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Tant que les lions n'auront pas d'historiens, les histoires de chasse tourneront à la gloire du chasseur - Le mensonge se lève très tôt mais la vérité finit par le rattraper - Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage

dimanche 27 février 2011

La Côte d'Ivoire cible d'une guerre inouïe...

Dans le silence total de nos médias...

Analyse incontournable sur le blog de Yann-Yéc'han.

 

Censuré sur Nouvelobs.com.

 

Je n'ai rien dit,je n'ai rien,je n'ai rien entendu!!

Le Machin international a commencé sa guerre

Machin aux mains des puissants...

Wait and See...

 

http://directscoop.net/2011/02/27/1884/

http://directscoop.net/2011/02/27/cote-d%E2%80%99ivoire-les-fds-en-%C2%AB-etat-d%E2%80%99alerte-%C2%BB-sur-la-ligne-de-front/

http://cotedivoire-lavraie.over-blog.fr/article-la-situation-a-abobo-apres-les-affrontements-d-hier-68199609.html

http://indignez-vous.hautetfort.com/archive/2011/02/26/le-dernier-baroud-d-honneur.html

 

Hommage. Burkina - un homme intègre

À ne pas confondre avec Blaise...

[...]

« Tom Sank » comme certains l’appelaient voulait être un président différent, et incarnait un certain enthousiasme.

Il a commencé par prendre quelques mesures spectaculaires comme vendre les voitures de luxe des membres du gouvernement, et se déplaçait lui-même en Renault 5, une voiture équivalente à une Renault Twingo d’aujourd’hui. Il n’a pas hésité à reprendre à son compte certaines thèses panafricanistes de Patrice Lumumba ou Nkwame Nkrumah.


Texte de Hervé Mbouguen. Source ici.


Il a engagé une lutte contre la corruption, qui s’est traduite par des procès retransmis à la radio, mais sans condamnation à mort. Il a également entrepris une campagne de reboisement du Sahel pour stopper l’avancée du désert.

Dans un pays où l’espérance de vie atteignait à peine 40 ans, et qui avait le record mondial de décès chez les enfants de moins de cinq ans, il a développé une vaste campagne de vaccination des enfants, et de construction d’hôpitaux. Il a montré une conception moderne de la condition féminine, en condamnant la polygamie, en interdisant l’excision, et en nommant plusieurs femmes dans son gouvernement.

[…]

Sa vision ne le limitera pas au seul Burkina-Faso puisqu’il sera très actif à dénoncer la néo-colonisation, sera un vif pourfendeur de l’apartheid, et fera sensation en s’opposant au paiement de la dette par les africains. Lors d’un sommet de l’OUA à Addis-Abeba, il s’écriera « Je dis que les Africains ne doivent pas payer la dette. Celui qui n’est pas d’accord peut sortir tout de suite, prendre son avion et aller à la Banque mondiale pour payer ».

[…]

L’attitude de Sankara, et la grande popularité dont il jouira au sein de la jeunesse africaine finiront par lui attirer la méfiance de ses voisins, et de certains pays occidentaux, dont la France. Mais comme souvent, l’ennemi ne viendra pas de bien loin.

Des rumeurs de complot bruissent au Burkina-Faso ce pays qui, comme on l’a vu, a souvent été agité par des coups d’état. Sankara, comme tous, les entend, et on lui prête les propos suivants, difficiles à vérifier, mais qui auront contribué à augmenter sa légende après sa mort : « On peut tuer un homme, mais on ne peut pas tuer ses idées », ou commentant l’attitude de Blaise Compaoré « Le jour que vous entendrez que Blaise Compaoré prépare un coup d’État contre moi, ce n’est pas la peine de me prévenir. Car, ce serait trop tard ».

Ce qui est certain, c’est que Compaoré ignore les recommandations de Sankara, et vit dans le luxe.

[…]

Thomas Sankara est en réunion avec des conseillers quand des bruits d’armes automatiques résonnent. Il aurait dit à ses conseillers « Restez, c’est à moi qu’ils en veulent ». Il sort du palais, en short, les mains en l’air, mais visiblement les mutins n’avaient pas pour consigne de l’arrêter, mais de le tuer, et quelques rafales mettent fin à sa vie, ainsi qu’à celle de douze de ses conseillers.

Comme pour tuer le symbole une seconde fois, il sera enterré à la va-vite, et de façon quasi-anonyme.

L’onde de choc provoquée par son décès, dans les jeunes africaines et notamment burkinabé, a poussé le régime à lui donner une sépulture plus convenable.

Son « ami » de longue date Blaise Compaoré prendra le pouvoir après sa mort, et prétendra avoir agi ainsi parce que Sankara projettait de l’assassiner, mais ses propos n’ont pas convaincu grand monde.

Interrogé par une journaliste au lendemain du coup d’Etat qui lui pose la question suivante : « Avez vous avez un regret ? » Blaise Compaoré répond : « D’avoir perdu un ami bien sûr, et un regret aussi qu’à un moment de sa vie il [Thomas Sankara] ait pensé à nous liquider. Dommage. » Cette réponse donnée il y a plus de 20 ans est une des très rares évocations publiques de l’assassinat de Thomas Sankara par Blaise Compaoré.

Dans le documentaire de Robin Shuffield, « Sankara, un homme intègre », un ex-militaire proche de Sankara, le capitaine Boukari Kaboré affirme qu’il avait demandé à ce dernier « la permission de mettre de l’ordre » c’est-à-dire d’arrêter Blaise Compaoré car ce dernier « planifiait un projet d’assassinat ». Sankara lui aurait répondu : « l’amitié ne se trahit pas, ce n’est pas à nous de trahir l’amitié, c’est à eux de la trahir ».

En 2008, Blaise Compaoré est toujours président du Burkina Faso."

(Extrait de Portrait d’un homme intègre : Thomas Sankara (1949-1987) de Hervé Mbouguen)

[... Blaise Compaoré a été réélu pour la énième fois en 2010 avec 80% des voix, dans le silence de la "communauté internationale". La semaine dernière il faisait réprimer à balles réelles une manifestation d'élèves, dans le silence de la "communauté internationale" et de ses médias. 5 morts.]

samedi 26 février 2011

Hommage aux Burkinabè

À ne pas confondre avec Blaise...

Au moment où l'histoire s'accélère et où le fruit de l'enquête des Présidents et experts de l'UA est près d'être livré... Ce qui semble troubler très fort le camp du Golf/Onuci, qui depuis multiplie ses attaques guerrières.

Au moment où donc les vieilles ficelles ressortent, comme celle qui consiste à attribuer la vieille querelle Bédié/Ouattara sur la nationalité de celui-ci à Gbagbo ! (lequel a voté contre la loi de Bédié sur l'"ivoirité" et a mis fin à la querelle par décret, déclarant Ouattara ivoirien), les Burkinabè de Côte d'Ivoire, eux, ne s'y trompent pas.

Coupant la chique de tous ceux qui sont prêts à toutes les dérives communautaires ou "ethniques"...

Soutien des chefs coutumiers burkinabé
Résidant en côte d’Ivoire au président Laurent Gbagbo :


La réalité c'est que le continuum Burkina - Côte d'Ivoire pour la libératoin de l'Afrique est indissoluble. Quoiqu'il arrive dans la suite des jours, Laurent Gabgbo est déjà entré dans l'histoire comme le continuateur de Thomas Sankara - comme Mandela aura été celui de Lumumba.

Le reste n'est que soubresauts : les accusations, calomnies et mensonges tomberont d'eux-mêmes, comme se décante déjà la "vérité" de la "communauté internationale unanime" d'il y a deux mois, près d'être réduite au tandem Choï-Sarkozy.

Sur Thomas Sankara :




vendredi 25 février 2011

Appel de Blé Goudé - mise en garde face à la force onusienne belligérante


Pourquoi la violence rebelles/Onuci fait rage (cf. ici) :


"Mission du Panel de l’UA à Abidjan : Les faits qui ont mis Ouattara en difficulté"

Boga Sivori - jeudi 24 fevrier 2011 | Notre Voie :

"Des faits qui se sont produits durant la crise postélectorale ont mis Alassane Dramane Ouattara en difficulté lors de sa rencontre avec le panel de l’UA.

Le premier de ces faits est le comportement des médias français. Notamment, France 24 et TV5. En violation flagrante des dispositions prises par le Conseil national de la communication audiovisuelle (CNCA), ces deux chaînes françaises affichaient déjà, en bande déroulante, la prétendue victoire d’Alassane Ouattara avec 54%, le mercredi 1er décembre, à partir de 19 h, alors même que la Commission électorale Indépendante (CEI) ne disposait d’aucun résultat. Ceci avait obligé le président de la CEI, M. Youssouf Bakayoko, à faire une mise au point à la télévision nationale à 23 h 45 mn. «A l’heure où je vous parle, nous n’avons pas encore fini le travail de consolidation des résultats. Je tiens à rassurer les Ivoiriens que nous n’avons donné aucun résultat à qui que ce soit», avait-il indiqué.

Le deuxième fait est l’attitude du président de la CEI Youssouf Bakayoko. En effet, tout le monde a pu le constater, la CEI n’a pas donné de résultats dans le délai qui lui était imparti et qui expirait le mercredi 1er décembre à minuit. Tout simplement parce que, comme l’avait annoncé Youssouf Bakayoko, à 23h45, la CEI n’avait pas fini de consolider les résultats de certaines régions du pays, notamment ceux du nord, par manque de consensus au sein de la commission centrale. Il est donc clair que la CEI n’a pas donné de résultats. D’où l’absence d’un PV de délibération. Dès lors, la CEI était de fait forclose et le dossier se trouvait désormais sur le bureau du Conseil constitutionnel. Cette institution est, au regard de la loi fondamentale de la Côte d’Ivoire, la seule habilitée à donner les résultats définitifs de l’élection présidentielle.

C’est donc ce à quoi s’attendaient légitimement l’ensemble de la population ivoirienne quand, à la surprise générale, Youssouf Bakayoko a été aperçu, au milieu des partisans d’Alassane Ouattara, et au quartier général (QG) de campagne de celui-ci, annonçant des chiffres donnant vainqueur le candidat du RDR. Cette annonce a été faite en l’absence de tous les commissaires centraux, et surtout, des représentants des candidats. Mais il y a aussi que le score de 54% annoncé par Youssouf Bakayoko en faveur d’Alassane Ouattara coïncide curieusement avec celui qu’affichaient déjà les chaînes françaises France 2» et «TV».

Le troisième fait est l’entrée en scène du Conseil constitutionnel. Après donc la forclusion de la CEI intervenue à minuit du mercredi 1er décembre, le Conseil constitutionnel a pris le relais. Et sur la base du recours en annulation formulé par le président Gbagbo, le conseil constitionnel a annulé le vote dans certains départements du nord où les rebelles ont faussé le jeu électoral par des exactions d’une extrême gravité sur les partisans du président Gbagbo. Et après délibération, il a proclamé le président Gbagbo vainqueur avec plus de 51% des voix. Le dernier fait constitutif de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire s’observe dans le comportement de la communauté dite internationale et conditionnée par la France.

En effet, ce sont, contre toute attente, les chiffres annoncés en toute illégalité par Youssouf Bakayoko que M. Choï, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, s’est cru devoir certifier avant même que le conseil constitutionnel ne siège.

C’est sur ce vrai faux résultat que se base la communauté dite internationale pour exiger que le président Gbagbo cède le fauteuil présidentiel à Ouattara. Le président français, Nicolas Sarkozy s’est même autorisé à donner un ultimatum de 24 heures au président ivoirien Laurent Gbagbo ,pour quitter le pouvoir, comme s’il s’adressait à son domestique."

Recrudescence des violences en Côte d'Ivoire : la responsabilité de la "communauté internationale" et de ses médias

Voilà des semaines, des mois, des années, que les médias "internationaux" exemptent la rébellion ouattariste de ses violences et crimes, voire les attribue à ses victimes !

Qui n'a pas entendu parler des 300 morts dans les violences post-électorales ? Qui ne les attribue pas au "camp" Gbagbo et aux Fds, oubliant que dans les rangs des Fds on est tué au quotidien ?

Les choses commencent à bouger : Amnesty International commence à renvoyer tout le monde dos-à-dos (mieux que rien). L'Afp concède que les "manifestants pacifiques" d'Abobo (entre autres) utilisent des armes lourdes et tuent des Fds (bien obligées de répliquer). Une véritable stratégie !

Entre temps les morts se sont mulitpliés, dans l'impunité la plus totale : la rébellion n'ayant pas manqué de remarquer que non seulement elle bénéficie de l'impunité médiatique internationale, mais que par-dessus le marché, on attribue ses crimes... aux victimes !

Au jour où le discours "international" semble se nuancer, le simple bon sens induit cette question : une telle impunité (au bas mot) médiatique n'a-t-elle pas contribué à augmenter (et à quel niveau) les violences et les victimes ? Lourde question, sur une lourde responsabilité...

Qui mesurera (c'est désormais la tâche des historiens) l'impact, quant aux violences qui s'en sont autorisées, du charnier de Yopougon devoilé dans le monde entier via RFI avant toute enquête ? (Enqûetes qui ont conclu depuis à un probable montage - mais qui le sait ?) Quid de la responsabilité de la célèbre radio ? Qui mesurera l'impact, quant aux violences qui s'en sont autorisées, des fameux "escadrons de la mort" au conditionnel (pour lesquels Gbagbo a gagné tous ses procès en diffamation - mais qui le sait ?), appuyés du cadavre de Camara H. passé en boucle sur les médias français en 2003 ?

Qui mesurera la part de responsabilité de la presse internationale divulguant ces rumeurs avant toute enquête ?... Responsabilité dans les violences contre les populations et leurs diverses réactions en chaîne, incluant jusqu'à la bavure du policier (qui reste en prison) qui a tué Jean Hélène...

Quid de cet étrange parti pris en faveur de la rébellion pro-Ouattara et contre le "camp Gbagbo", et de ses incidences locales en matière d'impunité, voire d'encouragements ? Quid de cet arbitraire par lequel la "communauté internationale" bafoue régulièrement les principes qu'elle prétend promouvoir en agissant de la sorte ?

FDS-Abobo.jpg

"Attaques contre les FDS à Abidjan : Voici le vrai visage du commando invisible"



"Désormais, le commando invisible d’Abobo, qui se dissémine progressivement dans le district d’Abidjan, a un nom.

Le commando invisible qui sévit ces dernières semaines dans les différents affrontements entre FDS et manifestants pro-Ouattara vient d’être démasqué. Une enquête dans certains quartiers révèle que les origines du commando invisible remontent depuis les zones Cno. Il s’agit de combattants de la rébellion convoyés par vagues dans la capitale économique. Embarqués par vague dans des cars, ces soladats de la rébellion sont déversés dans des quartiers qu’ils jugent favorables à Ouattara. Où des familles, militants actifs du Rdr, doivent leur accorder gites et couvert jusqu’à «l’assaut final». Certaines confidences indiquent une forte présence desdits combattants à Abobo, notamment dans les sous-quartiers Marley, Avocatier, PK 18, Derrière Rail où le volume de la population s’est accru depuis décembre dernier. Si pour l’heure ce «commando invisible» reste silencieux à Yopougon (Port-Bouët2 et Wassakara) et à Koumassi où se trouvent également ses memebres, ce n’est pas le cas à Abobo. La stratégie de ce «commando invisible», en attendant une bonne logistique militaire à lui promis par les casques bleus et les forces françaises, nous a-t-on fait remarquer, vise à créer des embuscades aux éléments de l’armée régulière et à exterminer des militants pro-Gbagbo marqués. Ils ont également dans leur viseur, des commissariats de police. Un indicateur des Fds que nous avons approché a révélé que leur prochaine cible est le camp commando d’Abobo et le camp militaire d’Anyama, en vue d’acquérir une base militaire."

mercredi 23 février 2011

Affaire “Courrier de Sarkozy à la Cei” : info ou intox ?

Depuis ce mercredi 23.02, les inconditionnels de Ouattara triomphent : la presse ivoirienne légitimiste de mardi a largement diffusé une lettre à Bakayoko attribuée à Sarkozy.


Les principaux et rares médias légitimistes se seraient donc pris les pieds dans un hoax : la Cei et Paris ne démentent-elles point ? (Notons qu’on n’en attendait pas moins !)... De là en en faire de leur démenti la parole finale d’un jugement, il n’y qu’un pas que les ouattaristes inconditionnels franchissent allègrement oubliant que Paris et Cei sont juge et partie.

Un hoax donc... Voire...

À y regarder de près, les arguments des ouattaristes triomphants ne concernent que la forme (papier à en-tête qui n’est pas le bon, signature qu’on peut copier-coller, etc.) ce qui permet d’oublier que même si la lettre s’avérait être matériellement un faux, son contenu de fond n’en correspond pas moins parfaitement à une réalité avérée, elle !… Allant des pressions de Ouattara dans le même sens sur le même Bakayoko (bel et bien avérées celles-là) et sur Choï qui l’a reconnu lors d’un audit à l’Onu... Jusque, après la "proclamation" de Bakayoko, aux coups de fil de Sarko à Goodluck. Sans compter sa "proclamation" de la "victoire" de Ouattara depuis l’Inde et son ultimatum à Gbagbo. Ça, c’est public, pour un contenu qui dépasse largement celui de ladite lettre...

Où l’argumentation de forme des ouattaristes triomphants pourrait même se retourner contre eux : pour produire une telle lettre, au contenu compromettant, puisque confirmant par écrit ce qui s’est fait de diverses autres façons, mais plus discrète, ou pouvant être donnée pour "dans la chaleur de l'actu", eût-il été malin d’utiliser le papier à en-tête officiel de l’Elysée ???!!!

*

In Le Nouveau Courrier N°210 du 22 Février 2011 par Frank Toti :

"Affaire 'Courrier de Sarkozy à la Cei' : Les preuves qui enfoncent la France"

"L’Ambassade de France en Côte d’Ivoire a cru bon de tenter de sauver la face de Nicolas Sarkozy, en produisant hier un communiqué de démenti. Seulement, les évènements restent encore vivaces dans les esprits.

Les évènements se sont déroulés entre 23 heures et 2 heures du matin, dans la nuit du mercredi 1er au jeudi 2 décembre 2010 au siège de la Commission électorale indépendante (Cei) aux Deux-Plateaux. Alors qu’on s’acheminait inexorablement vers la forclusion de la Cei, des soldats français de la Licorne à bord de jeeps débarquent au siège de la Cei, se disant être porteurs d’un message du président français au président de la Commission, Youssouf Bakayoko. Devant le refus des Fds postés à l’entrée du siège de les laisser passer, ils expliquent qu’il s’agit en réalité d’un courrier émanant de la présidence française pour le président de la Cei.

C’est alors qu’un commissaire de la Cei leur a fait savoir qu’un tel courrier devrait au préalable transiter par le ministre des Affaires étrangères qui à son tour se chargerait de le transmettre au président de la Cei. Ayant compris la bourde que leur précipitation leur avait fait commettre, la soldatesque d’«émissaires» de la France est aussitôt repartie. Interrogé à ce sujet, selon une source, l’Ambassadeur de France, Jean-Marc Simon, aurait expliqué que le mouvement de la force Licorne vers la Cei était une erreur de procédure diplomatique qui ne se répéterait plus. Toutefois, le courrier a bel et bien atterri entre les mains de Youssouf Bakayoko. La suite, c’est son escorte, le lendemain 2 décembre, par les ambassadeurs français et américains pour une pseudo-proclamation des résultats au QG de campagne d’Alassane Ouattara, le Golf Hôtel, devenu depuis lors sa «République».

Hier dans un communiqué, l’Ambassade de France a démenti l’existence d’un tel document. «Il s'agit d'un faux grossier qui révèle une méconnaissance des pratiques internationales et relève d'une volonté évidente de nuire aux bonnes relations qui existent entre la France et la Côte d'Ivoire», explique le communiqué. Seulement, la représentation diplomatique française oublie les injonctions maladives de Nicolas Sarkozy aux autorités ivoiriennes qui somme toute, révèle tout aussi bien une méconnaissance des pratiques internationales par l’héritier de la Françafrique. En voulant s’excuser, l’Ambassade de France n’as pas mieux fait que de s’accuser."

mardi 22 février 2011

Côte d’Ivoire - la dérive de l’Occident

"Aujourd’hui plus que jamais, les Ivoiriens se demandent ce que leur réserve le lendemain. Ils souhaitent comprendre à quelle torture ils vont encore devoir faire face, quelle humiliation ils vont encore devoir subir.





Les coups de boutoir de la France, les agressions répétées contre les institutions souveraines du pays, le mépris des démarches entreprises par l’Afrique pour sortir de l’impasse, pire encore la très grave asphyxie économique et alimentaire imposée brutalement aux populations, la mort distillée lentement, cruellement et sournoisement, couverte par l’hypocrisie et la langue de bois des médias internationaux français… toutes ces horreurs infligées sans répit à des millions d’hommes, de femmes et d’enfants qui n’ont décidément rien fait pour mériter cela. Nous les ivoiriens, nous aimerions enfin comprendre cet acharnement piloté par Nicolas Sarkozy!!!!! On aimerait comprendre… Alassane Ouattara de plus en plus isolé et ignoré dans un pays qu’il veut à tout prix diriger, continue d’envoyer des jeunes endoctrinés du quartier d’Abobo à la mort, pour servir les besoins de sa communication macabre…. Tout le reste de la ville d’Abidjan (qui abrite plus de 70% de la population nationale) ainsi que le reste du pays a vécu la journée d’aujourd’hui tout à fait normalement. Ridicule…
On aimerait comprendre… L’issue calamiteuse du second tour des élections présidentielles, la soi-disant « proclamation » des résultats temporaires par le seul M. Bakayoko au Golf Hotel, siège de campagne du candidat Ouattara devant les caméras de France 24 (grossière manipulation), les fraudes graves avérées avec nombreuses preuves à l’appui qui ont été perpétrées dans les zones sous contrôle des rebelles de Ouattara… tant de faits accablants !!! (*) Tout ceci a amené les différents médiateurs à reculer sur la question de l’intervention armée et sur la question de l’affirmation de M. Ouattara en tant que « vainqueur » des élections, victoire qui ne repose sur aucun fondement constitutionnel voire légal…
On aimerait comprendre… un homme qui se comporte comme un véritable instrument au service d’un colon esclavagiste et pour lequel on piétine toutes les institutions du pays, on humilie les représentants diplomatiques légalement assermentés, on coupe les vivres aux pauvres paysans, on met des millions d’honnêtes travailleurs au chômage, on assiste à la mort de centaines de malades graves dans les hôpitaux, on coupe l’aide aux malades du SIDA, on encourage l’exode massif de réfugiés fuyant les zones sous contrôle des rebelles de Ouattara, on fait tomber une pluie de sanctions injustifiées sur des entreprises privées et des centaines d’individus et on subtilise tout l’argent des clients des banques françaises (soit donc 90% des dépôts bancaires des ivoiriens), les privant ainsi de tout moyen de subsistance… Toutes choses que la France par la voix de son incompétente Ministre des Affaires Étrangères Michèle Alliot-Marie et le camp Ouattara par la voix de son porte-parole qui semble s’être totalement égaré Patrick Achi trouvent le moyen de justifier!!!!! Justifier la famine, la mort, le rabaissement total d’innocentes populations, POURQUOI?
On aimerait comprendre… mais on fait déjà des déductions très logiques:
l’Union Africaine a opté pour une issue pacifique à cette crise, se donnant un mois pour revisiter en profondeur le second tour des élections présidentielles et imposer aux deux parties des mesures contraignantes. Ceci a provoqué un véritable délire de folie meurtrière chez Nicolas Sarkozy vu que son objectif est d’imposer par tous les moyens, y compris un coup d’état sanglant, son poulain Ouattara aux ivoiriens.
Il y a visiblement anguille sous roche, Ouattara a des choses à cacher par rapport à ce second tour, et le fait que les différents médiations aient toutes opté pour une issue pacifique par la négociation, le recomptage, la vérification des PV, le dialogue direct et le respect des institutions souveraines de la Côte d’Ivoire, comme le propose le Président Gbagbo depuis le déclenchement de cette crise, pose un sérieux problème au Camp Ouattara.
La débâcle au sein de RHDP avec la défection de millions de partisans, la fissure profonde au niveau du PDCI et la perte de crédibilité de Ouattara dont les appels à la grève, à la manifestation, à la désobéissance civile et les ultimatums en cascade n’ont été suivis d’aucun effet fragilise fortement son camp et la partie de la « communauté internationale » qui le soutient sans véritable logique…
Plusieurs analystes à travers le monde se posent la question: mais diantre… si les ivoiriens voulaient vraiment de Ouattara, pourquoi ne feraient-ils pas comme les Égyptiens, les Tunisiens, les Libyens, etc. ? Laurent Gbagbo a moins de militaires et de chars de Moubarak ou Ben Ali… Pourquoi donc les ivoiriens par millions ne prennent-ils pas leur destin en mains??? Quand on parle de manifestation pro-Ouattara, on peine à décompter plus de 5000 manifestants [en comptant très très large / l'AFP, peu suspecte de diminuer ces chiffres-là, parle de "centaines" !]… A contrario, quand on parle de manifestation pro-Gbagbo, on assiste à de véritables déferlantes humaines de centaines de milliers de personnes… Qui veut-on berner?
Les ivoiriens haïssent de plus en plus cet homme qui leur inflige les pires calamités au nom d’une pseudo démocratie. Les ivoiriens en veulent aux grandes nations comme la France et les États-Unis qui bafouent tous leurs principes fondamentaux au nom de bas intérêts économiques et pétroliers… Nous croyons que la vérité et la justice seront enfin rétablies et la dignité de la Côte d’Ivoire relevée!"

*

(*) Cf. le rapport de Mr Kokou Koffigoh, Chef de la Mission des Observateurs de l’Union Africaine en Cote d’Ivoire, qui fait des révélations extrêmement graves, sur la « conduite du scrutin », les « assassinats », les « arrestations », « emprisonnements », « vols », « pillages », « fraudes massives » dans la région du nord du pays.
Monsieur Koffigoh parle, dans ce rapport qui fait froid au dos, de femmes dénudées par les rebelles et les partisans de Monsieur Ouattara le jour des élections, de superviseurs chassés des bureaux de vote, et des blocages pour empêcher les scrutateurs de Gbagbo d’accéder aux régions du nord. Monsieur Koffigoh affirme que deux de ses propres observateurs ont été arrêtés et retenus, et que c’est grâce à l’intervention de l’« ONUCI » qu’ils ont pu avoir la vie sauve. Son rapport est soutenu par des « constats d’huissier », des « vidéos », des « photos des victimes » etc...

Après les échecs accablants des tentatives de renversement du Président ivoirien par la rébellion du Golf...

Qu'est-il plus besoin de preuves supplémentaires que Gbagbo est largement soutenu par le peuple ? Blé Goudé appelle à manifester, les rues débordent de monde, Soro appelle à la "révolution", c'est le flop, y compris à Bouaké, tenue par ses troupes... Pas besoin d'être grand clerc pour comprendre que seule la volonté d'éviter le bain de sang que provoquerait la rébellion surarmée qui y tient residence empêche le pouvoir légal d'envoyer la rue mettre fin à l'incruste du Golf...

Tandis qu'Ally Coulibaly fait mine de rêver tout haut devant le public ébloui de ceux qui sirotent la parole de médias le donnant pour l'ambassadeur de Côte d'Ivoire en France...


"Guérilla urbaine, appel à l’insurrection… Soro avoue : 'Nous sommes lourdement armés'"
titre Le Nouveau Courrier N°209 du 21 Février 2011 - article d'Emmanuel Akani :

"Soro Guillaume ne croit pas à un soulèvement populaire contre le president Laurent Gbagbo. Les exemples de la Tunisie et de l’Égypte qu’il appelle de tous ses voeux visent à justifier les actions subversives de la rébellion politico-armée soutenue par l’Onuci et la France.

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Depuis le début de la crise postélectorale, Alassane Ouattara et son prétendu premier ministre, Guillaume Soro, n’ont de cesse d’appeler les populations à se soulever contre le régime en place. Le leader de la rébellion n’hésite pas à citer en exemple les mouvements populaires qui ont emporté les presidents Ben Ali en Tunisie et Moubarak en Égypte.

En fait, le mauvais perdant à l’élection présidentielle du 28 novembre 2010 prépare la reprise des hostilités sur le plan militaire ; avec le soutien de la France, de la mission de l’Onu en Côte d’Ivoire et des va-t-en guerre de la Cedeao. Notamment le Nigeria de Goodluck Jonathan, le Burkina de Blaise Compaoré et le Sénégal d’Abdoulaye Wade. Dans une interview publiée hier sur le site du journal du dimanche, organe de presse français, Soro Guillaume a déclaré que la rébellion armée qui soutient Ouattara est suffisamment «armée» et «déterminée» à engager les hostilités sur le front militaire avec les forces de défense et de sécurité. «Nous sommes prêts, armés et determines à nous défendre. (…) J’ai (ordonné aux rebelles des forces nouvelles d’installer Alassane Ouattara à la présidence) et ce dès le 16 décembre, mais j’ai dû immédiatement leur demander de retourner à Bouaké. (…) Alassane Ouattara comptait sur un ralliement du chef d’état-major des Fanci, le général Mangou. Il voulait éviter à tout prix un affrontement armé.

Malheureusement, ce basculement ne s’est pas produit», a soutenu Soro Guillaume.

Pour lui, aucune initiative ne peut permettre de résoudre la crise postélectorale sans effusion de sang. Pas même le panel des chefs d’État de l’Ua. La solution à la crise réside donc, à son sens, dans la reprise des hostilités. Ces propos de Soro Guillaume sonnent comme une declaration de guerre, quand bien même il reconnait que les signes d’insurrection sont timides au sein des Forces de defense et de sécurité (Fds). «La révolution ivoirienne est en marche et nous allons aider ce soulèvement populaire», se persuade pourtant le leader de la rébellion que Ouattara a élevé contre le sein de la mère patrie.

Les échecs à répétition qui caractérisent son action depuis le début de la rebellion en septembre 2002 font perdre la tête à Soro Guillaume, au point qu’il confond révolution et coup d’Etat. En fait de révolution, il s’agit pour Ouattara et ses hommes de terroriser les populations ; dans l’espoir de les voir se révolter contre les autorités. La rébellion a quitté ses bases et s’est installée dans des quartiers d’Abidjan et des villes de l’intérieur où ses éléments se livrent à la guérilla urbaine. A ce titre, à Williamsville, dans la commune d’Adjamé, les rebelles convoyés sur place s’apprêteraient à entrer en action ce matin. Comme à Abobo, Koumassi le week end, ils vont commettre des violences sur les populations et piller des magasins. Une façon de montrer aux membres du panel qui arrivent aujourd’hui à Abidjan que Ouattara a des partisans. Et que le pays vit dans une insécurité totale. Toutes les initiatives de Ouattara et ses soutiens – loin de saper le moral des Ivoiriens – renforcent leur conviction que leur pays est victime d’un complot international. Aussi les Ivoiriens, toutes obediences politiques confondues, sont-ils déterminés à se battre jusqu’au bout pour sauver la Côte d’Ivoire d’une annexion et d’une recolonisation planifiées.

lundi 21 février 2011

Déstabilisation de la Côte d’Ivoire : La révolution accouche d’une souris


Le chef délégué de la rébellion ivoirienne, Guillaume Soro, avait annoncé une révolution à l’ivoirienne devant démarrer samedi dernier, depuis son fief de Bouaké et qui s’est soldée par un cinglant fiasco.

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Les partisans de Ouattara, avec à leur tête Guillaume Soro avaient annoncé pour aujourd’hui, l’assaut final sur le régime ivoirien, dénommé «révolution orange» ; mais qui en réalité devait démarrer samedi dernier dans plusieurs localités de la zone Cno et dans les communes d’Abobo et Koumassi pour Abidjan. A ce sujet, le Sg des forces rebelles s’était retranché vendredi soir à Bouaké, le fief de la rébellion, où il devrait le lendemain lancer sa révolution, par un giga meeting dans l’enceinte du stade de la Paix de la ville. Sam edi au petit matin, les Fds ont dispersé quelques groupuscules de militants du Rhdp, qui, répondant au mot d’ordre insurrectionnel du «premier ministre» de Ouattara, avaient érigé des barrages à Abobo et Koumassi. Où ils entendaient faire un meeting de lancement de la révolution au rond point de la Mairie pour Abobo et à la place Inch’Allah pour Koumassi.

Devant la maigre affluence de candidats àla révolution, la poignée de militants Rhdp qui est sortie va se livrer à des actes de vandalisme, très tôt circonscrits par les Fds. A Abobo, ils vont abandonner le rond point de la mairie aux mains des Fds pour se contenter d’Anador pendant moins d’une demi-heure, avant de se disperser. Même scénario à Koumassi où les partisans de Ouattara ont brûlé des pneus sur la voie publique et se sont attaqués aux bus et taxis.

Bouaké, Soro fui sa révolution

On croyait que Bouaké, le fief de la rébellion d’Alassane Ouattara, aurait réussi le pari d’un grand rassemblement, samedi dernier, pour lancer la révolution. Que non. Puisque là-bas également, c’est un fiasco total enregistré. Et pourtant, très tôt dans la matinée du samedi, les éléments des Fafn et autres militants du Rdr, «galvanisés» par la présence de Guillaume Soro à Bouaké, vont se diriger par petits groupes en direction du stade de la paix. Malgré les incessants appels à la mobilisation qui ont eu lieu toute la semaine à Bouaké et ses environs, le stade de la Paix est resté étrangement désert aux deux tiers. Les populations en boudant ce rassemblement, ont tenu à exprimer ainsi leur ras-le-bol face aux agissements du camp Ouattara qui ne ménage aucun Ivoirien de quelque bord qu’il soit.

Le «géniteur» de la révolution, Guillaume Soro, n’a pas eu l’outrecuidance de se rendre à ce meeting qu’il a lui-même organisé. Il a fait dire à son représentant, Amadou Koné, qu’il n’était pas bien portant pour être présent au meeting de lancement de sa révolution. Et pourtant, ce même samedi, Guillaume Soro s’est rendu à Lomé pour échanger avec le président togolais, Faure Gnassimgbé, président en exercice de l’Uemoa. D’où il est revenu aux environs de 15h 30mn. C’est évident que le chef rebelle a encaissé le coup de la faible mobilisation dans leur fief de Bouaké et s’est rendu à l’évidence que sa révolution a rendu l’âme avant même de naître. Et pour masquer les choses, Amadou Koné avait évoqué au stade de Bouaké un possible report de ladite révolution. Honte à eux !

Côte d’Ivoire : des parlementaires occidentaux se prononcent (3)

« Questions d’une parlementaire européenne à la Commission Européenne

Posté le 18 février 2011

La Côte d’Ivoire a connu depuis quelques mois une période d’instabilité liée à un processus électoral interrompu avant son terme. Sans prendre fait et cause pour l’une ou l’autre des parties, il est cependant nécessaire de s’interroger sur les causes et conséquences de cette situation dans laquelle l’Union Européenne est intervenue directement, dans la mesure où les sanctions choisies, frappent non seulement les acteurs économiques mais aussi des innocents qui ne sont en rien responsables de cette situation. Les sanctions décidées précipitamment par l’UE ont maintenant des conséquences sur l’ensemble de la sous-région au risque de provoquer des tensions graves entre états souverains.

Ce n’est pas la première fois qu’en Afrique, un pays connaît un processus électoral « équivoque » et « dénaturé » qui aboutit à un blocage de la situation politique du pays.

Il semble que le processus électoral, dans ses fondements juridiques et constitutionnels n’ait pas été respecté et que la CEI et par les représentants de la communauté internationale.

Une élection présidentielle a eu lieu en Côte d’Ivoire dont le résultat est contesté par un des deux candidats. Le Conseil constitutionnel ivoirien a proclamé monsieur Gbagbo vainqueur après avoir invalidé une partie des votes dans certaines régions du pays. Il appartient à son adversaire qui conteste cette décision, d’engager un recours devant les instances juridiques compétentes et d’apporter les preuves qu’il n’y a eu ni fraudes massives ni violences dans les régions du Nord contrôlées par la rébellion des Forces nouvelles qui, en 2002, avaient tenté de renverser Laurent Gbagbo.


1 – La violation des accords de Ouagadougou et la responsabilité de l’UE

Sur cette question, l’exigence de l’article 5 du 4ème accord complémentaire à l’accord de Ouagadougou a, ces dernières années, été mis discrètement de côté par l’ONU et les puissances occidentales (France et Etats-Unis en particulier). Concernant l’ONU, à la lecture des différents rapports du secrétaire général des Nations Unies sur l’ONUCI et des résolutions du Conseil de sécurité sur la Côte d’Ivoire de 2010, la communauté internationale continue, pour légitimer la mission de l’ONUCI, de se référer aux accords de Ouagadougou dans leur globalité.

Dans un rapport du 20 mai 2010, le secrétaire général notait que « (…) le président Gbagbo et le parti au pouvoir ont jugé que la situation en matière de sécurité dans le nord du pays ne permettait pas d’y organiser librement une campagne électorale et d’y tenir des élections libres et régulières. Ils ont par conséquent demandé que le désarmement et la réunification du pays soient achevés avant les élections comme le prévoit le 4è accord complémentaire à l’accord de Ouagadougou. Les partis d’opposition ont accusé le parti au pouvoir et le président d’utiliser ce 4è accord comme prétexte pour retarder indéfiniment les élections ». Et le rapport ajoutait plus loin : « De nombreux interlocuteurs dont le Facilitateur [1] estiment que les questions relatives à ces deux processus (…) doivent être abordés en même temps afin de ne donner à l’une ou l’autre des parties aucun prétexte pour ne pas s’acquitter de ses obligations ».

Ce rapport a pu, de fait, ouvrir la voie à une exécution « flexible » de la condition de « désarmer avant de tenir les élections », ou, pour le dire plus directement, à une non exécution de cette condition. Le glissement observé dans les rapports sur l’ONUCI se retrouve également dans les résolutions successives du Conseil de sécurité. Le Conseil de sécurité reconnaît au passage qu’au moment de la tenue des élections présidentielles, il n’y avait pas de restauration de l’autorité de l’Etat dans l’ensemble du pays ni de réunification de ce dernier !

Dans ces conditions on comprend aisément que le président Gbagbo, sous la pression de l’ONU et des puissances occidentales ait fini par accepter la tenue de celles-ci en 2010, afin de ne pas apparaître comme celui qui ne voudrait pas d’élections du tout, et qu’il ait reçu pour cela des assurances que ces élections se dérouleraient normalement.

Pourtant, au lendemain du premier tour et cinq jours avant le second tour, le 26ème rapport sur l’ONUCI du 23 novembre 2010 estime la sécurité « stable mais fragile » et reconnaît que le désarmement n’a pas été achevé.

Ce rapport reconnaît par ailleurs que l’autorité de l’Etat n’est toujours pas rétablie dans les zones occupées par les Forces nouvelles. Ces dernières continuent de prélever les impôts et les taxes douanières et autres « taxes illégales » et de faire « à leur manière » la police et la justice car, comme le dit le rapport, « en absence d’officiers de police judiciaire et de forces de sécurité déployées, les tribunaux ne sont à même de juger aucune affaire criminelle ». Dans ces zones occupées, les prisons ne sont pas non plus sous le contrôle de l’Etat, particulièrement au nord. Concernant la situation des droits de l’homme, le rapport note des violations de toutes parts et dans toutes les régions, mais souligne que la situation reste« particulièrement précaire à l’ouest » et le respect pour les droits de l’homme est « généralement bas »
Autant dire que les élections n’ont pas respecté les accords préalables à la tenue démocratique de ce scrutin et que la France et l’UE ont cautionné un processus électoral vicié dès l’origine.


2 – La négociation d’abord

Face à cette situation et dans une précipitation qui n’a rien de diplomatique, le Président Français a lancé un ultimatum à monsieur Gbagbo qui, au vu des affrontements potentiels, mettait en péril le contingent militaire français, la communauté des 12 000 ressortissants français et plus généralement les intérêts économiques français présents en Côte d’Ivoire.

Lui emboîtant le pas l’Union européenne a annoncé le 13 décembre 2010 qu’elle menaçait le président de la Côte d’Ivoire et ses proches de sanctions. Les mesures prévues allaient d’un retrait de visas au gel des avoirs financiers détenus par certaines personnes présumées proches de Monsieur Gbagbo.

Le Conseil des ministres des affaires étrangères avait donc publié un texte qui décidait« d’adopter sans délai des mesures restrictives ciblées à l’encontre de ceux qui font obstruction aux processus de paix et de réconciliation nationale et en particulier menacent le bon aboutissement du processus électoral » notamment par « une interdiction de visas et un gel des avoirs ».
L’Union européenne a décidé le 15 janvier de renforcer ces sanctions en décidant le gel des avoirs en Europe de 85 membres du « camp Gbagbo » et de onze entités économiques dont certaines ont une influence directe sur le quotidien des ivoiriens.

Il est à noter que trois personnes figurant sur cette première liste ont été retirées depuis, parmi lesquelles un couple d’entrepreneurs français, qui n’avaient rien à voir avec le contentieux, c’est dire le sérieux de la constitution de cette liste. Il est évident que désormais les juridictions européennes doivent être saisies pour dire si, oui ou non, les principes fondamentaux de l’Union n’ont pas été violés dans cette affaire.
Il n’appartient pas me semble-t-il à l’Etat français ou à l’Union Européenne, pas plus qu’à la communauté internationale, de s’ingérer dans les affaires intérieures d’un Etat souverain. A ceux qui soufflent sur les braises, attisant le feu des tensions inter communautaires, il serait bon de rappeler que la rhétorique va-t-en guerre met en péril la vie de dizaines de milliers d’ivoiriens et d’Européens.

Seules la diplomatie, la négociation et la concertation sont à même de régler l’écheveau de la crise ivoirienne.

Il serait aussi bon de rappeler la règle du « deux poids, deux mesures » qui semble s’installer au sein de la diplomatie européenne en fonction d’intérêts qui échappent à de nombreux observateurs. Je rappelle que la France dans le coup d’Etat au Niger, condamnait la prise de pouvoir « par des voies non constitutionnelles » en appelant au dialogue ! Mais peut-être que la présence d’AREVA dans ce pays expliquait cela !

Je demande donc la constitution d’une commission d’enquête pluraliste à l’échelle européenne qui aura pour mission de déterminer les responsabilités et de proposer des solutions au dénouement de la crise.

- Sur quelle légitimité et sur quels textes se fonde l’UE pour intervenir dans les affaires internes d’une nation souveraine telle que la Côte d’Ivoire ?
- De la même manière, sur quels critères se fonde l’UE pour intervenir, ou ne pas intervenir, dans des situations analogues ou même plus sensibles sur le continent africain ?

- Pourquoi l’UE a-t-elle toléré la violation de l’article 5 du 4ème accord complémentaire à l’accord de Ouagadougou nécessaire à la tenue d’élections libres et démocratiques ?

- L’UE a-t-elle pris conscience qu’en décidant le blocus économique de la Côte d’Ivoire, elle prend le risque d’affamer le pays et par la même d’être à l’origine de conséquences graves pour la paix, les populations civiles et les entités économiques n’étant en rien responsables de ce durable imbroglio diplomatico-juridique ?

- Comment concilier l’inscription sur cette liste avec la violation des principes de l’article 6 de la CSDH qui garantit des droits à un procès équitable ?

- Quels sont les critères qui ont prévalu à l’établissement de cette liste de « proscrits » et sont-ils conformes aux Droits de l’homme tels que protégés par la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ?

- La solution ne réside-t-elle pas dans la tenue d’un autre « second tour » après que, en accord avec les parties, toutes les conditions (accords de Ouagadougou) soient réunies pour que l’exercice plein et entier de la souveraineté du peuple ivoirien soit garanti ? »


Ah oui, dernier point, le texte ci-dessus est de Marine Le Pen.

Il faut avouer que ça a une toute autre allure en matière de diplomatie et de politique étrangère que le brouillon que nous déploient les "responsables" actuels non seulement sur la Côte d’Ivoire, mais en général (hélas mon général) – et à l’appui, hélas (contre la Côte d’Ivoire), des "responsables" du PS ! Cf. http://www.sanfinna.com/aucourantdelaplume.htm et http://ci.telediaspora.net/fr/visuelvideo.asp?Idmedia=10690&idchaine=1&cat=0&tipe=0

Voilà qui augure décidément, tout ceci ajouté à tout cela, d’une élection de 2012 en France qui pourrait être aussi folklo que celle de 2010 en Côte d’Ivoire. Au point qu’on pourrait se demander si ce n’est pas pour cela que l’on manœuvre avec l’Onuci : ça pourrait servir en 2012... à Paris !




Côte d’Ivoire : des parlementaires occidentaux se prononcent (2)

Un député français UMP.

« […] La communauté internationale a paradoxalement soutenu ceux qui se sont maintenus en Tunisie et en Égypte contre le peuple, mais en Côte d'Ivoire cela semble être l'inverse… N'est-ce pas surprenant ?

Ce qui me frappe beaucoup, c'est que les événements qui ont secoué le monde ces derniers temps ont montré qu'il y avait de la part de la diplomatie officielle française un formidable éloignement des réalités du terrain et des aspirations des peuples. Comment expliquer qu'au mois de décembre dernier, des élections se soient produites en Égypte dans des conditions scandaleuses, ignobles, indignes, avec des pressions et des violences... De nombreux pays ont exprimé leur réprobation, mais la France a fait un silence total. En Tunisie, lorsque les députés ont prévenu la ministre des Affaires étrangères qu'il y avait un pouvoir politique dictatorial très puissant, eh bien, c'était le silence radio. En revanche - c'est là où il y a deux poids deux mesures - le scandale de l'époque, c'était uniquement la Côte d'Ivoire : la version officielle consistait à dire que le Président proclamé élu par les institutions de son pays, le Conseil constitutionnel, devait être déclaré autoproclamé et qu'une commission indépendante composée d'étrangers et de 80% d'opposants au président sortant devait donner la légitimité à son adversaire ! Ces deux poids deux mesures sont absolument inexplicables. C'est pourquoi je trouve tout-à-fait légitime le voyage de parlementaires français en Côte d'Ivoire, parce qu'il est à l'honneur de ces parlementaires de vouloir comprendre la réalité du terrain et de ne pas s'en tenir à une diplomatie totalement éloignée du peuple.

Donc, selon vous, il faut que des parlementaires français aillent en Côte d'Ivoire…

Bien sûr ! Il est normal, compte tenu de l'éloignement de la politique officielle des réalités du terrain, que des parlementaires aillent voir sur place ce qui se passe. Ils répondent même à un vœu exprimé par le président Sarkozy pendant sa campagne électorale, où il disait qu'il ne fallait pas confier la diplomatie uniquement aux diplomates professionnels et que les élus devaient s'y impliquer davantage. Le fait d'avoir interrompu le projet de visite de parlementaires français en Côte d'Ivoire est très choquant au moment où la liberté d'expression a remporté une grande victoire en Tunisie et en Égypte. Comment comprendre qu'au même moment, en France, on veuille supprimer la liberté d'une enquête indépendante de la part de parlementaires ?

Vous évoquez ce projet de voyage de parlementaires français en Côte d'Ivoire : l'Élysée et le Quai d'Orsay ont clairement interdit à trois députés de partir…

C'est à contretemps et c'est à l'inverse de l'évolution en Afrique où l'on va vers plus de liberté d'expression. L'intérêt d'un tel voyage de parlementaires, c'est qu'ils venaient par leurs propres moyens et non avec un avion financé par le gouvernement français ou le parlement. En effet, lorsque les parlementaires arrivent en voyage officiel, ils sont figés, ils doivent manier la langue de bois et la conclusion qu'ils tirent généralement, après avoir accumulé de nombreuses informations, correspond exactement à celle dont ils étaient porteurs au départ… Là, il s'agit de parlementaires qui venaient simplement porter un regard indépendant, et aussi objectif que possible, sur la situation ivoirienne.

Ainsi, même si cela met en colère Nicolas Sarkozy ou François Fillon, vous dites à vos collègues parlementaires : ayez un peu de courage, n'oubliez pas que vous êtes des élus de la Nation...

Je dis toute mon estime à ces parlementaires. Le président Obama a rappelé une vérité très profonde, qui est que l'Afrique a besoin que l'on respecte les institutions des pays en évitant d'entrer dans les questions de personnes. C'est donc dans ce respect que les députés français peuvent aller parler aux représentants du peuple ivoirien, qui traverse des difficultés, pour leur dire leur amitié, leur considération et leur dire que nous avons confiance en eux pour régler eux-mêmes leurs propres problèmes.

Au cours de ces dernières semaines, on a remarqué, notamment lors des questions au gouvernement, que chaque fois que des députés interrogent François Fillon ou Michèle Alliot-Marie sur la Tunisie ou sur l'Égypte, ils sautent comme des cabris : «La Côte d'Ivoire, la Côte d'Ivoire…» Cela semble une obsession…

Je ne critiquerai pas Michèle Alliot-Marie, parce qu'on ne peut pas critiquer quelqu'un qui arrive ministre des Affaires étrangères et qui ne connaît rien du terrain des pays étrangers ! Le fait d'aller en touriste dans un pays comme la Tunisie ne vous ouvre absolument pas les yeux sur la réalité sociale de la Tunisie... Donc, ils cherchent des critiques sur la Côte d'Ivoire et je ne comprends pas l'attitude du gouvernement français à l'égard de la Côte d'Ivoire. Cela justifie donc une visite de parlementaires français dans ce pays. Il y a une espèce de personnalisation du problème de cette présidentielle qui ne nous regarde pas. En d'autres termes, le gouvernement français s'est mis dans une impasse. C'est ce que j'ai dit il y a près de deux mois : on ne se mêle pas des problèmes intérieurs d'un pays indépendant. »


Il s’agit de Didier Julia, député UMP de Seine-et-Marne et membre de la commission des affaires étrangères.

« Il reste fidèle à ses idées », dit la présentation de Kernews : « Tout le monde reconnaît qu’il a toujours eu une vision juste des problèmes liés à l’Afrique et au monde arabe. Cette semaine, il évoque l’actualité et se prononce pour ce qu’il appelle «la diplomatie parlementaire». En effet, l’Elysée et le Quai d’Orsay viennent d’interdire à des députés UMP de se rendre en Côte-d’Ivoire. Or, Didier Julia estime que la diplomatie parlementaire doit jouer son rôle. Des propos qui risquent encore de déplaire à Michèle Alliot-Marie… Didier Julia était l'invité de Yannick Urrien mercredi 16 février à 8h10. »

Interview sur Kernewsenregistrement ici.

Côte d’Ivoire : des parlementaires occidentaux se prononcent (1)

Un parlementaire canadien, ex-député fédéral de Trois-Rivières :

« Complot occidental en Côte d'Ivoire: une évidence

Publié le 18 février 2011

« En 2001, j'étais membre d'une délégation internationale supervisée par l'ONU et composée de cinq parlementaires provenant d'autant de pays, mise sur pied aux lendemains de l'arrivée au pouvoir de Laurent Gbagbo en octobre 2000.

La délégation avait pour mission de faire le point sur la situation en rencontrant divers intervenants du monde politique, syndical, diplomatique, religieux, groupes de pression et autres, jusqu'au président Gbagbo lui-même. Sans doute à cause du traitement médiatique local et international, c'est avec un préjugé défavorable au président Gbagbo que j'arrivai en Côte d'Ivoire.

La rencontre avec le président Gbagbo fut pour moi déterminante. Lui, que tous identifiaient comme étant le responsable de tous les problèmes de son pays, m'est apparu comme un homme bon, qui répond honnêtement aux questions, même aux plus insidieuses, un humaniste qui veut le bien de son peuple - et celui de toute l'Afrique - et qui désire avant tout ramener la paix et la réconciliation nationale. Mais c'est lors d'une rencontre de la délégation avec une vingtaine d'ambassadeurs que l'hypothèse d'un complot m'est apparue

En effet, j'ai vu et entendu les membres de cet aréopage dénigrer, voire diaboliser le président de la République, élu démocratiquement, en le traitant comme un indésirable, un trouble-fête dont il faut se débarrasser parce qu'il refuse de s'incliner et de se comporter, comme le disent les Africains, en «chef d'État-paillasson».

Aussi, cet officier de l'ambassade des Pays-Bas qui me glissa à l'oreille : «Sachez, monsieur le député, que dans un an d'ici, Gbagbo ne sera plus là!». Nous sommes alors en 2001 et aucune élection présidentielle n'est prévue avant 2005!

Environ 18 mois plus tard, le 19 septembre 2002, survenait un coup d'État militaire... Rapidement chassés d'Abidjan, les rebelles se replient en force dans le nord du pays dont ils prendront le contrôle. Ce sera la partition.

Mais pourquoi toute cette hargne envers Gbagbo? Parce que les Occidentaux n'en ont que pour un autre candidat à la présidence, fidèle serviteur des intérêts occidentaux, tant à titre d'ex-premier ministre de la Côte d'Ivoire, imposé par Paris, qu'à celui d'ancien haut dirigeant du FMI. Cet homme, c'est Alassane Ouattara. Jouissant d'une fortune personnelle importante, il est connu des milieux financiers, politiques et médiatiques d'Europe et d'Amérique.

Proche, et semble-t-il parrain des rebelles, Ouattara peut compter depuis 2002 sur l'appui des présidents Chirac et Sarkozy, lui qui parle même de son «ami Ouattara», qui feront tout pour amener l'ONU à légaliser la présence des rebelles hors-la-loi, allant même jusqu'à les ennoblir en 2004 du titre de «Forces nouvelles» (FN).

Jamais, malgré plusieurs engagements en ce sens, les rebelles n'ont accepté de rendre les armes et jamais ils n'y ont été contraints, ni par la France, ni par l'ONU. Malgré ce contexte, Gbagbo est forcé, en 2010, de déclencher des élections présidentielles marquées, dans le nord, par de nombreuses malversations et violences, d'ailleurs reconnues par le représentant de l'ONU en Côte d'Ivoire, sans que jamais la communauté internationale ne soit tentée de faire la lumière et de connaître la vérité. Petit exemple: dans le nord, dans environ 2200 bureaux de scrutin, le nombre de votants dépasse le nombre d'électeurs inscrits et dans plusieurs cas aucun vote en faveur de Gbagbo n'est enregistré, même pas ceux de ses deux représentants!

Les tensions résultant de ce contexte postélectoral, où deux candidats se disent présidents, risquent de dégénérer en un terrible bain de sang.

Pour tenter de remédier à cette situation, l'Union africaine (UA) a récemment décidé de mettre sur pied un panel regroupant les chefs d'État de cinq pays africains.

Espérons que cette nouvelle mission parviendra à faire connaître la vérité sur les événements qui se sont déroulés avant, pendant et après ces élections présidentielles. »

L'auteur, Yves Rocheleau, a été député fédéral (Bloc québécois) de Trois-Rivières de 1993 à 2004.


http://www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/opinions/201102/18/01-4371828-complot-occidental-en-cote-divoire-une-evidence.php
http://resistances.akwedo.com/post/3404621572/complot-occidental-en-cote-divoire-une-evidence

dimanche 20 février 2011

Décidément, Sarkozy n'est pas suffisamment entré dans l'histoire

Lu dans San Finna, hebdomadaire burkinabè n°604 du 21 au 27 Février 2011 :

"DE TUNIS A MEXICO
LA DIPLOMATIE FRANÇAISE EN CHUTE LIBRE


Par quelque bout qu’on prenne la diplomatie française depuis l’avènement de Nicolas Sarkozy au pouvoir, elle n’apparaît pas en tout cas comme le domaine qui inscrira le président français au Panthéon des grands hommes d’Etat français. Il a eu pourtant sur ce plan, beaucoup d’initiatives infructueuses pour se tailler une enveloppe d’homme d’Etat international. 

COMPLICITES DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

Ben Ali et Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy et Felipé Calderon

Avec les USA, ça n’a pas vraiment marché, la lune de miel. On a tôt fait de lui rappeler que la grandeur d’un homme d’Etat se mesure à la grandeur de son pays et que l’amour platonique n’existe pas entre Etats.
Avec l’Europe, on a fait mine, par politesse, d’accepter son activisme mais finalement, il est vite apparu agaçant, même pour les plus accommodants comme Angela Merkel et il a dû quelque peu rentrer dans ses petits souliers.

Avec les pays émergents, on ne peut pas dire qu’il ait trouvé un créneau pour panser ses déceptions et mieux faire valoir ses ambitions. La plupart de ces pays ont l’œil rivé sur un futur où ils voient la France derrière eux, et lorsque dans ce lot, on s’appelle la Chine, on peut même se permettre des vexations sans s’attirer ni colère ni remontrance. La Guerre de l’opium, c’est bien loin !

L’Afrique apparaissait par contre le territoire où la diplomatie française espérait, même en recourant à la politique de la canonnière, préserver ses zones d’influence. Mais la Coloniale n’est plus ce qu’elle était ! Et cette mutation s’exprime de mille manières.

Dans les pays arabes,  la révolution qui gronde n’est rien moins qu’une forme de désaveu de la communauté internationale et particulièrement de la France et des USA. Si ces pays arabes sont devenus ce qu’ils sont (des zones de dictature où l’arbitraire aidant, le sang a fini par couler) c’est bien parce qu’on a développé en ce qui les concerne, des théories les plus bizarres, les encourageant à évoluer dans la marginalité démocratique. Ces pays, disait-on, n’ont pas vocation naturelle à vivre en démocratie : il y a comme incompatibilité structurelle entre Islam et démocratie.  D’ailleurs, ils réussissent finalement bien, affirmait-on, dans leur type de gouvernance car finalement, de quoi ont besoin les peuples d’Afrique (du Maghreb ou de l’Afrique au sud du Sahara) sinon que de nourriture, d’éducation, de soins de santé ? Les  libertés formelles ne nourrissent pas tant que ça son homme ! Et on faisait les louanges à n’en plus finir d’un Ben Ali, d’un Moubarak…  joignant même la parole à l’acte, on aidait ces pays « exemplaires » à maintenir le rythme de croissance et la stabilité grâce à des livraisons d’armes, de matériel de surveillance et de maîtrise des faits d’émeute.

Les Tunisiens, les Egyptiens et les autres peuples arabes qui sont en train de suivre leur exemple, disent aujourd’hui à la communauté internationale, ceci :« Vous êtes les auteurs moraux, les commanditaires de ce qui nous arrive. Vous nous avez encouragés à ne pas pratiquer la démocratie, vous nous avez armé pour réprimer ceux qui la revendiquaient, vous avez recélé les fonds détournés par les dictateurs et planqués dans vos banques ; tout ça pour les besoins de vos propres croissances. Vous êtes donc aujourd’hui comptables de ce qui arrive à nos pays comme le sont les dictateurs que vous avez longtemps maintenu au pouvoir ». C’est ça la vérité.


DIFFICILE RECONVERSION DEMOCRATIQUE

Si très vite, les USA en ont tiré les leçons, mettant fin aux célèbres impairs du vice-président Joe Biden et de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton (qui tentaient encore de venir en aide à l’Ami Moubarak pour changer de cap en se convertissant à la vitesse de la mouche du coche en défenseur de la démocratie voire même en instigateur), en France, la reconversion a été lente et difficile. Les impairs se sont multipliés et les découvertes de connexion jusqu’aux derniers jours de dictature,  ne pouvaient que compliquer les choses.

C’est alors qu’en interne, l’Affaire Laetitia  est arrivée. En prenant à bras le corps ce dossier, en montrant le souci du pouvoir vis-à-vis de ce secteur sensible de la Justice, on pouvait détourner les regards de l’extérieur en touchant la corde émotive des Français. Mais le gouvernement français a manqué de manière. Les mots forts prononcés contre la Justice, emportant non seulement immixtion mais aussi condamnation sans procès des magistrats, ont entraîné une révolte peu connue dans ce monde plutôt astreint à la réserve.
Le gouvernement, alors, dont le crédit chutait en proportion des gaffes de son ministre des Affaires étrangères, a cru voir dans le dossier Florence Cassez, ce secours qui pourrait tout effacer pour lui permettre de tout recommencer.

Florence Cassezen 2008, dans sa prison
(Photo AFP/RONALDO SCHEMIDT)

Une jeune Française, belle, condamnée (dans une prison où l’on n’est pas tendre avec les détenus) à la peine démesurée de 60 ans pour enlèvements, ça vaut en cette période pré-électorale, de battre le ban et l’arrière-ban pour aller sauver ce morceau de France à l’étranger. Si on a pu le faire au Tchad, pourquoi ne le pourrait-on pas au Mexique ? Alors, « allons-zy, allons-zon » !

Mais finalement, c’est le grand flop ! On a oublié que le souci de la défense des ressortissants français à l’étranger ne pouvait pas s’accommoder d’une diplomatie intrusive, marchant par le commandement, le comminatoire comme au plus fort de la période coloniale. Cette époque-là est terminée en Afrique en 1960 comme elle est terminée depuis 1867 après  la chute de  Maximilien que Napoléon III avait envoyé au Mexique en 1864 pour tenter d’implanter un Empire bis.

La réaction actuelle du Mexique, Etat souverain, jaloux de son indépendance, est en tout point pareil à celle de la Côte d’Ivoire : ce n’est pas à la France de venir décider à la place des organes suprêmes de nos pays, ce que doit être le Droit. En  Côte d’Ivoire, un Conseil constitutionnel a tranché en matière électorale en dernier recours ; nulle autre instance, nulle autre puissance étrangère, ne peut venir la contraindre de réformer son jugement ni même tenter d’évoquer le contentieux pour trancher directement en faveur du candidat de son choix ! Au Mexique, la Cour de cassation a confirmé la condamnation à 60 ans de prison de Florence Cassez. Elle est peut-être injuste, surtout que la demoiselle clame son innocence, mais c'est ainsi. Nulle autre juridiction en cette matière pénale ne peut plus dire quoi que ce soit dans cet arrêt définitif. Dans un cas comme dans l’autre (Côte d’Ivoire, Mexique), nous avons des affaires passées en force de chose jugée. Ca, c’est le Droit qui est appliqué dans tous les pays de Droit, qui obéissent aux standards internationaux en la matière.

Voilà que des pays moins développés économiquement et démocratiquement que la France font des leçons de droits de l’Homme et de démocratie au pays qui s’en réclame être la patrie universelle !

Mais le comble, dans tout cela, c’est qu’on se coupe toujours les cheveux en quatre pour savoir pourquoi, alors que ses prestations sont si affligeantes pour l’image de la France et la sienne propre, Nicolas Sarkozy persiste à garder sa MAM (Michèle Alliot-Marie). En Afrique, certains ont trouvé l’explication depuis bien longtemps à travers ce proverbe : «Quand un âne veut vous terrasser, vous ne voyez plus en lui aucune partie où vous approcher, même pas les oreilles ». Peut-être bien qu’à force,  la Côte d’Ivoire, les pays arabes et le Mexique, risquent bien de confirmer ce dicton pour ce qui concerne Nicolas Sarkozy à la prochaine présidentielle !"


Recompter : version Ban Ki-Moon / "injuste", ou version Choï / "trop tard" ?


Urne

Alors que l'Onu par son SG Ban Ki-moon avait défendu, le 30 janvier dernier, juste avant l'ouverture de la 16ème session ordinaire de l'Union Africaine que le recomptage des bulletins serait "une grave injustice", Choi nous apprend que les "bulletins ont été détruits" :

"Les bulletins de vote n'existent plus. Après le second tour, on a établi des procès-verbaux pour chacun des 20.000 bureaux de vote et les bulletins ont été détruits".

Voilà qui est plus simple, à la veille de la venue du panel qui risquerait de proposer de recompter. Choï vole à la rescousse de son chef et de... lui-même.

Puisque connaître la vérité serait injuste, autant déclarer que de toute façon on ne pourra pas la connaître.

"Qui a détruit les preuves et à qui profite le crime ?" demande Le Nouveau Courrier.

  


Urne

samedi 19 février 2011

Appel du Golf à "manifestation". Encore un flop...

... Flop !... Au grand désespoir des médias de la "communauté internationale" qui donnent les chiffres vagues de la police de ladite "communauté internationale" : "quelques centaines" de "manifestants", et ne trouvent que des photos où on en compte largement... une ou deux dizaines. Bref, de moins en moins au fur et à mesure des flops.

Et cette fois, on nous annonce une dispersion au lacrimogène. Ce qui s'interpéte aisément pour qui sait lire la langue de bois habituelle des médias de la "communauté internationale" : les "manifestants", grâce au couvre-feu de la nuit précédente, n'ont pas pu venir avec leurs kalachs et autres lance-roquettes.

L'effet recherché par le Golf/"communauté internationale" : obtenir ainsi quelques morts - et pourquoi pas parmi les FDS : les médias "internationaux" oublient régulièrement ce détail - aurait été du meilleur effet pour la venue, lundi, du panel de l'UA. L'effet recherché est donc raté... On se contentera de "quelques centaines" et de "gaz lacrimogènes" : c'est déjà ça de pris.

Langue de bois : les lecteurs des médias "internationaux" sont de moins en moins dupes. Citations de commentaires dans Nouvelobs.com :


Kimbayred
Impatialité
Il serait bon de faire part des informations concernant la CI de façon impartiale.
Pourquoi toujours mettre en avant ce que fait le camp Ouattara en essayant de le décrire comme le chevalier blanc de la démocratie ?
Ce qu'il n'a jamais été quand il était premier ministre de Houphouët-Boigny. Ce jour est la date anniversaire de l'emprisonnement de Gbagbo, sa femme et son fils par .. Ouattara.
De plus, pourquoi les médias français sont-ils si silencieux sur ce qui se passe encore en Afrique noire ? Les révoltes qui secouent le monde arabe, secouenr également cette région dirigée par les mêmes despotes : Ali Bongo, Sassou, Biya, Déby, Kabila, Compaoré, Déby, Gnassingbé sont confrontés à la révolte de leurs peuples, mais pas un mot dans la presse française. Pourquoi ?
Remarquez aussi, que des mainfestations de soutien à Gbagbo ont lieu ici aussi, mais silence radio.
Etrange presse de la communuaté internationale !!!

CITOYEN
dans les rues
le peuple ivoirien a choisi Laurent ... le reste n'est que littérature gauchiste nostalgique des colonies !!! au moins que Ouattara se retire dignement ...

lillian06
là où il a révolte, les gens se rassemblent
Soit les forces de polices ivoiriennes ont bénéficié du "savoir faire français" en matière de gestion de foule... soit il n'y avait personne! Le camp Ouattara a appelé à la grève générale... chou blanc! La révolution... encore raté! Il faudra donc en conclure un jour, que dans le Palais présidentiel... c'est celui qu'ils ont élu, que le peuple ivoirien considère occupant le poste! C'est certain que pour les mondialistes... c'est pas le bon... Mais, est-ce eux qui détiennent la vérité dans ce monde? Plus le temps passe, plus les efforts internationaux pour chasser Gbagbo montrent que c'est de l'ingérence post-coloniale, et que ça ne marchera pas! Il faut s'y résoudre, Ouattara ne sera jamais président, là!

 

"Quelques centaines" version AFP / photo AFP

(Cf. ici "quelques milliers" selon la même AFP
lors d'une manif pro-Gbagbo / la photo cette fois n'est pas  de l'AFP !
Et ici "une poignée" - toujours pro-Gbagbo - selon Villepin en 2003)


Contre la violence militaro-économique

Déclaration résistante

« LES BANQUES, ON LES FERME, LES BANQUIERS ON LES ENFERME ! »


BNP ET SOCIETE GENERALE ETRANGLENT LA CÔTE D’IVOIRE,
ÉTRANGLONS BNP ET SOCIETE GENERALE !


Sur ordre du gouvernement sarkosyste, les deux banques BNP et SOCIETE GÉNÉRALE viennent de fermer sans avertissement leurs agences en Cote d’Ivoire, plongeant des dizaines de milliers d’Ivoiriens dans la faillite, la famine et l’angoisse !!!

Déjà des voix s’élèvent en Afrique et en Europe pour dénoncer ce coup d’Etat économique, se revanchant sur les populations ivoiriennes des échecs de la diplomatie française.

Les deux banques doivent être indexées par les patriotes panafricains : déjà certains citoyens de Dakar, Yaoundé ou Kinshasa demandent le retrait des dépôts des particuliers, entreprises et fonds d’Etat de ces deux banques !

Bien plus les démocrates d’Europe et d’ ailleurs peuvent retirer leurs fonds et clôturer leurs comptes !

La dénonciation de ces pratiques néocoloniales peut se faire par blogs, forums et conférences de presse pour les toucher au seul endroit où ça leur fait mal : au portefeuille !

Des sanctions ciblées doivent être prises contre ces « criminels économiques » : procès, amendes, interdictions de séjour, etc…

Du côté de ceux qui inspirent ces sanctions à la « République du Golf », une récupération sociale pourrait s’effectuer sur les biens de ces irresponsables ; saisies des comptes et des luxueux biens des rebelles – à Abidjan, Ouagadougou et Paris ! Dénonciation des rackets et criminalisation de leur « gouvernance par la violence », action en France contre les « biens mal acquis » de la dictature rebelle et de leur mentor !

Le remboursement des biens bancaires saisis s’effectuera-t-il au « Golf hôtel » ?

N’oublions pas les courriers, mails et téléphones de ces deux banques - disponibles sur Internet -, pour les faire plier, les dénoncer encore et encore jusqu’à ce que la spoliation se finisse et que justice se fasse !

vendredi 18 février 2011

Suite à la nationalisation des banques spoliant leurs clients en fermant leurs agences

Résister !

... Alors que l'AFP note la présence des FDS, la rue d'Abidjan bruit de la présence de Licorne (mais pas l'AFP...) Cf. écho ici.

Signe que la tension est vive...

La guerre imposée à la Côte d'Ivoire s'intensifie avec sa phase économique et alors que la tentative Golf/"communauté internationale" de couper les ressources des plus pauvres est tenue en échec.

 

Crise ivoirienne : Interview de l’écrivain Calixte Beyala

 

1ère partie


 

2e partie


 

3e partie


 

La Bicici et la SGBCI nationalisées

Sur DirectScoop.net :

"Le président Gbagbo réquisitionne la Bicici et la SGBCI

Le président ivoirien Laurent Gbagbo a décidé de « prendre le contrôle » de banques qui ont fermé cette semaine dans le pays, notamment les filiales des banques françaises BNP Paribas et Société Générale, a-t-on appris jeudi de source officielle.

Après les fermetures de ces banques, le Chef de l’Etat Laurent Gbagbo « a pris des décrets afin que l’Etat de Côte d’Ivoire prenne le contrôle par une prise de participation totale et complète dans le capital de certaines de ces banques », indique un communiqué lu par le porte-parole de son gouvernement, Ahoua Don Mello, sur la télévision publique RTI.

« Il s`agit entre autres de la SGBCI et de la Bicici », respectivement filiales de la Société Générale et de BNP Paribas, a-t-il précisé.
Le président ivoirien Laurent Gbagbo entend « préserver les emplois et assurer l’accès des Ivoiriens et des opérateurs économiques à leurs avoirs » dans « les plus brefs délais », a-t-il ajouté."

la vigilance reste de mise.

Voir aussi.


jeudi 17 février 2011

Intervention du Député Mamadou Ben Soumahoro après les Accords de Linas-Marcoussis : prophétique




Ouverture et clôture de la 1ère session extraordinaire
de l’Assemblée nationale ivoirienne
après les « Accords de Linas-Marcoussis » :
Intervention du Député Mamadou Ben Soumahoro

mercredi 16 février 2011

Côte d’Ivoire – Asphyxie financière. La presse occidentale craint une révolution anti-Ouattara

Lu sur DirectScoop.net :

PARIS –  La presse française s’est  faite l’écho mardi de « difficultés économiques » que rencontrerait la Côte d’Ivoire consécutivement à « la guerre économique lancée par Ouattara »,  avec le soutien de l’Union Européenne (UE), contre le gouvernement ivoirien.

Plusieurs journaux français n’ont pas manqué de relever  la fermeture mardi de 2 filiales de banques françaises et américaines. Le quotidien catholique La Croix, se fondant sur le témoignage d’un « habitant d’Abidjan », s’inquiète d’une montée du sentiment anti-français. «… c’est à cause de Ouattara. L’hostilité monte aussi contre la France », aurait révélé cette source à propos desdites fermetures.

L’Expansion.com, un site d’informations lui, voit en cet engagement de l’Europe un piège pour l’opposant Ouattara. Pour ce magazine, la volonté d’ «asphyxier financièrement » le Président Laurent Gbagbo pourrait se retourner contre l’opposant Ouattara.

«…l’étouffement financier du président [Laurent Gbagbo] a des conséquences dans la vie quotidienne des Ivoiriens. Privés d’argent, ces derniers pourraient se retourner contre » Alassane Ouattara, peut-on lire sur le site.

Depuis la réélection du Président Laurent Gbagbo avec  51,45%, la France tente d’imposer sans succès son adversaire Alassane Ouattara, un proche de Nicolas Sarkozy. Elle multiplie les ultimatums, menaces et autres sanctions par l’entremise de l’Union Européenne, préconisant « une asphyxie financière » de l’économie du pays.

Dépêche DirectScoop.net

 

Des Avocats du Tpi répondent au Procureur de la Cpi : «Vous avez un parti pris scandaleux»

"Nous sommes un groupe d’avocats près le Tribunal pénal international pour le Rwanda (Tpir), basé à Arusha en Tanzanie, et également près la Cour pénale internationale basée à La Haye, aux Pays- Bas.

Nous sommes interpellés par les évènements qui se déroulent en Côte d’Ivoire et qui ne laissent aucun Africain indifférent. Notre appartenance au système de la Justice internationale, nous conduit à nous étonner des propos tenus par le procureur près la Cpi, M. Moreno- Ocampo. Lesquels propos s’apparentent clairement à des menaces contre une des parties à ce litige, et plus précisément contre le camp du Président Laurent Gbagbo.
Cette immixtion intempestive du procureur de la Cpi dans ce litige tend à montrer le dessein de celui-ci à transformer cette auguste Cour en une arme politique au service exclusif des puissances occidentales.


On est en droit de se demander à quel moment M. le Procureur de la Cpi a mené ses enquêtes pour indexer un camp comme étant le responsable des crimes qui ont pu se commettre en Côte d’Ivoire après les élections.
Cette position qui est le reflet de celle annoncée au lendemain des élections par certaines puissances occidentales nous conduit à redouter que M. Moreno-Ocampo ne montre qu’un parti pris proprement scandaleux. Et si c’est le cas, nous sommes bien aux antipodes du noble esprit qui a prévalu à la mise en place de la Cour dont il est le procureur.
En effet, M. Moreno- Ocampo semble vouloir utiliser l’opportunité des poursuites qui est son privilège, à des fins politiques, et semble très clairement dire au Président Gbagbo : « Quittez le pouvoir, cédez votre place à M. Ouattara, sinon nous vous poursuivrons pour crimes contre l’humanité etc. »
On se souvient que récemment, M. Moreno- Ocampo n’a pas hésité à pointer du doigt et citer nommément le ministre Charles Blé Goudé comme devant faire l’objet de poursuites devant la Cpi.
Et ce faisant, le procureur a désigné un suspect avant même de déterminer le crime commis, ce qui montre un parti pris proprement scandaleux !
Le procureur Moreno- Ocampo est-il dans l’esprit qui a prévalu à la mise en place de cette Cour pénale internationale quand il agit de la sorte ?
Il apparaît que non, et une telle attitude si elle persiste va retirer toute sa crédibilité à cette Cour." [...]

Me Josette Kadji (avocat au Barreau du Cameroun et près le Tpir et la Cpi)
Me Jean de Dieu Momo (avocat au Barreau du Cameroun et près le Tpir)

Suite et article complet sur Ivoirediaspo.net.