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Tant que les lions n'auront pas d'historiens, les histoires de chasse tourneront à la gloire du chasseur - Le mensonge se lève très tôt mais la vérité finit par le rattraper - Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage

mercredi 18 août 2010

En généraux - 2. Auparavant

En 2004, avant la nomination du Gal Mangou qui parviendra à obtenir du Gal Poncet le départ des chars français des rues d'Abidjan, un autre chef d'état-major des Armées est en place, le Gal Doué. Est-ce de lui qu'il est question quand Thomas Hofnung, spécialiste Afrique de Libération, évoque cette hypothèse qu'il rejette ? : "la France avait bien l’intention de déposer Laurent Gbagbo, mais au dernier moment, le haut responsable ivoirien qui devait prendre les rênes du pouvoir se serait 'dégonflé'." Hypothèse rejetée, donc, puisque Hofnung, spécialiste Afrique de Libération, persiste à se faire l'attaché en communication de la hiérarchie militaire française officielle !



"On comprend bien l’intérêt de l’armée française à allumer périodiquement des contre-feux. On comprend moins bien l’intérêt d’un journaliste à risquer sa réputation pour relayer ces écrans de fumée au lieu de réclamer justice pour les victimes", lit-on sur le site de Survie (25 juillet 2010, article de Raphaël Granvaud).

Ce qu'il s'agit de masquer par ces contre-feux, c'est que "les enquêtes de la FIDH, d’Amnesty et de la Croix rouge confirment l’ordre de grandeur et surtout le caractère délibéré et gratuit de ce qu’il faut bien appeler, sans guillemet, un massacre" (cit. ibid.) - rejoignant le chiffre des autorités ivoiriennes : 90 tués et plus de 2000 blessés...

On est loin de la "vingtaine" concédée par la ministre française de la Défense de l'époque, Mme Alliot-Marie, après moult versions variées et dénégations (ce qui lui valu en côte d'Ivoire la relecture de ses initiales : MAM, "Mensonge après mensonge" !), on est au-delà de la "douzaine" (sic), dont parle Paul Moreira dans son blog (pour le seul 9 novembre 2004)... Une bourriche, vous dis-je, une bourriche !

Car "il est malhonnête de ne pas rappeler que cette fusillade n’était pas la première, et que dans la nuit du 6 au 7 novembre notamment, l’armée française avait tiré depuis des hélicoptères sur des foules de manifestants également désarmés", rappelle Raphaël Granvaud (ibid.) repris par Paul Moreira (ibid.).



Nous voilà donc en juillet 2010 : près de 6 ans depuis nov. 2004, pour qu'on entende enfin en France que les articles de Hofnung, en Une de Libération, étaient des relais des contre-feux de la hiérarchie militaire française et de son chef suprême, le Président de la République, alors J. Chrirac, himself...

En 2004, même Canal + et Paul Moreira, diffusant heureusement leurs reportages, même Le Canard Enchaîné et Marianne, dont Moreira signale (ibid.) qu'ils ont plus ou moins rendu compte des événements, même Survie - même eux restent dans l'ambiance générale, qui veut que la ligne chiraquienne soit juste (une "interposition"), jusque dans ce que Survie relayé par Moreira, qualifie aujourd'hui de "crime de guerre" !



Même Nonobs, avec Robert Marmoz, est alors dans une ligne de proche de Hofnung et de Libé, relayant la Licorne, ou du Figaro, relayant carrément les menaces de coup d'État : "Des signaux clairs ont été envoyés au président ivoirien pour lui signifier que son avenir politique pourrait être sérieusement compromis. Il pourrait faire l’objet de sanctions internationales, voire être poussé vers la sortie. [...] À Paris, circulaient des noms de remplaçants éventuels, militaires ou politiques." (Cit. Survie, ibid.)

Nonobs relaye alors pour sa part un appel de Montebourg et quelques socialistes français demandant, dans ce contexte, l'exclusion de Gbagbo et du FPI de l'Internationale socialiste ! C'est au point que lorsque sur mon blog Nonobs de l'époque, je dénonce cet appel, je subis ma première censure officielle (pas un bug, à l'époque !)...

Il aurait pourtant suffi de lire mon modeste blog, disparu depuis, pour entendre une parole dubitative quant à la version française officielle d'alors, celle relayée par Hofnung.

Une mise en question ignorée en France, où on s'en tient à la parole d'État, à gauche comme à droite ! Il aura fallu près de six ans pour entendre ces mise en question ! En Côte d'Ivoire, déjà en 2006, il est évident que Hofnung se livre à un "révisionnisme évolutif", et pas seulement pour les tirs sur Abidjan, mais aussi sur le motif de leur déclenchement, le mystérieux "bombardement de Bouaké".

Ici aussi, pour les événements de Bouaké, encore un effort...

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