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Tant que les lions n'auront pas d'historiens, les histoires de chasse tourneront à la gloire du chasseur - Le mensonge se lève très tôt mais la vérité finit par le rattraper - Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage

dimanche 16 janvier 2011

Le soulèvement contre Ben Ali et la menace de ses (ex-)amis contre la Côte d’Ivoire

Le peuple de Tunisie vient de montrer que le soutien de la « communauté internationale » à ses « élus » finit par trouver ses limites.


Pendant ce temps, la « communauté internationale » continue de menacer là où les regards se portent moins…

Selon une dépêche de l’AFP, sont en faveur de la guerre contre la Côte d'Ivoire parmi les représentants de la « communauté internationale » au sein de Cédéao, d’abord le Nigéria, suivi par le Sénégal, le Burkina Faso et dans une moindre mesure par le Niger et le Togo. « Ces pays sont prêts à une action militaire », affirme un diplomate. « Il y a une certaine mobilisation, car si Gbagbo arrive à se maintenir au pouvoir, cela enverrait un très mauvais message au reste de l'Afrique et ailleurs dans le monde […] », souligne un autre diplomate.

« Très mauvais message » pour ces cinq là en effet :

- Le Nigéria, dont le président est, à l’instar de son homologue français, un ami personnel de Ouattara, n’est à ce jour, pas élu. Son interim doit se terminer par une élection dont l’issu et loin d’être sûre. Un petit coup de pouce de la « communauté internationale » pourrait n’être pas mal venu. Et si, comme le montre jour après jour la Côte d’Ivoire, le bourrage d’urnes ne marche plus !… « Très mauvais message » en effet !

- Le Sénégal, dont le président est non seulement ami personnel de Ouattara mais ennemi public personnel de Gbagbo, et qui est à la manoeuvre pour imposer son fils après lui à la tête du Sénégal, ne verrait pas d’un mauvais oeil le soutien de la « communauté internationale » pour parvenir à ses fins. Mais si à l’instar de la Côte d’Ivoire, le bourrage d’urnes ne marche plus… « Très mauvais message » !

- Le Burkina Faso, dont le pouvoir a été et continue d’être le bras armé de la « communauté internationale », la base-arrière de la rébellion de Ouattara ! Quelle surprise qu’il soit pour la guerre ! Et quand on sait que son président vient d’être réélu pour la énième fois à 80% de voix sous les applaudissements de la « communauté internationale », « très mauvais message » en effet si le précédent ivoirien faisait tache d’huile !

- Le Niger : s’éloigner des faveurs de la « communauté internationale » pourrait être risqué, quand on sait qu’on est là dans un cas fort proche de celui de la Tunisie : le pouvoir soutenu par ladite « communauté internationale » comme barrage à l’alibi islamiste…

- Quant au Togo, on est dans la caricature : le fils de l’ami personnel du pouvoir français élu par bourrage d’urnes au prix de 800 morts sans vagues au sein de la « communauté internationale »… Alors là oui, ce serait vraiment un « très mauvais message » si la méthode avait du plomb dans l’aile !

D’autant plus que les opposants à la guerre — « certains pays de la Cédéao comme le Ghana ne sont pas prêts à envoyer des troupes », selon la même dépêche — ne sont pas dans ces situations là : le Ghana justement, dont les élections sont parfaitement démocratiques, semble ne pas voir dans le holà à la pratique de ses voisins un « très mauvais message ».

Bref, il n’y pas d’unanimité… D’où « au Conseil de sécurité de l'ONU, il y aurait probablement une réticence à autoriser une opération militaire de la part de pays comme la Russie et la Chine, et peut-être le Brésil et l'Afrique du Sud. »

« Mais », poursuit la dépêche, pleine d’espoir, « si la demande d'intervention émane d'Alassane Ouattara, président élu et reconnu par la communauté internationale, il n'y aurait pas besoin de feu vert du Conseil de sécurité, fait valoir un diplomate. »

Et Ouattara ne manque pas de continuer avec insistance, directement après l’avoir fait par la voix de Soro, d’appeler à la guerre…


Mais voilà, les réticences sont nombreuses : et la Tunisie vient de montrer qu’à un certain point, ça suffit !… Car contre l’option militaire, et pour la défense de la légalité ivoirienne, il y a non seulement le peuple de Côte d’Ivoire, mais les autres peuples d’Afrique — plusieurs oppositions ont déjà mis en garde leur pouvoir : les velléités guerrières d’une « communauté internationale » qui a soutenu Ben Ali jusqu’au bout pourraient avoir des effets imprévus parmi les peuples. Si les dirigeants partisans de la guerre voient un « très mauvais message » dans la fin des bourrages d’urnes, les peuples ne sont pas forcément de leur avis.

Et il ne manque pas de propos lucides quant à la réalité de la situation sur le reste du continent : « Nous sommes donc d'avis que toute intervention militaire dans le cas particulier de la Côte d'Ivoire aurait un effet néfaste, avec de graves conséquences au-delà de ses frontières, a déclaré le président angolais Dos Santos. »

2 commentaires:

  1. Merci Delugio! Juste pour te dire que même s'il n y a pas énormément de réactions, nous te lisons beaucoup!! KEEP IT UP!!

    Mengaat

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