comité national de salut public (CNSP), la junte du général Robert Geueï au pouvoir depuis le renversement, le 24 décembre, du président Henri Konan Bédié, était un "gouvernement RDR". Le Rassemblement des Républicains (RDR) est le parti de l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara. MM. Gbagbo et Ouattara sont considérés comme les deux principaux rivaux pour la prochaine présidentielle. "Si c’est un coup d’Etat RDR, qu’on nous le dise", a déclaré M. Gbagbo [...] ».


« Clash majeur dans le processus de transition
ABIDJAN, 5 jan 2000 (AFP) - 0h08 - Laurent Gbagbo, président du Front populaire ivoirien (FPI, premier parti de l’opposition au président déchu Henri Konan Bédié), a provoqué mardi un clash dans la transition, en refusant de participer au gouvernement de la junte, noyauté selon lui par le parti de son principal rival. Trois heures après l’annonce de la composition du cabinet de transition par le Comité national de salut public (CNSP), la junte du général Robert Gueï au pouvoir depuis le renversement le 24 décembre de M. Bédié, M. Gbagbo a annoncé qu’il "retirait (ses) ministres" de ce qu’il a qualifié de "gouvernement RDR". Le Rassemblement des Républicains (RDR) est le parti de l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara. MM. Gbagbo et Ouattara sont les deux principaux rivaux pour la prochaine présidentielle que la junte a promis d’organiser. "Si c’est un coup d’Etat RDR, qu’on nous le dise", a déclaré à propos du putsch militaire M. Gbagbo [...]. "Nous avons cru que le général Gueï était un militaire qui voulait s’entourer de toutes les forces démocratiques pour les aider à aller de l’avant et aboutir à sortir de cette transition pour aboutir à la démocratie," a affirmé M. Gbagbo. "Après plusieurs jours de tractations (sur la composition du gouvernement), nous nous rendons compte qu’il s’agit d’un gouvernement du RDR", a-t-il poursuivi. "Le jour où nous formerons notre gouvernement ce sera à la suite d’une victoire électorale. Le RDR forme son gouvernement maintenant, nous n’allons pas l’accompagner", a-t-il lancé en refusant de "servir de faire-valoir". Rappelant que le FPI avait obtenu 24% des voix aux législatives de 1995 contre 11% au RDR [...] Il a indiqué avoir averti le général Gueï de sa décision, affirmant que le nouvel homme fort du pays lui avait répondu de "venir le voir". Il n’a pas voulu préciser s’il se rendrait à cette invitation. Il a souligné que le FPI restait toutefois "prêt à discuter, à parler, pour mettre en place des institutions démocratiques" comme promis par la junte. »


« L’ancien parti au pouvoir affirme ne pas être représenté au gouvernement
ABIDJAN, 5 jan 2000 (AFP) - 12h04 - Le parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, au pouvoir pendant près de 40 ans) a affirmé mercredi à Abidjan ne pas "être représenté" au sein du gouvernement de transition formé mardi par la junte au pouvoir depuis le renversement du président Henri Konan Bédié. "Le PDCI en tant que parti n’a pas de représentant au gouvernement. Aucune des personnes qui ont été appélées n’est venue nous demander notre caution ou appui et nous pouvons affirmer que nous n’avons personne au gouvernement", a déclaré à la presse Jean Konan Banny, président du comité de crise du parti. Le PDCI avait refusé de fournir une liste de "ministrables", comme la junte l’avait demandé aux principaux partis politiques, préférant laisser le soin aux militaires de choisir dans ses rangs les hommes qu’ils voudraient. Trois ministres du gouvernement formé mardi avaient été présentés par la junte comme étant du PDCI. »


À noter que deux jours avant, selon la même AFP - ABIDJAN, 28 déc. (AFP) - 19h35 - [...] « M. Gbagbo a déclaré que l’éventuelle présence du parti de M. Bédié, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), dans ce gouvernement de transition ne remettrait pas en cause la participation du FPI. [...] »

mercredi 24 novembre 2010

La gestion Ouattara selon Bédié

On est en 1999. Le Président Bédié, dans son livre Les Chemins de ma vie, après avoir parlé de la nationalité du dernier Premier ministre d'Houphouët, en vient à la situation économique dans laquelle Ouattara a laissé le pays au moment où Bédié, non sans mal, accède au pouvoir qui lui revient selon la Constitution :


Eric Laurent demande à H.K. Bédié : "Quand on examine la situation économique de la Côte d'Ivoire, en 1993, le tableau était tout à fait sombre : déficit colossal des finances publiques, baisse dramatique de l'activité économique, accroissement du chômage, découragement des investisseurs, baisse des investissements privés, qui constituaient pourtant un facteur déterminant de la croissance. Vous attendiez-vous à trouver une situation aussi dégradée?"

Réponse de H.K. Bédié : "Par la force des choses, j'étais assez bien informé de l'évolution de la situation. Nous étions sur une pente descendante et le revenu par habitant ne cessait de décliner, jusqu'en 1994 [Bédié est alors au pouvoir] où les indicateurs se sont redressés de façon spectaculaire. Je pense qu'en politique, il faut aussi avoir de la chance. En un an la croissance est redevenue positive et les facteurs favorables se sont accrus, nous offrant des moyens plus importants pour agir rapidement en vue de l'élévation du niveau de vie des populations. Enfin la conjoncture semblait mieux disposée à notre égard : hausse des prix des produits agricoles payés pour le coton, le café, le cacao, l'hévéa, le régime de palme, etc. Nous avons su en profiter pour nous engager vers une reprise durable." (Henri Konan Bédié, Les Chemins de ma vie, Entretiens avec Éric Laurent, Plon, 1999, p. 159-160.)

*

...Et une question, pour en venir à l'actualité : puisque "le coton, le café, le cacao, l'hévéa, le régime de palme, etc." ont été évoqués, quid du fruit financier de leur production d'aujourd'hui au nord du pays, en zone CNO ? On voit régulièrement les débatteurs ouattaristes de la campagne électorale présente demander des comptes à Gbagbo pour la gestion de la zone non-occupée - gestion qu'il a été contraint de partager à 75 % par les mêmes questionneurs Rhdp ! -, quid de la zone à laquelle il n'avait pas accès, quid des milliards de francs générés par "le coton, le café, le cacao, l'hévéa, le régime de palme, etc.", sans compter le diamant, l'or, les ressources minières : quels investissements, quelles constructions, quelles institutions scolaires et universitaires, quelles institutions de santé, en huit ans d'occupation du nord ? Ou, si rien n'a été fait, où est passé l'argent ?...

mardi 23 novembre 2010

Elections en Côte d'Ivoire - sécurisation du second tour

Déclaration du Gal Mangou, chef d'Etat-Major des Forces de sécurité ivoiriennes.

Le Gal Mangou a indiqué que, face aux différentes informations faisant état de menaces et d'intimidations en vers les populations, le dispositif de sécurisation va être davantage renforcé pour le second Tour.

Déclaration en images ici :


-- Veuillez mettre a jour votre lecteur Flash Player--

Extrait : "Aux individus animés de velléités de perturbation et faisant circuler des rumeurs insensées. A tous ceux tapis dans l`ombre élaborant des stratégies contre la paix, la sérénité et la stabilité dans ce pays, les Forces de défense et de sécurité de Côte d`Ivoire leur rappellent fermement, comme elles l`ont déjà dit pour le premier tour du scrutin, qu`elles seront impitoyables pour toutes les personnes prises en flagrant délit de perturbations, de menaces à l’intégrité physique des personnes ou de troubles a l`ordre public, pour leur faire subir la loi dans toute sa rigueur".



ABIDJAN, 22 nov 2010 (AFP) - L'armée loyaliste de Côte d'Ivoire a lancé lundi le déploiement de 1.500 hommes dans le Nord, tenu par l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) pour renforcer la sécurisation du second tour de la présidentielle dimanche, a constaté une journaliste de l'AFP.
Ces renforts ont quitté Abidjan à l'issue d'une cérémonie présidée par le général Philippe Mangou, chef d'état-major de l'armée loyaliste. Ces hommes "garantiront le bon déroulement de la campagne électorale, du vote et rassureront davantage par leur présence toutes les populations sans exclusive", a-t-il déclaré.
Le déploiement s'effectue sous le contrôle du Centre de commandement intégré (CCI), état-major mixte loyaliste/FN chargé de sécuriser le scrutin. Ces 1.500 éléments vont travailler sur le terrain avec 500 hommes ex-rebelles, a indiqué le général Mangou.
Les FN vont quant à elles envoyer 1.500 de leurs éléments dans la moitié sud, qui devront collaborer avec 500 soldats loyalistes, a-t-il relevé. Pour le premier tour le 31 octobre de cette élection censée clore la crise née du putsch raté de 2002 qui a coupé le pays en deux, le CCI avait disposé de moins de 7.000 éléments (loyalistes et FN) sur les 8.000 initialement annoncés, selon des sources concordantes.
Le président sortant Laurent Gbagbo qui affronte dimanche l'ex-Premier ministre Alassane Ouattara, avait annoncé le 14 novembre la "réquisition" des soldats loyalistes pour être déployés "en particulier" dans le Nord. Son camp avait dénoncé après le premier tour une sécurité insuffisante pour le vote, spécialement dans le Nord où M. Ouattara a régné sans partage.

lundi 22 novembre 2010

Elections ivoiriennes - 2ème tour : le débat Koulibaly-Atéby / Kaba-Séka

Hier soir, 21 nov. 2010, sur la RTI, le débat Mamadou Koulibaly - William Atéby (LMP) / Mme Nialé Kaba - Séka Pierre (RHDP) sur "la gouvernance : y a-t-il un problème de gouvernance en Côte d'Ivoire ?"


1ère partie :



2e partie :



3e partie :

vendredi 19 novembre 2010

Second tour en Côte d'Ivoire. Interview du leader des Jeunes patriotes

Charles Blé Goudé, leader des Jeunes patriotes, directeur national de campagne-adjoint de la jeunesse (Dncaj) du candidat Laurent Gbagbo, a répondu aux questions de Sylla Arouna pour Soir Info...



La machine du Rhdp, qui est véritablement lancée, ne vous fait-elle pas peur?

Charles Blé Goudé : Je voudrais d’abord féliciter tous les Ivoiriens qui ont participé dans le calme à cette élection historique. C’est à l’honneur de la Côte d’Ivoire. Maintenant, nous allons au deuxième tour et vous me demandez si la machine du Rhdp ne m’effraie pas. Non ! Je ne sais pas ce qui surprend les gens. Depuis le début de cette campagne, j’ai dit que nous allons gagner. Or, nous savions que le Rhdp était en coalition. Donc, il y a rien de nouveau sous le soleil.

Qu’est ce qui fonde cet optimisme que je qualifierai de béat ?

C.B.G : Je voudrais vous dire que depuis le ralliement du président Henri Konan Bédié à Alassane Ouattara, c’est un sursaut national dans toute la Cote d’Ivoire. Nous recevons les coups de fil de partout. Les jeunesses du Pdci, les jeunesses de l’Udpci, les femmes du Pdci, les femmes de l’Udpci, les Ivoiriens, partout nous ont envahis. Ils disent que cette fois-ci, ce n’est pas Gbagbo Laurent qui est opposé à un candidat, mais que c’est toute la Cote d’Ivoire qui est opposée à un candidat.

Qu’est ce qui vous dit que ceux qui vous disent cela sont sincères ?

C.B.G : Mais, c’est à nous de travailler à cela. Et, nous travaillons à cela. Mieux, je voudrais vous rappeler, pour l’histoire, que l’alliance des leaders n’entraîne pas systématiquement l’adhésion de la base, sinon le « oui » l’aurait emporté au vote de la Constitution Européenne en France. Parce que l’Ump, le Ps, l’Udf et toutes les grandes formations politiques en France ont coalisé pour appeler à voter « oui » et pourtant le « non » l’a emporté. Donc, je n’ai peur de rien. Je suis serein et je suis sûr que nous allons l’emporter.

Aujourd’hui, quels sont les cadres, les figures de proue du Pdci qui soutiennent Laurent Gbagbo après l’appel de Bédié à soutenir Ouattara ?

C.B.G : La meilleure communication, c’est que l’on ne sache pas ce que vous faites. Aujourd’hui, le temps des grands tapages est passé. Mais, il y a des grandes figures, de grands visages, des dinosaures du Pdci qui ont été choqués par le ralliement du Rhdp et du président Bédié à Ouattara et qui, aujourd’hui, nous rejoignent. Tout comme, il y en a qui font semblant, qui font des réunions avec eux, mais qui viennent nous voir la nuit. Et, on se parle. Ils disent qu’ils ne vont jamais voter Alassane Ouattara. Je pense qu’ils ont en tête ce que ce monsieur leur a fait.

Quelles sont ces personnes qui viennent vous voir, la nuit ?

C.B.G : Je vous dis que je ne les cite pas. Mais, je peux vous dire le discours qu’ils tiennent. Ils disent qu’ils se rappellent que la grande saignée politique que le Pdci-Rda a connue pour la première fois dans son histoire a produit le Rdr en 1994. Ils disent que quand Houphouet Boigny est décédé, c’est Alassane Ouattara qui s’est opposé à l’application de l’article 11 de la Constitution qui permettait à Bédié de le succéder. Ils disent qu’en 1999, c’est Alassane Ouattara qui a menacé qu’il frapperait le pouvoir de Bédié et il l’a frappé à travers Guéï Robert pour interrompre le mandat du Pdci-Rda. Pour cela, ils disent qu’ils ne sont pas prêts du tout à permettre à Alassane Ouattara de prendre le dessus sur le Pdci dans un combat historique qui les oppose. En tout cas, ils disent qu’ils n’ont pas la mémoire courte. Ils disent qu’Alassane Ouattara leur propose l’Assemblée nationale, qu’il leur propose la Primature, qu’il leur propose 13 portefeuilles ministériels. En ce moment, pourquoi il a été élu ? Ils savent qu’un Premier ministre peut être dégommé deux mois après sa nomination. En fait, les gens du Pdci sont très sereins et je les encourage. J’appelle tous les Ivoiriens, j’appelle toutes les Ivoiriennes à un sursaut national autour de Laurent Gbagbo, à une union sacrée autour de Laurent Gbagbo, le fils du pays, le fils du terroir, celui-là qui pleure avec eux quand ils pleurent, celui-là qui rit avec eux quand ils rient. C’est vrai qu’il peut avoir ses défauts parce que c’est un être humain. Mais, ensemble, mettons-nous autour de lui pour, au moins, donner la chance à la Côte d’Ivoire de rebondir. Nous avons le choix entre le vrai père de la rébellion et le père de la paix. C’est l’accord de Ouagadougou -dont il est l’inspirateur- qui a apporté la paix en Côte d’Ivoire et qui permet qu’on parle d’élection aujourd’hui. Qui peut accepter de s’humilier pour ramener la paix en Côte d’Ivoire ?

Vous accusez Alassane Ouattara d’être le père de la rébellion. En avez-vous les preuves ?

C.B.G : Je n’accuse pas Alassane Ouattara d’être le père de la rébellion. Alassane Ouattara lui-même a dit qu’il est le vrai père de la rébellion. Il a dit que les rebelles épousent la cause qu’il défend. Et eux-mêmes à travers Koné Zacharia (ex-commandant de zone de Vavoua-Séguela, Ndlr) ont dit qu’ils ont pris les armes pour qu’Alassane Ouattara soit candidat et président. Les faits sont là. Les propos sont là. Les films sont là.

Mais, les partisans de Ouattara disent que ces films dont vous parlez sont des montages...

C.B.G : Mais quand quelqu’un se donne 97% dans des régions, quand quelqu’un sur 9 970 inscrits à Madinani a 15 500 votants et puis il vient dire au siège du Pdci que Gbagbo a triché au nord, vous voulez que j’ai quoi à avoir avec les propos de ces gens-là ?

Justement quelles sont les dispositions que vous avez prises pour éviter les fraudes au second tour ?

C.B.G : Je voudrais saisir cette occasion pour interpeller la Cei. Je suis choqué que la Cei laisse passer une fraude aussi flagrante : qu’il y ait 9970 inscrits à Madinani, que le nombre de votants soit 15 500, que le suffrage exprimé soit près de 12 000 et que cela n’interpelle personne. Comment la Cei peut-elle valider un tel résultat ? A Korhogo, il y a près de 192 000 inscrits avec 194 000 votants et cela n’interpelle personne. On ne peut pas valider un tel résultat. Il faut que la Cei fasse attention. Ce n’est pas la Cei qu’on doit féliciter parce qu’elle a créé les conditions de l’affrontement en Côte d’Ivoire, mais ce sont les Ivoiriens qui ont eu un comportement citoyen. Il n’y a pas de dispositions à prendre. Je demande à la Cei d’être une structure véritablement impartiale. Ou elle est venue travailler pour un candidat ou elle travaille pour la Côte d’Ivoire. Deuxièmement, je demande aux Forces nouvelles d’être neutres dans cette élection comme elle l’avait promise. Pourquoi allez frapper des chefs de villages ? Pourquoi allez frapper des gens parce qu’ils ont voté pour Laurent Gbagbo ? Pourquoi forcer des gens à cocher la case d’Alassane Ouattara. Il n’y a pas eu d’élection au nord. C’est une mascarade d’élection qu’il y a eu au nord. Les gens ont été menacés au nord. Les gens ont voté sous la menace au nord. C’est ce qui a donné ces scores communistes au nord dont Alassane Ouattara devrait avoir honte. Parce que ces scores n’existent pas dans une démocratie.

Quel est votre message aux militants du Pdci qui n’ont pas voté, dans leur majorité, Laurent Gbagbo au premier tour ?

C.B.G : Chacun a son parti politique. Chacun a son leader. Les militants du Pdci ont voté leur leader. Ici, il y a le vote partisan et le vote ethnique, c’est-à-dire ceux qui ont voté le parti et ceux qui ont voté leur frère. A cause d’Alassane Ouattara qui a volé les voix d’Henri Konan Bédié au nord, malheureusement, leur président n’est plus dans la course. Je souhaite que leurs voix soient accordées à mon candidat, Laurent Gbagbo. Parce qu’on a dit que si Gbagbo venait au pouvoir, il allait chasser les baoulé des zones forestières. Il est venu au pouvoir, il ne l’a pas fait. Il a été dit que les « Dioulabougou » allaient disparaître de la région de l’ouest. Tout cela n’a pas été fait. Cela veut dire que tout ce qu’on raconte sur Laurent Gbagbo est loin de ce que Laurent Gbagbo lui-même est. C’est pourquoi, je leur demande de faire en sorte que ce monsieur soit élu. Ce monsieur dont les résultats démontrent clairement qu’il est le seul candidat qui a une assise nationale. Gbagbo n’a pas bénéficié de vote ethnique. Les Attié, qui l’ont voté, ne sont pas Bété. Les Abbey ne sont pas Bété. Les Adjoukrou ne sont pas Bété. Même à Abidjan, il a remporté le scrutin au Plateau. Il l’a remporté à Cocody. Cela veut dire qu’intellectuellement, il a été accepté. Son discours est passé.

Quels commentaires vous faites des voyages qu’Alassane Ouattara effectue, depuis un moment, dans la sous région ?

C.B.G : Au lieu qu’Alassane Ouattara remercie ceux qui ont voté pour lui, il va au Sénégal, au Burkina Faso, au Nigeria. Cela veut dire qu’il n’est pas là pour eux. Quand Gbagbo Laurent dit qu’il est un masque de l’étranger, il n’a pas menti. Mais, là n’est pas le débat. Ce qui est sûr, nous sommes au travail pour remporter ces élections et nous allons les remporter. Nous nous donnons les moyens intellectuels, les moyens politiques pour atteindre cet objectif. Aujourd’hui, les ralliements se font tous les jours. Je n’ai même plus une seule minute pour moi-même tellement les délégations Pdci, les délégations Udpci viennent nous voir pour dire : « nous nous sommes trompés au premier tour, c’est Gbagbo qu’il faut à la Cote d’Ivoire. Pour la Cote d’Ivoire, nous allons voter Gbagbo Laurent ». Regardez les enfants qui ont fui la guerre. Ils disent : « nous sommes nés dans la guerre, nous voulons grandir dans
la paix et c’est Laurent Gbagbo qu’il nous faut ».

Vous êtes sûr de votre victoire, or Alassane Ouattara dit que Laurent Gbagbo n’aura pas 25% au second tour. Quelle réaction ?

C.B.G : Au premier tour, il a dit que Gbagbo n’ira pas au second tour. Mais, la réalité est là. Non seulement, il est allé au second tour, mais il est arrivé en tête, malgré toutes les tricheries de Ouattara au nord, malgré le fait qu’on ait retardé les stickers à Yopougon, malgré le fait que dans des bureaux de vote à Cocody et à Yopougon -là où Gbagbo est majoritaire-, il n’y ait pas eu d’agents électoraux, rien que pour retarder le scrutin. Pendant que la Cei retardait les résultats, Alassane Ouattara a fait annoncer sur son site qu’il a eu 53%. Mais quand les résultats sont sortis, il a eu 32%. Donc, il faut faire attention à ce monsieur. Ce qu’Alassane Ouattara dit n’est pas ce qu’il pense. Il sait où il va. Et je souhaite que les Ivoiriens ne soient pas complices d’une telle situation.

Votre slogan « y a rien en face, c’est maïs » a choqué plus d’un. Pour le second tour, allez-vous le changer ?

C.B.G : Vous savez très bien que les slogans sont choisis selon les contextes. Nous avons fini le premier tour avec « C’est maïs, il y a rien en face ». Ce qui nous a permis d’être premiers des 14 candidats. Donc, ce slogan nous a rapporté quelque chose. Ce slogan a dû choquer certains militants du Pdci-Rda. Je leur présente mes excuses. Mais pendant la campagne, c’est comme un match de football, on titille toujours l’adversaire. Au cours de la campagne du second tour, nous allons changer de slogan. Parce qu’il faut maintenant un slogan rassembleur. Nous ne sommes plus dans le même contexte. Aujourd’hui, des militants du Pdci veulent se rallier à nous. Nous n’allons plus continuer avec un ancien slogan. Je suis au laboratoire. D’un moment à l’autre, vous saurez ce qui va se passer.

On se souvient qu’à la fin des opérations d’identification et de recensement électoral, vous avez annoncé avoir fait enrôler 4 millions de partisans de Laurent Gbagbo. En principe avec ce nombre, votre candidat devrait passer au premier tour. Que s’est-il passé ?

C.B.G : Je vous ai parlé de la tricherie. Ceux que nous avons enrôlés ne sont pas ceux qui ont été retenus sur la liste. Aujourd’hui, il y a de nombreux Ivoiriens qui, pour des problèmes de photographie et autres, sont restés sur le carreau. On ne leur a pas donné leur carte d’identité. Ce n’est pas ma faute. Entre ceux que Blé Goudé a fait enrôler et ceux à qui la Cei a décidé de donner les cartes, il y a une différence. Pour le président Gbagbo tel qu’il a tendu la main à Soro Guillaume et aux Forces nouvelles pour avoir la paix aujourd’hui -laquelle paix nous a conduits à cette élection-, tend la même main à tous les Ivoiriens qui n’ont pas voté pour lui au premier tour. J’appelle donc à une coalition nationale autour de la candidature de Laurent Gbagbo.

Interview réalisée par Sylla Arouna

jeudi 18 novembre 2010

Elections ivoiriennes - 2ème tour : Thérèse Houphouët-Boigny choisit Gbagbo

L’épouse du premier Président de Côte d’Ivoire apporte son soutien à Laurent Gbagbo :

«Parmi les deux personnalités qui sont en lice pour la magistrature suprême de notre pays, il est non seulement celui-là même qui incarne le mieux les valeurs d’Houphouët Boigny, mais c’est lui qui a décidé de poursuivre ses œuvres après sa mort. Gbagbo a continué de poursuivre le transfert de la capitale à Yamoussoukro. Alors que ceux qui demandent le soutien du Pdci aujourd’hui, le parti que Houphouët a créé, sont ceux-là même qui l’ont déstabilisé, fragilisé en 1994 après sa mort.» (Cf l'article du Nouveau Courrier n°131 du 17 Novembre 2010 par Gilles Naismon : ici.)




Félix Houphouët Boigny parle du RDA (Musique de Alpha Blondy)

mercredi 17 novembre 2010

Elections en Côte d'Ivoire - second tour : Mamadou Koulibaly aux militants du Pdci



Le professeur d'économie Mamadou Koulibaly, député de Koumassi, président de l’Assemblée nationale :

"Tout le monde s’accorde à dire que, lors du scrutin du 31 octobre dernier, les Ivoiriens ont fait preuve d’une maturité politique qui a surpris, au regard du spectacle que nous avons offert au monde depuis la disparition du Président Félix Houphouët-Boigny.

Les résultats proclamés par la Commission électorale indépendante et rendus définitifs par le Conseil constitutionnel, nous invitent à un second tour, pour le choix ultime du Président de la République, entre deux candidats, dont celui de La majorité présidentielle (Lmp), arrivé en tête du premier tour du scrutin. Le mérite de cet heureux résultat revient à chacun de ceux qui lui ont accordé leurs suffrages et qui doivent se mobiliser à nouveau, pour maintenir ce classement au second tour de l’élection annoncé pour le 28 novembre prochain.

Pour cette échéance, la mobilisation devra être plus forte, plus grande et surtout très vigilante et pacifique comme au premier tour, pour donner au candidat, toutes les chances de demeurer en tête.

Au-delà, il est nécessaire et urgent que tous les Ivoiriens, quels qu’ils soient et où qu’ils soient, épris de justice et de paix, désireux de poursuivre l’expérience démocratique amorcée en 2000 et freinée le 19 septembre 2002, se coalisent autour de la Côte d’Ivoire avec l’actuel Président de la République qui a dû faire front à la rébellion armée, violente et meurtrière ayant conduit à la défaillance de l’Etat. La guerre, avait-on dit, était la solution. A l’expérience, elle n’aura été qu’un problème supplémentaire inédit qui, hélas, demeure jusqu’à présent insoluble.

Mon appel va aux Ivoiriens de tous bords politiques et particulièrement à ceux du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci), qui ont accordé, lors du premier tour de l’élection présidentielle, leurs suffrages à Monsieur Henri Konan Bédié, ancien Président de la République, victime lui-même, en 1999, d’un coup d’Etat qu’il qualifiait, à juste titre, d’injuste au cours de la dernière campagne électorale. En effet, l’injustice est le mot le plus approprié face à un coup d’Etat. C’est ainsi que l’on peut qualifier la tentative de coup d’Etat du 19 septembre 2002 et la rébellion qui l’a suivie.

Le vote des militants et sympathisants du Pdci-Rda, au premier tour, était dans l’ordre normal des choses. Tout parti politique a vocation à conquérir le pouvoir d’Etat par la formation du suffrage autour du candidat qu’il investit. Par ce choix, ils participaient d’une volonté de ramener la Côte d’Ivoire dans le giron des Etats civilisés dont le premier coup d’Etat de 1999 et la première rébellion de 2002, l’ont extraite. Il faut s’en souvenir, savoir pardonner mais surtout ne pas rester prisonnier de la tyrannie de cet état de chaos.

Cette volonté de retour à l’ordre rapproche naturellement ces militants du Pdci-Rda de Monsieur Laurent Gbagbo, qui, dans son action politique, certes perturbée a inscrit les valeurs de la Démocratie, de la République, de la Nation comme seuls gages du développement de la Côte d’Ivoire et la victoire des urnes sur les armes comme un principe inaliénable. Ne l’oublions pas au moment du choix.

La présente élection est aussi le fruit de son combat aux côtés du peuple de Côte d’Ivoire, contre les pseudo-solutions du moment dont les affidés n’ont pas hésité à “mélanger”, comme ils disent, le développement du pays, à bloquer l’élan du programme de la Refondation et à briser le rêve des Ivoiriens laissés en marge des Sociétés ouvertes dans une pauvreté croissante et un taux de chômage plus qu’inquiétant. Ils ont semé le désespoir collectif.

C’est au choix de cet homme que j’appelle tous les Ivoiriens.

Il s’engage à ranimer notre espoir en assurant les mêmes chances à tous devant l’emploi.
Il s’engage à redynamiser l’économie sur le socle de la bonne gouvernance, en rupture totale avec les pratiques condamnables de ces longues années de crise.

La démocratie et la paix instaurées, le développement de la Côte d’Ivoire sera l’affaire de toutes les compétences ivoiriennes, sans distinction d’aucune sorte, ni politique, ni tribale, ni de genre, ni d’âge. La moralisation de la vie publique, la restauration de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire, la reconquête de notre souveraineté seront les premières mesures de confirmation de notre indépendance.

Chers compatriotes, et amis démocrates du Pdci-Rda, tout Ivoirien peut gouverner la Côte d’Ivoire mais tout Ivoirien ne la gouvernera pas dans l’intérêt général des populations ivoiriennes. La Côte d’Ivoire est épuisée des conflits inutiles, elle veut sa liberté pour vivre en paix dans une Afrique de l’Ouest intégrée, sans chantage, ni violence et sans illusion.

Ainsi, le choix n’est pas entre deux candidats mais entre deux visions du pouvoir: celle qui s’impose par les armes et l’injustice dans l’intérêt de forces particulières inavouables et celle qui s’impose par les urnes et la justice dans l’intérêt général des Ivoiriens. Le choix de Laurent Gbagbo correspond à la seconde et suppose, qu’au-delà de nos positions partisanes, de nos justes insatisfactions, de nos instincts ethniques, de nos convictions religieuses, nous privilégions la Côte d’Ivoire d’abord.

C’est pourquoi, le 28 novembre 2010, tous les Ivoiriens de bonne volonté doivent se donner la main pour plébisciter l’état de droit à travers l’élection du candidat Laurent Gbagbo à la présidence de la République de Côte d’Ivoire.

J’invite tous les Ivoiriens à nous rejoindre, pour tracer ensemble les sillons d’une nouvelle alliance entre les peuples de Côte d’Ivoire vers la liberté, l’indépendance et la construction de notre Nation avec les moyens institutionnels de la démocratie libérale, seule voie pouvant assurer le bien-être des populations de ce pays par un recul durable de la pauvreté.

Ensemble, au-delà de nos destinées individuelles et partisanes, privilégions la Côte d’Ivoire d’abord !

Respectueusement votre !

Le temps, mercredi 17 novembre 2010.




Le professeur Mamadou Koulibaly a ensuite échangé avec les diverses associations de base du Pdci présentes au Palais de la Culture de Treichville :

"Il est nécessaire et urgent que tous les Ivoiriens “quels qu’ils soient et où qu’ils soient, épris de paix, désireux de poursuivre l’expérience démocratique amorcée en 2000 et freinée le 19 septembre 2002, se coalisent autour de la Côte d’Ivoire avec l’actuel président de la République pour faire front comme dans le passé à la rébellion armée, violente et meurtrière ayant conduit à la défaillance de l’Etat”. [...]

"Laurent Gbagbo est le candidat qui a le meilleur profil pour conduire la Côte d’Ivoire vers son développement. Il a souffert dans la résistance avec les Ivoiriens pour semer des grains de riz qui devraient servir pour l’avenir. [...] À l’heure de la récolte, il serait juste de permettre à celui qui a semé de récolter les fruits de son travail. [...] C’est faire preuve de justice, mais c’est aussi un principe d’efficacité parce que celui avec qui l’on a souffert pour semer des grains de riz connaît, mieux que quiconque, les problèmes des uns et des autres pour ne pas procéder à une meilleure redistribution des revenus. [...]

"Les hommes passent, mais le pays reste. C’est pourquoi [...] : “Au-delà de nos convoitises partisanes, privilégions la Côte d’Ivoire d’abord afin de plébisciter l’Etat de droit”. Un Etat de droit qui [...] porte des valeurs de la démocratie, de la république et de la nation.

"Le député de Koumassi a fortement conseillé aux militants du PDCI et aux Ivoiriens de ne pas oublier, le moment venu, la bataille qu’ils ont menée dont la fin est “la victoire des urnes sur les armes”.

"L’on peut réduire la pauvreté, le chômage et tous les autres maux que l’assistance a égrenés. Il faut d’abord [...] une bonne sortie de crise par des élections justes et sans bagarres afin que le pouvoir qui va s’installer achève les discussions avec les bailleurs de fonds pour que la Côte d’Ivoire bénéficie de la réduction du service de sa dette extérieure estimée à un peu plus de 6000 milliards de FCFA. L’argent récupéré chaque année pourra être investi dans l’éducation, la santé avec des recrutements d’enseignants (primaire et secondaire), de sages-femmes, d’infirmiers, de médecins. Mais l’investissement se fera aussi dans la construction d’écoles, de bâtiments sur les campus, dans l’amélioration des plateaux techniques des CHU et dans bien d’autres secteurs de l’activité économique pour donner de l’emploi aux jeunes. [...] Les prix des denrées de première nécessité chuteront forcément sur le marché, puisque l’Etat était obligé jusque-là de taxer certains produits afin de rembourser la dette contractée depuis les années 60 pour construire nos ponts, routes et grandes écoles."

"Mme Agnès Koffi Adjoua, porte-parole de ses sœurs et frères militants du Pdci de la communauté baoulé a demandé de donner leur suffrage à Gbagbo et d’être des directeurs de campagne auprès de leurs parents et amis respectifs. Elle a surtout demandé qu’ils n’oublient pas que leurs parents ont trop souffert de l’invasion des rebelles d’Alassane Ouattara. Et que voter celui-ci aujourd’hui serait suicidaire pour leur région qui a tout perdu du fait de la guerre."

Article complet (de Abdoulaye Villard Sanogo, Alain Serge Zogbo) dans Notre voie No. 3733 du Mercredi 17 Novembre 2010.

mardi 16 novembre 2010

Trois cas baudelairiens...

(Plus un quatrième)

1)


Les métamorphoses du vampire
La femme cependant, de sa bouche de fraise,
En se tordant ainsi qu'un serpent sur la braise,
Et pétrissant ses seins sur le fer de son busc,
Laissait couler ces mots tout imprégnés de musc:
- "Moi, j'ai la lèvre humide, et je sais la science
De perdre au fond d'un lit l'antique conscience.
Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants,
Et fais rire les vieux du rire des enfants.
Je remplace, pour qui me voit nue et sans voiles,
La lune, le soleil, le ciel et les étoiles!
Je suis, mon cher savant, si docte aux voluptés,
Lorsque j'étouffe un homme en mes bras redoutés,
Ou lorsque j'abandonne aux morsures mon buste,
Timide et libertine, et fragile et robuste,
Que sur ces matelas qui se pâment d'émoi,
Les anges impuissants se damneraient pour moi!"
Quand elle eut de mes os sucé toute la moelle,
Et que languissamment je me tournai vers elle
Pour lui rendre un baiser d'amour, je ne vis plus
Qu'une outre aux flancs gluants, toute pleine de pus!
Je fermai les deux yeux, dans ma froide épouvante,
Et quand je les rouvris à la clarté vivante,
A mes côtés, au lieu du mannequin puissant
Qui semblait avoir fait provision de sang,
Tremblaient confusément des débris de squelette,
Qui d'eux-mêmes rendaient le cri d'une girouette
Ou d'une enseigne, au bout d'une tringle de fer,
Que balance le vent pendant les nuits d'hiver.

Charles Baudelaire

2)


3)


lundi 15 novembre 2010

Chrétienne, condamnée à mort au Pakistan pour blasphème

Comme en Irak, les chrétiens du Pakistan souffrent de persécution. Une femme y a même été condamnée à mort lundi pour avoir blasphémé le prophète Mahomet, rapportent mercredi les quotidiens britanniques Telegraph et Christian Today.

Les ravages causés par les récentes inondations on eu des effets immenses sur les chrétiens. 1500 familles chrétiennes sont touchées et restent très vulnérables. Beaucoup ont perdu leur maison et tout ce qu'ils avaient. En même temps, les chrétiens courent un danger encore plus grand : les islamistes monnayent l'aide humanitaire en tentant de les forcer à se convertir à l'islam. Le risque est encore plus grand pour les anciens musulmans devenus chrétiens.



Asia Bibi, 37 ans, est chrétienne et mère de plusieurs enfants. Un jour de juin 2009, alors qu'elle travaille aux champs en compagnie d'autres femmes, un incident survient. Selon les correspondants du Telegraph au Pakistan, on demande à Asia d'aller chercher de l'eau mais quand celle-ci s'exécute, les autres femmes refusent de toucher au liquide qu'elles estiment « impur ». S'ensuit une conversation animée autour de la religion. Alors qu'Asia est pressée par ses collègues « de renoncer à sa foi chrétienne et d'embrasser l'Islam », rapporte Christian Today, elle répond « avec ses mots à elle », précise le Pakistan Christian Post.

Asia aurait alors demandé : « Qu'a fait Mahomet pour les hommes quand Jésus s'est sacrifié pour les péchés des hommes ? », selon Christian Today. Les versions des différents journaux rapportant l'affaire divergent quelque peu sur la suite des évènements. Quoi qu'il en soit, il semble qu'après cette discussion, Asia a été prise à partie par une foule agressive. Elle se réfugié alors auprès de la police qui, sous la pression de la foule, se retourne contre elle en l'arrêtant pour blasphème.

Depuis plus d'un an, Asia a donc été maintenue en détention. Jusqu'à ce jugement du tribunal de Sheikhupura, une ville de la province du Punjab dans le nord du pays, la condamnant lundi à la peine capitale. Au Pakistan, les lois antiblasphème qui existent servent surtout, d'après les associations chrétiennes, à persécuter leur communauté estimée à environ trois millions de personnes.

Aussitôt, plusieurs associations chrétiennes sont montées au créneau. Le Pakistan Christian Congress a demandé au président d'intervenir et appelle à l'abrogation des lois antiblasphème. « Le Pakistan a franchi une limite », a réagi Andy Dipper, directeur exécutif de Release International, qui appelle à la libération d'Asia. D'après le Pakistan Christian, c'est en effet la première fois qu'une femme est condamnée à une telle peine pour ces faits.

Paie-t-elle entre autres, elle et tant d'autres de sa foi, les conséquences de cela ? - ce à quoi elle ne peut rien...

samedi 13 novembre 2010

Intermède - pause café

1) Les principales régions productrices de café sont l'Amérique du Sud (avec notamment le Brésil et la Colombie), le Viêt Nam, le Kenya, la Côte d'Ivoire...



2)

3)

4)

5) "Le nirvâna, oui, mais pas sans café" (Cioran, Aveux et anathèmes)...

vendredi 12 novembre 2010

RHDP : Regardez Houphouët Décrochant son Portrait !

Argument de campagne de Ouattara : il va rendre justice à Bédié et le bombarder comme un genre de président honorifique au-dessus de lui pour le consoler de n’être pas au second tour !

On lui aurait volé des voix. Voilà un argument qui risque de troubler les militants PDCI si l’envie leur prend de comparer certains chiffres (probablement parmi les quelques irrégularités mineures relevées par les observateurs internationaux du vote et de la CEI, composée à 75 % de partisans du RHDP).

Au nord, par exemple, Bédié fait en plusieurs lieux des scores étonnamment bas, qui pourraient en eux-mêmes compromettre aux yeux de la population de la région son hypothétique futur statut de président honoraire...



R. Goscinny - A. Uderzo, Astérix en Corse, p. 25


Pour prendre trois exemples :

— à Odienne où on a 57 113 inscrits soit 108 % de la population(*), Bédié obtient 1 015 voix, soit 1,78 % ;

— à Ferkessedougou où on a 92 926 inscrits soit 149,43 % de la population(*), Bédié obtient 1 731 voix, soit 1, 86 % ;

— à Mankono, où on a 57 816 inscrits, soit 243 % de la population(*), Bédié obtient 1 583 voix, soit 2, 74 %.

(* Selon les chiffres de Wikipédia.)




Manifestement le taux remarquable d’inscriptions au nord-ouest n’a pas profité à Bédié et au PDCI...



Carte des résultats / blog de Charlie


De là à ce qu’Houphouët en ait été bouleversé...



Le portrait d'Houphouët se décroche pendant l'investiture de Ouattara

jeudi 11 novembre 2010

Gbagbo face à la presse

Conférence de presse du candidat de la majorité présidentielle : Echanges entre le Président-Candidat et les Journalistes

Partis Politiques, jeudi 11 novembre 2010 :


Maxime Zobo (RTI) :

Monsieur le Président, sur quoi repose votre confiance pour ce second tour ? Et, quelles orientations donnerez-vous à vos partisans en vue de gagner dans le bastion de votre adversaire ? Enfin, pourquoi avez-vous manifesté une grosse colère contre le Président sénégalais, Abdoulaye Wade ?

Je ne comprends pas bien le sens de votre question. Vous me demandez sur quoi je me fonde pour avoir confiance en moi ? Mais, c’est moi Gbagbo Laurent ! J’ai toujours eu confiance en moi. Donc, ce n’est pas nouveau. Moi, je n’ai pas de bastion à prendre. On va au 2e tour. Même si j’ai deux voix de plus que mon adversaire, je gagne. Pourquoi vais-je aller prendre un bastion ? C’est pourquoi, je vous dis que je vais gagner. C’est lui (Ndlr : Alassane Ouattara) qui a des voix à rattraper sur moi. Moi, je suis devant. C’est lui qui court pour me rattraper. Sinon, moi, je suis devant. C’est cela l’élection présidentielle, à deux tours. Je n’ai pas de grande colère contre Abdoulaye Wade. J’ai simplement dit que la Côte d’Ivoire est la Côte d’Ivoire, et, il faut qu’on nous respecte. Et que n’importe qui ne peut pas venir jouer dans notre maison.


Frédéric Koffi (AFP) :

M. le Président, l’un des enjeux de cette élection est la sécurisation des électeurs. surtout au Nord. Car, il nous revient que des électeurs ont été l’objet d’intimidation etc. Avez-vous un mot à dire sur ce point ?

La sécurisation n’est pas l’enjeu du scrutin. L’enjeu, c’est d’élire un nouveau Président de la République et de mettre ainsi fin à la crise que certains ont créée. La sécurisation des électeurs n’est même pas un enjeu des élections. Mais, il y a le fait de savoir si les électeurs ont été libres ou pas. A ce niveau, nous avons fait le point avec les Responsables. Nous avons tiré le bilan. Mais, je ne vais pas vous répondre, aujourd’hui (Ndlr : hier). Cependant, des décisions ont déjà été prises et ces décisions-là vont faire en sorte que sur l’ensemble du territoire, le vote suivant se passe avec plus de sécurité que le scrutin passé. C’est cela.


Pascal Soro (Fraternité Matin) :

M. le Président, quelle est votre attitude face à l’appel du RHDP (Ndlr : Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix) pour voter pour le candidat du RDR au second tour ?

Je n’ai pas de lecture à faire. Vous savez, le RHDP a été créé, il y a de cela cinq ans. Donc, l’alliance a été scellée, il y a au moins cinq ans. Et, depuis cinq ans, je vous dis que je vais gagner. Donc, ce n’est pas nouveau que le RHDP lance un appel. Puisqu’ayant signé un accord, c’est normal qu’ils disent cela. Mais, je vous dis que je vais gagner, malgré cet appel.


Norbert Navarro (RFI) :

M. le Président, quel message allez-vous adresser aux 25% d’électeurs qui ont voté Bédié avant le 2e tour ?

Ce que je vais leur dire est simple. Je dis qu’il y avait comme Candidats, Gbagbo, Bédié et Ouattara. Le 1er tour a donné Gbagbo, Ouattara et Bédié. Bédié nous a fait adopter Ouattara. Regardez bien, si vous êtes électeurs de Bédié. Le coup d’Etat de 1999 qui a chassé Bédié, regardez qui est en dessous ? Donc, c’est un message qui est tout simple. Et donc, si vous aimez Bédié, vous devez voter pour celui qui l’a fait revenir d’exil. Plutôt que pour celui qui l’a envoyé en exil.


Fabrice Tété (Le Temps) :

M. le Président, lors de la présentation de votre équipe de campagne, vous aviez dit à vos partisans d’investir le terrain parce qu’une élection n’est jamais gagnée d’avance. Au regard des résultats du 1er tour, avez-vous le sentiment qu’ils ont travaillé comme vous l’auriez souhaité ? Et, vous n’aviez jamais dit également que vous gagnerez au 1er tour, mais, que vous allez gagner. Mais, M. le Président, ne pensez-vous pas que vos partisans étaient trop confiants en disant que vous gagneriez au 1er tour ?

Ecoutez! Vous-même, vous avez contribué à les rendre trop confiants. Parce que je lisais vos articles. Moi, je sais ce que la démocratie veut dire ; je sais ce que les élections veulent dire. J’ai suivi la campagne de nombreux candidats, dans plusieurs pays. Je sais ce que cela signifie. Et, je ne parle pas au hasard. J’ai toujours dit à mes partisans que je vais gagner les élections de 2010 ; et c’est ce que je répète aujourd’hui, encore. Je n’ai jamais dit que je gagnerai au 1er tour. Il y a Mme Bro Grébé qui est témoin. Je lui demandé d’écrire une adresse aux femmes. Elle y avait mis, que nous allons gagner au 1er tour. J’ai biffé cette partie et j’ai écrit que nous allions gagner. Donc, ne mettez pas dans ma bouche ce qui n’en sort pas.

Maintenant, vous me demandez si mes partisans ont bien investi le terrain. Mais, je vous dis que nous sommes quand même premiers. Il ne faut pas faire comme si nous avons perdu. Nous sommes premiers, et celui qui est premier ne peut pas dire que ses partisans n’ont pas travaillé ! Je peux leur dire de travailler plus, mais, je ne peux pas dire qu’ils n’ont rien fait sur le terrain. Nous sommes premiers, on a près de 40% et vous faites comme si on a perdu. Mais, si les candidats qui ont 32% sont contents, à plus forte raison nous, qui sommes en tête. Cette élection fait entrer la Côte d’Ivoire, pour la première fois, dans une élection véritablement démocratique.

Pour la première fois, on n’a pas des scores soviétiques. On a de vrais scores. Malgré les scores fleuves du Nord, nous sommes quand même premiers. Donc, si nous prenons des mesures de sécurisation, vous voyez bien ce qu’on va réaliser comme scores, là-bas ! J’entends les gens dire qu’il faut qu’on recompte les voix. Je leur demande de dire cela au Conseil Constitutionnel qui est seul habilité, en la matière. Sinon, nous, que nous finissions premiers avec 42% ou 38%, nous sommes premiers. Et, nous irons au 2e tour. Donc, ce n’est pas la peine que nous soyons frileux.

Sinon, mon Conseiller juridique avait déjà écrit des réclamations en examinant les listes de certains bureaux de vote.

Je lui ai demandé : « qu’est-ce qu’on va chercher » ? Est-ce qu’il est sûr que si on annule ces bureaux de vote-là, nous allons avoir plus de 50% ? Elle m’a dit non. Je lui alors dit que ce n’est donc pas la peine. Puisque nous sommes premiers. Nous, nous attendions celui qui allait nous accompagner au 2e tour. Il faut comprendre que nous rentrons dans l’ère des élections très disputées. Et que ce sera maintenant très rare d’aller à des élections en espérant avoir des scores soviétiques. Nous allons avoir des scores normaux et nous allons gagner avec un score normal. Un Chef d’Etat, au moment où on sortait du parti unique, me disait : « petit-frère, je me suis donné 51% parce que j’ai compris que quand tu as 51%, c’est la même chose que si tu as 99%. Tu as les mêmes pouvoirs, quelque soit le pourcentage ».


Eric Agnéro (CNN):

M. le Président, si jamais, le vote au Nord n’était pas l’objet de manipulations, est-ce que vous considéreriez cette position des partisans de votre adversaire comme un point de départ pour un travail de resoudage de la Nation pour les cinq ans à venir ? N’est-ce pas, en d’autres termes, un défi à relever dans la consolidation de la paix ?

Le Président de la République élu, est élu pour tout le monde, pour toute la Côte d’Ivoire. Il est élu pour protéger de façon égale, tous les Ivoiriens, et leur procurer, la paix, la sécurité, le bien-être, l’emploi, l’eau, l’électricité, l’instruction, la santé etc.

On parle du Nord comme si c’était une zone à part. Parce que quand on fait une carte avec un dessin, naturellement avec les couleurs, elles sont globalisantes. Mais, il y a beaucoup de villages et de Sous-Préfectures au Nord, où j’ai gagné. Et largement. Notamment à Niéllé, chez mon ami Ouattara Gnonzié, à Sempiengo, dans plusieurs coins, nous avons gagné. D’abord, ce qui nous réjouit, c’est que nous sommes les seuls à avoir un électorat qui s’étend sur l’ensemble du territoire ivoirien. C’est le début de la construction nationale, ce vote-là. En outre, ceux qui n’ont pas voté pour nous, ce n’est pas seulement les gens du Nord. Il y a même beaucoup d’endroits où les gens n’ont pas voté pour nous. Nous devons aller leur porter le message suivant : « Gbagbo vous tend les mains, Gbagbo veut être le Président de tous les Ivoiriens. Gbagbo veut faire pour vous, des écoles, des dispensaires, des hôpitaux. Gbagbo veut faire l’Assurance-Maladie Universelle pour vos parents, vos femmes et enfants. Gbagbo veut électrifier vos villages. Gbagbo vous attend à la porte du bonheur. Venez avec Gbagbo ». C’est ce message que nous devons leur lancer.

Si, demain, nous faisons voter la loi sur l’école gratuite et obligatoire, croyez- vous que ce sera pour une catégorie d’Ivoiriens seulement contre une autre catégorie ? Tous les enfants vont aller à l’école. Et, d’ailleurs, pour cela, nous devons recruter 8000 Enseignants pour le primaire et 4000 pour le secondaire. Rien qu’avec les écoles qui existent actuellement. Il nous faut donc multiplier par trois les écoles, parce qu’il y a de nombreux enfants qui ne sont pas à l’école.

Et, il faut les mettre à l’école. Mais, il faut dire à ceux qui n’ont pas voté pour nous que ces mesures-là, les concernent pleinement, aussi. Donc, ce n’est pas une question du Nord.

Si quelqu’un n’a pas voté pour moi, à Yopougon, à Ouragahio, on ne le voit pas parce qu’il est perdu dans le grand bleu. Mais, toujours est-il qu’il n’a pas voté pour moi. A lui aussi, il faut qu’on parle comme aux gens du Nord, de l’Est, de l’Ouest, du Centre. Il faut parler à tous. C’est pourquoi, j’ai lancé un appel à mes partisans, à mes amis, à ceux qui animent ma campagne, pour dire : « allez partout, tendez la main à tout le monde. Montrez surtout la main tendue du Président de la République ».


Reuters :

Pendant la campagne, vous aviez dit qu’il y a des candidats de l’étranger, qui veulent vendre la Côte d’Ivoire aux étrangers. Est-ce à dire qu’ils ne sont pas Ivoiriens ?

Non, c’est faux. J’ai dit que ce sont des candidats de l’étranger. Je n’ai pas dit qu’ils ne sont pas de vrais ivoiriens. Ce n’est pas la même chose. Vous n’êtes pas dans les têtes des gens ; laissez les têtes des gens tranquilles. Et, expliquez ce que vous vous avez compris sur ce que j’ai dit. Et puis, à peine les résultats du 1er tour proclamés que Ouattara, à qui on envoie un avion, s’en va à Dakar, au Sénégal. C’est ce que j’appelle un candidat de l’étranger. Et, aujourd’hui (Ndlr : hier) où je vous parle, il est à Ouagadougou. C’est ce que j’appelle un candidat de l’étranger. Les gens qui écoutent ce qu’on dit à l’étranger pour faire la politique en Côte d’Ivoire, c’est ceux-là que j’appelle candidats de l’étranger. Donc, il ne faut pas dire n’importe quoi. C’est moi qui ai signé les papiers pour que Ouattara soit candidat. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit! Mais, je ne suis pas le seul homme politique à utiliser cette expression. Jacques Chirac, dans son appel de Cochin, quand il était à l’hôpital avait dit, en parlant de Giscard d’Estaing, que c’est un candidat de l’étranger. Mais, Giscard d’Estaing, c’est un français comme lui. Quand on dit candidat de l’étranger, c’est celui qui travaille pour les intérêts étrangers. Cela ne veut pas dire que vous êtes étranger.


Ouraga De Ouragahio (Télé canada-Afrique info) :

M. le Président, les Télévisions et Radios dans les zones CNO (Centre, Nord, Ouest) continuent d’émettre illégalement. Quel est votre commentaire sur cet aspect ? Il y a des mamans qui demandent à être impliquées davantage dans la campagne, au 2e tour. Que pouvez-vous leur dire pour les rassurer ?


Abdoulaye Villard Sanogo (Notre Voie) :

M. le Président, peut-on avoir aujourd’hui, le coût de la guerre et le nombre de morts qu’elle a causé ?

Sur l’implication de nos mamans dans la campagne, je crois que c’est surtout au Directeur National de Campagne qu’il faut s’adresser. C’est lui qui organise la campagne. Mais, si vous êtes pour la réélection du Président Laurent Gbagbo, là où vous êtes, vous vous organisez pour battre campagne pour lui. C’est tout. Pourquoi voulez-vous que le candidat vienne vous impliquer ? Qu’est ce que cela veut dire ? J’ai dit à tous ceux qui veulent s’impliquer dans la campagne, de la faire là où ils ou elles sont et de se battre.

Il y a des gens que je ne connais pas du tout et que j’ai découvert sur le terrain. Les jeunes filles et garçons de Bouna qui m’ont donné 700.000 FCFA, je ne les connaissais pas du tout. Je ne suis même pas sûr de les reconnaitre actuellement.

Mais, je les inviterai après les élections. Ils se sont impliqués eux-mêmes. En soutenant un candidat. Il faut que nous tous, nous fassions des efforts pour soutenir notre candidat, sans attendre qu’on nous implique. Le candidat, lui, connaît quelques personnes seulement. Nous sommes 20 millions en Côte d’Ivoire et je ne connais pas tout le monde. Nous avons eu plus d’un million sept cents mille voix, mais, je ne connais pas 1,7 millions de personnes. Il faut que chacun s’implique, et cela est important.

Concernant les médias dans les zones CNO, je voudrais ne pas m’étendre sur cela. Mais, allez posez la question au Ministre de la Communication. Nous avons discuté ce matin, en Conseil des Ministres. Il a reçu, à un moment donné, l’ordre de les fermer. Mais, il dit qu’ils ont été de bons relais pour la RTI (Ndlr : Radiodiffusion Télévision Ivoirienne) et que sans eux, les émissions de la RTI n’auraient pas été reçues. Moi, tant que cela ne modifie pas profondément les résultats, ça ne me gène pas. La guerre nous a fait perdre plus de 3000 milliards de FCFA. Mais, il faudra faire un jour, le vrai point pour indiquer les secteurs qui ont été touchés par la guerre. Concernant le nombre de morts, je ne sais pas. Mais, il y a dans la salle, Philippe Duval, qui a écrit sur la guerre, et qui a dit au moment où il écrivait, que la guerre a fait environ 5000 morts.

mercredi 10 novembre 2010

Avocat des familles de soldats tués à Bouaké : "Soit Mme Alliot-Marie est incompétente, soit elle ment."

« ... "Or je ne crois pas à l'incompétence de la ministre", poursuit Me Balan, convaincu que ce bombardement a servi au gouvernement français pour tenter de "se débarrasser de Laurent Gbagbo" » - selon une dépêche de l'AFP publiée le vendredi 5 novembre 2010.

Avocat de familles de soldats tués en 2004 au camp militaire français de Bouaké, Me Balan, « [...] a accusé [...] la ministre de la Défense de l'époque, Michèle Alliot-Marie, de "mentir" [...]. »

« "Nous savons que Mme Alliot-Marie ment de façon absolument délibérée en disant qu'on n'avait pas pu identifier les pilotes et qu'il n'y avait pas de cadre juridique pour entendre les mercenaires slaves arrêtés peu après", a déclaré à l'AFP Me Jean Balan [...]. »



Neuf militaires français et un civil américain sont morts, 38 soldats ont été blessés. C'est tout ce qui est sûr. Pour le reste - que s'est-il réellement passé ce jour-là ? - on n'en sait toujours rien de plus. On s'en tient donc à une des versions françaises officielles, celle proclamée par le Président Chirac, version 2004, par le Gal Poncet, version 2005, ou à une synthèse ultérieure des deux précédentes...

La dépêche de l'AFP poursuit :

« [...] Six ans après, l'enquête est toujours en cours au Tribunal aux armées de Paris (Tap), qui doit désigner un troisième juge d'instruction après le départ des deux précédentes magistrates chargées du dossier.
Entendue le 7 mai dans cette affaire, l'actuelle garde des Sceaux avait assuré que l'audition de huit mercenaires biélorusses, arrêtés à la frontière togolaise quelques jours après, avait été impossible pour des motifs juridiques, ce que conteste Me Balan. Selon l'avocat, deux d'entre eux étaient les pilotes des avions.
Les autorités togolaises avaient pourtant "mis à la disposition" des services français ces mercenaires biélorusses, selon l'ancien ministre togolais de l'Intérieur François Esso Boko.
"Soit Mme Alliot-Marie est incompétente, soit elle ment. Or je ne crois pas à l'incompétence de la ministre", poursuit Me Balan, convaincu que ce [présumé] bombardement a servi au gouvernement français pour tenter de "se débarrasser de Laurent Gbagbo", candidat à sa réélection à la tête de l'Etat ivoirien.
Immédiatement après le [présumé] bombardement de Bouaké, l'armée française avait détruit l'aviation ivoirienne [...]. »

mardi 9 novembre 2010

Second tour en Côte d'Ivoire - trans-ethnique

On a tous ses attachements, ses ancrages,... on est tous nés quelque part ! Et la fidélité à ses ancrages et attachements, et donc notamment ethniques, est constitutif de la dignité... et permet de comprendre qu’autrui a aussi ses propres ancrages et que sa dignité passe aussi par sa fidélité à son héritage. Comprendre cela est déjà ouverture à un sens politique.

Le propre de l’homme politique — et je ne vise pas la profession d’homme politique ! —, je parle de l’homme ou de la femme cultivant une conscience citoyenne, conscience de la cité, bref politique ; le propre de l’homme ou de la femme politique est ainsi de mettre à distance ses appartenances particulières, de s’en faire l’observateur lointain, en d’autres termes de prendre de la hauteur par rapport à ses propres attachements.

 
R. Goscinny - A. Uderzo, Astérix en Corse, p. 25


C’est un point de départ incontournable pour se considérer comme appartenant à une cité trans-ethnique. C’est le fondement d’une cité en mouvement, consciente d’une communauté d’intérêts qui déborde largement la propre appartenance ethnique de chacun. Et cela correspond tout simplement à la réalité en marche : on a tous un père et une mère, ce qui induit déjà, pour peu qu’ils n’aient pas la même provenance — ce qui est de plus en plus fréquent —, une double appartenance. À cette complexité de naissance, s’ajoutent les liens tissés par mariage. À notre époque, cette complexité s’est décuplée parfois depuis plusieurs générations.

Telle est la réalité actuelle que laissent dans l’ombre nombre de connaisseurs et autres anthropologues, toujours tentés de glisser à une anthropologie du passé en revenant en permanence à des explications ethniques de tout comportement, y compris citoyen et électif. Si le dépassement de ces comportements ne doit pas être abstrait et nier les réalités des villages, si ce dépassement est toujours à l’ordre du jour, il n’en est pas moins en marche. J’en veux pour exemple le pourcentage d’un district me concernant plus particulièrement où le candidat de LMP qui n’a aucun rapport ethnique, ni lui ni sa femme ni quiconque de significatif, avec la population, serait passé au premier tour, sans que son score ne soit astronomique ou soviétique. C’est ce qu’on appelle une ouverture citoyenne.



R. Goscinny - A. Uderzo, Astérix en Corse, p. 26


Revenir en permanence aux classifications anthropologiques qui s’en tiennent aux ancrages locaux serait sans grande importance si cela ne rencontrait pas d’écho, relayé par des hommes politiques (au sens professionnel cette fois) qui mettent sous le boisseau ne serait-ce que le fait que toute réalité ethnique est mouvante.

Voilà une politique d’anthropologues qui tente de glisser un coin dans le ciment de la conscience citoyenne qui forge des nations fortes, à même de résister aux pressions des débridages financiers internationaux qui voient d’un très bon œil les explications anthropologiques et ethnicistes de tout poil : ça cadre parfaitement avec la politique du « diviser pour régner ».

Or c’est cela que brise la conscience trans-ethnique qui s’est fait jour. Il serait redoutable, dommageable pour la paix et pour le développement de tout le continent de l’étouffer.

C’est pourquoi, dans la mesure où la prise de distance par rapport aux réalités des appartenances est inéluctable, l’élection se gagnera forcément à un plan trans-ethnique. D’où la nécessité d’en venir rapidement à une campagne politique...

Ci-dessous deux interviews :
- Pr Ouraga Obou (juriste et politologue) — Entretien avec Kesy B. Jacob pour Nord-Sud : “Ce qui fera la différence au second tour”
- Laurent Gbagbo — Entretien avec Rosa Moussaoui pour L’Humanité : "Avant tout, il faut instaurer la démocratie"

Pr Ouraga Obou (juriste et politologue) : “Ce qui fera la différence au second tour”

Nord-Sud | lundi 8 novembre 2010
http://news.abidjan.net/h/379588.html?n=379588

L’éminent professeur, ancien doyen de la Faculté de Droit, analyse ici les ressorts des résultats du premier tour de la présidentielle. Ouraga Obou ne manque pas de donner quelques indications sur le second tour.



Pourquoi, selon vous, Laurent Gbagbo se retrouve-t-il face à Alassane Ouattara et non à Henri Konan Bédié pour le second tour de la présidentielle ?

Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer. D’abord, sur la forme, Ouattara a apporté du nouveau par rapport aux autres candidats. Deuxièmement, l’alliance de raison avec Bédié dans le Rhdp (ndlr, Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et pour la paix) a joué en sa faveur. Troisième facteur, le vote ethnique fait la différence.

Qu’est-ce qu’il a apporté de nouveau ?

Sur le plan de la communication, il a mieux communiqué. Les affiches étaient meilleures et plus expressives. Ensuite, toujours sur la forme, il a fait une bonne prestation à la télévision. Il était mieux préparé sur la forme même si le fond est très contestable. Il a séduit par le populisme.
Pour le deuxième facteur, on constate que le refus du candidat du Pdci (ndlr, Parti démocratique de Côte d’Ivoire) de participer au débat télévisé lui a été profitable. Car, le candidat du Pdci a donné l’impression qu’il n’avait rien à proposer. Alors qu’il a été victime du coup d’Etat de 1999. Il aurait pu exploiter suffisamment ce phénomène en se posant en victime. Il est resté dix ans à l’écart de la vie politique. Ce qui lui aurait permis de proposer aux Ivoiriens le fruit de sa réflexion, notamment sa nouvelle vision de la Côte d’Ivoire. Or, il est resté silencieux sur le bilan critique de ses six années à la tête de l’Etat. Tout ceci aurait pu le repositionner au niveau du Rhdp.
Mais, j’ai eu l’impression que le Pdci a été piégé. Il a cru très rapidement, qu’en fait, c’est lui qui devrait être en deuxième ou première position, de manière à repêcher Ouattara et le légitimer. Cela n’a pas fonctionné. Ce schéma a joué totalement en sa défaveur. Parce qu’étant donné que le candidat du Pdci n’a pas fait ce qu’il devait faire, Ouattara s’est emparé de la peau de la victime pour devenir la victime et apparaître comme une alternative au niveau du Rhdp.
Troisième élément, j’ai eu l’impression que Ouattara a capitalisé en lui tous les mécontentements, résultant à la fois de l’effet de l’ivoirité, mais aussi de celui de la guerre, et peut être subsidiairement du fait religieux, pour se positionner dans le Nord et y être le seul. Je dirais que ce vote ethnique s’est même prolongé dans le Sud.

Comment percevez-vous cette cristallisation de l’électorat autour de la question ethnique ?

Il faut d’abord noter que les Ivoiriens ont voté massivement. C’est un fait historique. Parce que traditionnellement, le taux de participation se situe entre 30 et 35%. Là, nous avons 80% et un peu plus dans certaines régions. Ça montre le ras-le-bol des Ivoiriens. C’est dire qu’ils ont envie d’en finir avec la situation de crise et de se trouver un président avec une nouvelle légitimité.
Le vote ethnique en lui-même peut s’expliquer par le fait que la démocratie n’est pas encore suffisamment ancrée dans le subconscient des Ivoiriens. Parce que la population reste encore très rurale. Et dans le monde rural, on suit l’homme, plus parce qu’il est l’homme du terroir que pour ses idées. J’ai par exemple écouté des populations du Centre dirent qu’elles ont un pacte avec le Pdci. Et qu’en fait, lorsqu’elles votent pour le Pdci, c’est moins pour Bédié que pour Houphouet qui ne vit plus. Donc c’est un pacte mystique. On peut retrouver le même phénomène au Nord. Tout comme on pourrait le retrouver en pays bété. Les gens estiment que comme c’est un fils du pays alors on vote pour lui.

En repêchant Gbagbo et Ouattara pour le second tour, l’électorat n’hésite-t-il pas entre le bilan du premier et le programme du second ? Etant entendu que Bédié n’a rien proposé de nouveau.
Gbagbo avait le désavantage d’être le président sortant. Donc, il avait contre lui un bilan qui est contrarié par le fait de la guerre. Il a beaucoup réalisé mais les gens attendaient plus de lui. Sur ce point, à mon avis, aussi bien durant sa campagne que pendant son passage à la télé, il a moins défendu son bilan. Il s’est plutôt focalisé sur des thèmes, importants, mais moins porteurs pour le quotidien des Ivoiriens. Par exemple, lorsqu’on amène l’autoroute jusqu’à Yamoussoukro, c’est un fait très important pour l’opérateur économique. Mais, pour le citoyen ordinaire, qu’est-ce que cela peut lui apporter ? Qu’il passe trois ou cinq heures pour arriver à Yamoussoukro, l’essentiel pour lui est d’arriver. A l’inverse, chaque heure gagnée est importante pour l’opérateur économique. De même, si vous construisez les bâtiments abritant des institutions, le citoyen ordinaire n’en voit pas toujours l’utilité alors que c’est significatif pour la nation.
De tous les candidats, le président Gbagbo est le plus proche du peuple. Mais contrairement à ses habitudes, il a moins séduit, là où il est traditionnellement excellent. Il a moins parlé pour le peuple. Il a par exemple dégagé deux thèmes forts : la question de la banque de l’emploi des jeunes et celle de la banque des femmes. Il ne les a pas expliquées. Les gens ne savent pas trop comment ils vont accéder à ces crédits. Comment et quand il va les créer effectivement.
Le prix du cacao a augmenté, il n’a pas expliqué ce que ça peut apporter au citoyen dans son quotidien. Quel est l’apport des usines de transformation de cacao dans la relance de l’économie ? Il n’a pas bien exploité ses thèmes favoris. Je dirais que quand il est passé à la télévision, il a été moins bon que d’habitude. Sur le ton, c’était bien. Mais comme il semblait un peu fatigué, il n’a pas suffisamment séduit son auditoire comme d’habitude. Il n’a pas exploité suffisamment son talent de grand communicateur.

Et, en ce qui concerne Ouattara ?

Le bilan de Ouattara est lointain. Il est parti après trois ans. Les plus jeunes ne savent pas qui il est et ce qu’il a fait. Son passage est si lointain que les autres ne savent plus exactement dans les détails ce qu’il a fait de bon ou de mauvais. Evidemment, il arrive comme un homme nouveau qui n’avait que des promesses à faire. Je disais tantôt que sur le fond, il avait fait du populisme.
D’abord sur le principe de la démocratie, c’est lui qui a fait voter, en 1992, la loi anti-casseur qui porte un coup fatal au principe de la liberté de manifestation à la suite des événements du 18 février. C’est aussi lui qui a fait promulguer la loi sur le droit de grève et qui supprime pratiquement le droit grève. Troisième élément, il a bien exploité le problème sur les salaires à double vitesse, synonyme de violation flagrante du principe d’égalité devant la loi. Il a dit que ça devait disparaître au bout de deux mois. Mais, cela a duré deux ans. Le décret l’instituant est du 11 décembre 1991 et il est parti en décembre 1993.
Là où j’estime qu’il a été populiste, c’est quand il a dit qu’il va injecter une forte somme dans l’économie. Où va-t-il la trouver?
C’est bien de promettre. Mais, tous ceux qui ont fait ce genre de promesse le paient aujourd’hui. En France, Nicolas Sarkozy avait tout promis. C’était aussi un « Nicolas solution à tout ». Aujourd’hui, la réalité est là, elle est sévère. Car, le pouvoir brûle. Car si c’était aussi facile d’obtenir de l’argent, Sarkozy en aurait obtenu pour régler ses problèmes. D’autant plus que le directeur général du Fmi est un Français. Le siège de la Banque mondiale se trouve aux Etats-Unis. La monnaie de référence est le dollar. Si cela était aussi vrai, Barack Obama aurait obtenu l’argent nécessaire pour relancer l’économie américaine. Je crois que ce n’est pas comme cela que les choses se passent. Sinon, pourquoi n’a-t-il pas déjà amorcé la reconstruction du Nord ou injecté suffisamment d’argent dans les communes détenues par le Rdr pour en faire des villes modernes ?

Habituellement, c’est le président Gbagbo qui est accusé de populisme. Il promet beaucoup. Notamment lors de ses visites d’Etat.
Ce ne sont pas que des promesses puisque l’autoroute jusqu’à Yamoussoukro est en chantier. Le reste concerne des constructions en chantier. Mais de mon point de vue, il faut qu’il rassure davantage qu’il va terminer ces travaux s’il était réélu, quel que soit le vote des populations du Centre. Il faut également qu’il rassure la population du nord.
Dernier élément, c’est la représentation inégale au Nord entre le président Gbagbo, Ouattara et Bédié.
Pour Bédié, ça peut s’expliquer en partie par l’ivoirité. S’agissant du président Gbagbo, on peut aussi l’expliquer, a priori, par l’effet de la guerre. Seulement, ça pose problème. Parce que lors de sa campagne, il y a eu quand même 40.000 personnes d’après ce qu’on nous a dit. Ou bien ces personnes arrivaient de quelque part, dans ce cas, l’effondrement de son électorat s’explique. Mais si c’était la population locale qui s’était effectivement déplacée, on pourrait considérer qu’il n’a pas su les convaincre, il ne les a pas rassurés suffisamment. Si tel est le cas, c’est à lui de les rassurer davantage. Un autre facteur tout aussi important, serait que peut-être des gens ont réellement cru en lui, mais ils n’ont pas été totalement libres dans leur vote. Cette analyse n’a pas pour finalité de dévaloriser la victoire de Ouattara dans le Nord, mais ce ne sont que des hypothèses d’explication.
Encore une fois, concernant Ouattara, retenons qu’il a mieux capitalisé les mécontentements ressentis par les populations du nord, de telle sorte que face à Bédié et à Gbagbo, à tort ou à raison, il est apparu comme celui qui peut résoudre leurs problèmes. Du point de vue du politologue, je me pose la question de savoir ce que cela aurait donné, si Soro Guillaume avait été candidat ?

En tant que ressortissant de la même région que Ouattara ?

Oui , mais aussi en tant que secrétaire général des Forces nouvelles (ndlr, ex-rébellion). Car, on remarque que Ouattara a incontestablement bénéficié des retombées de la rébellion.

Ne faut-il pas prendre en compte les limites de La majorité présidentielle au Nord et peut-être au Centre ? Surtout au vu des bons scores du président à l’Est, grâce à la même politique d’ouverture.
On peut se demander si ceux qui représentaient La majorité présidentielle au Nord avaient toujours la capacité de rassembler plus d’électeurs en raison de la situation créée par l’effet de la guerre?
Remarquez que quand on prend La majorité présidentielle dans sa composition sociologique, c’est plus un conglomérat d’individus que de mouvements porteurs autour du FPI. Or, le Rhdp rassemble des gens organisés en mouvements significatifs. Ce qui n’est pas le cas de La majorité présidentielle.
Maintenant, il y a un facteur intéressant, c’est la percée du président Gbagbo à l’Est. Dans l’Agnéby, c’est significatif. C’est un vote ethnique qui a une autre signification. C’est un groupe ethnique qui vote pour un individu, non pas parce qu’il est le fils du terroir, mais parce qu’il adhère à ses idées. Donc, cela altère le vote ethnique. Il y a nuance entre le vote ethnique originel et l’adhésion d’un groupe à un individu pour son charisme ou ses qualités personnelles. Ce même phénomène se constate à l’Est en faveur de Gbagbo. Comment peut-on l’expliquer ? Est-ce parce que le président Gbagbo a su séduire ou parce que le Pdci lui-même y est en déclin ?
On peut aussi estimer que les leaders de la région qui ont rallié sa cause ont pu mieux convaincre les populations.
Effectivement, il ne faut pas sous-estimer cet aspect. Car, la question centrale, c’est bien la représentativité. Comme je l’ai dit, les gens sont moins suivis pour leurs idées que pour leur appartenance à une communauté et en fonction de leur position sociale dans cette communauté.

Pour le deuxième tour, pensez-vous que le président Gbagbo soit en ballottage favorable ou défavorable?

A mon avis, les deux candidats sont presque à égalité de chance. Examinons-les à tour de rôle.
Lorsqu’on prend le candidat du Rdr, il a visiblement épuisé ses voix, aussi bien au Nord qu’au Sud. Il n’a plus de réserves. Par exemple dans la ville de Gagnoa, il a fait le plein de ses voix, il a même gagné dans la commune. Il a fait aussi le plein de ses voix à Abobo. Si l’on considère les réserves, Gbagbo reste en ballottage favorable parce qu’il peut encore grignoter sur son électorat traditionnel dans certaines zones et surtout exploiter habilement cette alliance de raison, de circonstance. Elle n’a rien d’amour. Donc ce critère est plus favorable à Gbagbo.
Mais, si l’on considère l’autre facteur qui est le report des voix, du Pdci vers Ouattara, celui-ci se retrouve, a priori, en ballottage favorable. Mais ce critère ne lui est a priori favorable que sous certaines conditions. En effet, ce ballottage ne lui est favorable que s’il y a une discipline de vote. Nous avons trois cas de figure. Il peut y avoir la discipline de vote, ce qui est rare en Afrique. Ça peut être une abstention très forte des électeurs du Pdci. Des gens qui ne se reconnaissent ni en Ouattara ni en Gbagbo. Troisième cas, ça peut être un report moins significatif en sa faveur, une partie de l’électorat du Pdci glissant vers Gbagbo en raison de la résurgence de l’ivoirité. Dans ce cas-là, il faudra voir celui qui a un électorat plus fidèle et plus stable pour faire la différence. Mais, il serait trop risqué de pronostiquer sur la victoire de l’un ou de l’autre.

Quelles seront les clés de ce second tour ?

Un élément me semble important : c’est la stabilité de l’électorat. Que l’électorat confirme son choix du premier tour. Deuxièmement, il y a quand même 20% d’Ivoiriens qui n’ont pas voté. Troisièmement, il y a des votes plus ou moins fantaisistes portés sur de petits candidats. Il faut voir si ces électeurs vont se ressaisir pour voter utile. Les voix des petits candidats vont être aussi très utiles et très courtisées. Ça va se jouer donc dans un mouchoir de poche. Dernier facteur important, c’est celui qui saura communiquer et être plus près des Ivoiriens qui fera la différence, en raison du facteur déterminant du vote utile.

Pensez-vous que la décision du Conseil constitutionnel de publier les résultats définitifs met fin à la contestation des résultats provisoires par le Pdci, soutenu par le Rhdp ?

La Côte d’Ivoire s’est donné des institutions. Il faut se conformer à son verdict, dans la mesure où aucune contestation n’a été enregistrée au plan juridique. Je crois à l’esprit civique légendaire du Pdci.

Interview réalisée par Kesy B. Jacob