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Tant que les lions n'auront pas d'historiens, les histoires de chasse tourneront à la gloire du chasseur - Le mensonge se lève très tôt mais la vérité finit par le rattraper - Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage

samedi 6 novembre 2010

Second tour en Côte d'Ivoire - la campagne est bien lancée

Au lendemain de la proclamation des résultats du premier tour, la campagne ivoirienne pour le second a commencé à... Dakar !

Ouattara se rend chez Wade (ponte de la Françafrique, car la Françafrique n’est pas morte comme l’a constaté à... Dakar Jean-Christophe Rufin, qui vient de démissionner de son poste d’ambassadeur de France pour cette raison).

Ouattara se rend donc chez Wade avec une forte délégation, tandis que Bédié, convoqué aussi par Wade refuse de s’y rendre.

Inévitablement cela provoque un incident diplomatique : « "La Côte d'Ivoire a rappelé son ambassadeur au Sénégal. L'ambassadeur du Sénégal en Côte d'Ivoire a été convoqué aujourd'hui (vendredi 5.11.10) au ministère des Affaires étrangères et a reçu une lettre de protestation des autorités ivoiriennes", a déclaré à l'AFP le conseiller diplomatique de M. Gbagbo, Alcide Djédjé. »

Et Dakar de reconnaître sa gaffe, en termes diplomatiques comme il se doit, et malgré le titre de l’AFP qui annonce l’amende honorable de Dakar.

Imaginons, pour donner un parallèle, qu’en 2007, dès l’annonce des résultats du premier tour de la présidentielle française, Poutine convoque à Moscou Sarkozy et Bayrou !

La campagne bat donc son plein...

Et ne parlons pas des médias parisiens internationaux entrés en campagne avant même la proclamation des résultats du premier tour. Ainsi Hugeux, dès lundi soir sur France24, attaquant Gbagbo bille en tête. À ce moment là Hugeux vient d’annoncer sur lexpress.fr le second tour Gbagbo Ouattara, une annonce qu’il appuie, outre les traditionnelles « sources concordantes, diplomatiques et politiques », sur la rumeur d’Abidjan (sic) : « A en croire la rumeur d'Abidjan, le candidat de La majorité présidentielle (LMP) et celui du Rassemblement des Républicains (RDR) -près des trois-quarts des suffrages exprimés à eux deux- distanceraient nettement l'ancien président Henri Konan Bédié. ».
Sa « prophétie », avérée chanceuse, correspond évidemment à ce moment-là, comme toutes les prophéties qui circulent alors à Abidjan et sur lesquelles il ironise aujourd’hui, au souhait du « prophète ». On sait dès lors ce que souhaite Hugeux, qui à l’heure où il se prononce ne peut pas en savoir plus que les autres...

Fort de cette « prophétie » lancée dès fermeture des bureaux de vote sur un second tour Gbagbo-Ouattara, Hugeux, après la proclamation qui le consacre dans la voie "prophétique", poursuit (non sans un règlement de comptes au passage contre les "prophètes" moins chanceux que lui) et tente de nous (re) fourguer la théorie ethnique : "L'examen des performances respectives des trois ténors de la scène ivoirienne accrédite le diagnostic des experts de la géographie électorale" écrit-il aujourd’hui : "chacun reste maître chez soi - Alassane Ouattara chez les musulmans dioulas du Nord, Henri Konan Bédié dans les bastions akan" (ce qui, concernant Ouattara reste vrai). Pour Gbagbo, il concède un "dans une moindre mesure", tout en l'incluant quand même dans la même logique : maître "en pays bété". Sachant la réalité très minoritaire des Bétés, l'explication est plus que faible. Ce que, sans lâcher sa théorie, il est bien obligé d'expliquer : "l'urbanisation et le brassage qui l'accompagne tendent à estomper les lignes de failles ethniques dans les villes, notamment à Abidjan (30% des inscrits)." Mais admettre "le progrès de l’idée de citoyenneté au sein du corps social" (selon les termes de Djignab) voilà qui semble être trop lui demander concernant l'Afrique !

La campagne est bien lancée dans la presse française.

L’AFP poursuit en titrant hier l’annonce post-électorale de Pascal Affi N'Guessan, porte parole de La Majorité Présidentielle, pour laisser entendre qu’il tire le premier dans cette campagne déjà en route : « Gbagbo face au "parrain de la rébellion", Ouattara (porte-parole) ».

Et la dépêche de citer :
« Les scores "soviétiques" de l'ancien Premier ministre dans le nord tenu par les FN "suscitent des interrogations sur la sincérité du scrutin, dans une zone où l'Etat n'exerce pas encore la plénitude de ses prérogatives", a affirmé M. Affi, » l’AFP précisant dans la foulée que « Le Conseil de sécurité de l'ONU a noté cette semaine des "irrégularités mineures" dans la présidentielle, jugeant qu'elles n'avaient pas entaché véritablement le scrutin. »

Ce faisant l’AFP ne remarque pas que Pascal Affi N'Guessan n’est pas le seul à être troublé par ce socre :

Sur la RTI, au même journal de 20h00 du 5.11.10 où intervient Pascal Affi N'Guessan, Jacqueline Oble, candidate « malheureuse », fait la même remarque :

« La candidate indépendante ne comprend pas non plus la population électorale, qui s’est considérablement accrue dans certaines zones du pays, traditionnellement à faible densité démographique : "[...] en ce qui concerne le Nord, on est quand même surpris du nombre impressionnant de votants, parce qu’on sait bien que normalement la population du nord n’est pas aussi élevée. Avec la requête du PDCI auprès du conseil constitutionnel, peut-être qu’ils auront à revoir tout cela et voir si effectivement le nombre de votants, si ces votants sont effectivement là-bas ou si ce sont des gens qu’on a dû transporter [...]" » Cf. vidéo ci-dessous et ici :


Et Jacqueline Oble n’est pas au second tour : aucun enjeu pour elle. En outre, quand on sait qui elle est, on ne peut pas la taxer de mauvaise foi, comme on va en soupçonner d’emblée Affi N'Guessan en campagne. Jacqueline Oble est membre fondateur du RDR, le parti de Ouattara, dont elle a démissionné suite à la décision de son leader de passer outre au code électoral et de se présenter avant changement de ce code — on est alors en 1999, et contrairement à ce qu’il a fait cinq ans avant, où il ne s’était pas présenté, tenant compte de la clause Bédié l’excluant du fait de sa nationalité (depuis Gbagbo l’a proclamé éligible par décret). Si le leader du RDR a accepté de se soumettre quelques années avant, cette fois, en 1999, il passe outre, bien que rien n’ait changé dans le code électoral. C’est ce qui provoque la démission de Mme Oble, qui, en juriste, demande qu’on provoque le changement du code d’abord, plutôt que de passer outre, au regard du risque désordre qui pourrait s’ensuivre. On sait que Ouattara a passé outre, initiant les troubles que l’on sait, et donnant raison à Mme Oble. C’est elle qui aujourd’hui est troublée par ce qui semble être un nombre de votants supérieur au nombre d’électeurs dans les zones où Ouattara obtient ses scores soviétiques...

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