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Tant que les lions n'auront pas d'historiens, les histoires de chasse tourneront à la gloire du chasseur - Le mensonge se lève très tôt mais la vérité finit par le rattraper - Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage

mercredi 9 février 2011

"Le Gabonais André Mba Obame contre-exemple de l'Ivoirien Alassane Ouattara ?"

San Finna - Hebdomadaire burkinabè - n°602 du 07 au 13 Février 2011 :

"La situation que connaît le Gabon inspire forcément des comparaisons avec celle que vit la Côte d’Ivoire. Dans l’un comme dans l’autre pays, il y a querelle de légalité, de légitimité, au plus haut niveau de l’Etat. En Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara revendique un score de plus de 54 % à la présidentielle au détriment de Laurent Gbagbo : c’est sur la base de la proclamation provisoire des résultats (illégale dans la forme comme dans le fond) par le président de la CENI à l’Hôtel du Golfe. Au Gabon, André Mba Obame réclame la victoire contre Ali Bongo, estimant avoir gagné avec 52 % de voix. C’est ce qu’a confirmé un film documentaire qui a estimé que les chiffres avaient été inversés en faveur du fils de feu Omar Bongo, avec la complicité des services secrets français. Dans un pays comme dans l’autre, on assiste à une duplication d’organes gouvernementaux avec en toile de fond, l’imputation de la France dans toute cette panade.

Manifestations à Libréville

Mais comment réagit cette dernière par rapport à ces deux pays ? De façon totalement opposée, il faut le dire.

Pour le Gabon, on retiendra que la France, patrie des droits de l’homme, respectueuse des principes universels qui fondent la démocratie, ne saurait substituer sa propre volonté à celle d’un peuple pour lui imposer un président. Le pays de Sieyès, de Lamartine, de Victor Hugo, respecte les institutions, les lois, les constitutions des autres pays comme elle respecte les siennes. Et évidemment, comme il s’agit d’un pays d’expression française, les Etats-Unis comme la Chine ont embrayé sur le même registre : le seul président est Ali Bongo. Et les zones d’influence sont ainsi respectées. Les USA ont beau jeu de demander «le respect de la loi gabonaise et de la Constitution».

Cette position partagée est ainsi relevée par le journal « La Voix du Peuple Gabonais » du 03 février 2011, en ces termes : « Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valéro, a invité le 2 février les acteurs politiques gabonais au respect de la Constitution. Pour son pays, la victoire d’Ali Bongo au scrutin du 30 août 2009 ne souffre d’aucune contestation. A la faveur d’une conférence de presse tenue le 2 février à Paris, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valéro, s’est exprimé sur la situation politique actuelle du Gabon, consécutive à la prestation de serment d’André Mba Obame, secrétaire exécutif de l’Union nationale (UN, opposition), le 25 janvier à Libreville. ‘Les résultats du scrutin présidentiel qui s’est tenu le 30 août 2009 ont été validés par la Cour constitutionnelle du Gabon’ ». Voilà qui est bien dit, qui du reste est tout à fait dans le ton de ce qui se dit en ce moment par rapport à la Tunisie et l’Egypte. Là-bas aussi, la France ne saurait commettre la grave faute de soutenir qu’un président doit quitter le pouvoir, d’en appeler à un autre pour assumer les charges présidentielles ou de s’immiscer de quelque manière que ce soit dans les affaires intérieures de ces pays.

La belle affaire ! Si tel était le cas, pourquoi avoir adopté une attitude tout à fait opposée par rapport à la Côte d’Ivoire ?

A ce qu’on sache, là-bas aussi, il y a une loi fondamentale, des organes mis en place en fonction de cette constitution, des institutions fonctionnant dans le respect de la hiérarchie des normes juridiques. Qu’est-ce qui explique alors que les dirigeants français, s’agissant de ce pays, se permettent de harceler des présidents d’institutions par des coups de téléphone, des notes, pour leur donner des instructions contraires à celles de leurs dirigeants ? D’où vient qu’à partir de capitales étrangères, le président français puisse, sur un ton autoritaire, définitif, ordonner au président Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir dans les 48 heures sous peine de sanctions ? Surtout, qu’est-ce qui justifie que les dirigeants français, américains…dans la négation des institutions ivoiriennes, de la constitution de Côte d’Ivoire, puissent reconnaître sur la base d’une fausse proclamation provisoire des résultats, l’élection d’un président en lieu et place de celui issu d’une proclamation du Conseil constitutionnel, seul organe habilité en la matière ? A la vérité, tout cela n’est que roueries, mépris et politique à deux vitesses, qui témoignent de la pérennité de l’esprit de Berlin !

En définitive, les jurements de non immixtion convainquent ni dans le cas des pays arabes en révolution ni dans celui du Gabon et a fortiori celui de la Côte d’Ivoire. Ce qui est constant, c’est la permanence du diktat des grandes puissances.

Le seul point de différence à souligner ici entre les deux pays francophones de référence, c’est qu’au Gabon, André Mba Obame, qui a formé son gouvernement et qui n’a pas l’appui de la France, est le président effectivement élu par le peuple gabonais. Il s’y bat tout seul, sans le soutien des médias de France et de Navarre, sans ceux de la communauté internationale car le mot d’ordre, en ce qui le concerne, c’est « Circulez, y a rien à voir ! ». Ban Ki Moon, peu diplomate, a même demandé au représentant du PNUD où Mba Obame et ses ministres sont retranchés, de les faire virer manu militari ! Ce n’est pas qu’au Gabon, il n’y ait pas de protestations, de marches suivies de répressions par le gouvernement mais on ne veut pas permettre que la relation en soit faite pour créer un « buzz » autour de l’homme qu’on a électoralement éliminé. Par contre, Alassane Ouattara, non élu sinon que par la communauté internationale, qui se trouve à l’Hôtel du Golfe de son plein gré, est l’objet de toutes les attentions : les médias sont à ses ordres et Ban Ki-moon n’a de cesse d’exiger qu’il soit mis fin au blocus contre l’Hôtel du Golfe où il est retranché.

Ah philosophie de la misère, misère de la philosophie ! Quand donc en finira-t-on avec cette gouvernance dictatoriale, hypocrite, pratiquée à la tête des Nations Unies par cinq Permanents qui s’y sont impatronisés ?"

La Rédaction de San Finna

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