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Tant que les lions n'auront pas d'historiens, les histoires de chasse tourneront à la gloire du chasseur - Le mensonge se lève très tôt mais la vérité finit par le rattraper - Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage
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lundi 7 mars 2011

L’encenseur de la censure

À Anicet et Yann

L’encenseur de la censure est une figure-type comme L’avare, Le misanthrope ou Le Tartuffe. C’est une figure moderne contrairement aux trois exemples, intemporels ; il a cependant des traits intemporels : l’obséquiosité, le ressentiment haineux, la méchanceté teigneuse.

Comme ses prédécesseurs, il s’incarne. Pensons, concernant la question ivoirenne, à tel blogueur rabachant la propagande golfique des « grands médias », accueilli jusque là avec la plus grande bienveillance sur Nouvelobs.com, qui il est vrai ne brille pas par son objectivité sur la « crise ivoirienne » : du bon usage de seconds couteaux qui porteront le chapeau quand ça tournera mal... Sauf à se faire débarquer par le censeur qui ne goûte pas forcément qu’on le poursuive de son obséquiosité en le gratifiant du titre flatteur... de censeur !


J’avoue avoir été estomaqué comme vous deux par le taux de mauvaise foi du louangeur de nos censeurs.

Une telle capacité de mensonge me laisse coi, et m’a laissé jusqu’à présent comme seule réponse l’ironie.

Où la superbe réponse de Djignab à l’encenseur chez l’autre ouattariste du Nobs : « toi tu es un menteur ! », marque un moment mémorable. Tout est dit dans cette formule lapidaire, ciselée à souhait : « toi tu es un menteur ! ». Menteur effronté en effet. Dernier coup, il aurait rompu les discussions avec moi. Faux : c’est moi qui l’ai envoyé paître, ayant dû lui répéter par trois fois d'aller se répandre ailleurs ! Depuis, du coup, loin d’avoir cessé tout rapport comme il le clame, il me poursuit de ses assiduités sur tous les blogs où je laisse des commentaires, sans parler du sien (où je ne commente pas !), où je (et vous deux pour une large part) suis devenu, de façon directe ou biaisée, sa principale thématique, sur un sujet, la Côte d’Ivoire, où il a avoué être mal renseigné (c’est le moins qu’on puisse dire).

Mais ça c’est un détail (un minuscule échantillon de la méthode). Il est des domaines autrement graves, comme l’accusation permanente de faire de l’incitation à la haine et celle de faire de la désinformation (je ne m’arrêterai qu’à ces deux accusations mensongères-là – sinon ce serait trop long : il n’y a que mensonge et délation calomnieuse dans la prose de l’encenseur).

Tout chez l’encenseur de la censure est louange de la délation, via l’abus sans vergogne du mensonge.

Comme le dit Anicet dans un commentaire : « je vous mets au défi de trouver dans mon blog une seule incitation à la haine ». Je reprends à mon compte ce défi. Où voit-on dans mes propos une incitation à la haine ?

Où mon souvenir me ramène à 2003-2004, où les journaux et radios de Côte d’Ivoire se faisaient traiter de haineux, accuser de lancer des appels à la haine - quand, les écoutant (en nov. 2004 par ex.), on n’entendait qu’appels à dons de sang pour les victimes de Licorne.

Qui ne se souvient que pour soulever la colère du peuple, il suffisait de publier un article de Libé, par ex. Évidemment, quand il était publié sur Le Temps ou Notre Voie, c’est eux qui se voyaient taxer de haineux, alors qu’ils ne faisaient que donner un échantillon de la mauvaise foi… Ils ont cessé de publier ces échantillons pour éviter les débordements qu’ils suscitaient.

Je n’ai vu aucun appel à la haine chez les défenseurs de la souveraineté ivoirienne !

Il est vrai que notre encenseur considère que toute exposition des faits est appel à la haine. Proposer une information différente, une alternative qui complète et corrige par les faits le matraquage des « grand médias » est intitulé par l’encenseur « propagande » - voire propagande à la Goebbels (sic !!! Car l’encenseur est aussi un grand collectionneur de points Godwin).

Quand les « grands médias » assènent à qui mieux mieux que Ouattara serait président « élu de la Cei et de la ‘communauté internationale’ » et Gbagbo « autoproclamé » (ou au mieux installé par un « conseil constitutionnel à sa botte ») ; si l’on rappelle le simple fait que la Cei n’a obtenu aucun résultat (selon son président Bakayoko), ou que ladite « CEI » avait comme « indépendance » essentielle le fait d’être composée à 80% de ouattaristes, on est dans la « propagande ». Quand on rappelle que la proclamation de Bakayoko s’est faite du QG de Ouattara à l’insu des autres membres de la Cei et hors délai, l’on fait une propagande digne de Goebbels. Quand on rappelle que cela s’est fait sous la… conduite des ambassadeurs de France et des USA, on incite à la haine contre l’Occident. Quand on fait remarquer que le mandat de Choï n’était pas de valider un tel résultat, on incite à la haine de l’Onu, de même que quand on rappelle que le mandat de l’Onu était de désarmer les rebelles, ce qu’elle n’a jamais fait. Ou comme quand on dit que Ban Ki-Moon s’est excusé d’avoir divulgué le mensonge (et convoqué le conseil de sécurité !) des hélicoptères imaginaire de Choï, on incite à la haine.

Quand on a remarqué que Sarkozy a été jusqu’à donner un ultimatum à son homologue ivoirien pour qu’il quitte son poste (sans compter les pressions que regrettent ses homologues des autres pays d’Afrique pour qu’ils se préparent à la guerre), il ne faut pas appeler ça ingérence, ce serait incitation à la haine contre la France !

Bref, pour plaire au censeur et à son encenseur, il faut avaliser le matraquage mensonger. Dire les faits devient sous son clavier : « désinformation » !

Incitation à la haine encore, que le passé oscillant de Ouattara. Qu’importe d’ailleurs si le fait qu’il ne fut pas toujours clairement ivoirien ne fait jamais partie de nos propos. Il est de notoriété publique que c’est son actuel allié Bédié qui a mis en place cette thématique (dans un premier temps pas niée par Ouattara, mais utilisée pour dénoncer comme xénophobe son ennemi d’alors, Bédié). Il est moins connu, mais historique, que Gbagbo s’est toujours opposé à Bédié sur ce point, que c’est lui qui a octroyé la nationalité ivoirienne à Ouattara en 2000. La chose est depuis indubitable et n’a pas a être mise en doute (il est Ivoirien, point) – contrairement à ce qu’il en est dans la République sarkozienne, l’octroi de la nationalité n’est pas réversible en Côte d’Ivoire, et il est plein et entier. Cela vaut naturellement pour Ouattara. Toujours dans les faits historiques, Gbagbo l’a ensuite rendu éligible par décret.

Quant à Blé Goudé, qui passe tous ses meetings à dénoncer l’usage des armes, il est lui aussi un de ceux qui incitent à la haine. Que dire alors de ceux qui rappellent qu’il ne fait qu’appeler à des manifestations non-violentes ? - vraiment non-violentes pour le coup.

Et c’est là que l’encenseur des censeurs passe à un autre reproche. Les « pro-Gabgbo » ne mentionneraient pas les exactions du « camp Gbagbo ». Oui, mais voilà, encore faudrait-il qu’elles soient avérées autrement que sans aucun fait pour les étayer, comme les charniers invisibles de l’Onu !

Autant de « preuves » (on en mesure la solidité !) que Gbagbo est un dictateur, ce qui permet de franchir encore un cap. Même s’il a été élu, comme les vérifications que refusaient Ouattara ou Ban Ki-Moon en ont déjà convaincu tout un pan de la « communauté internationale unanime », il n’est pas légitime pour autant puisqu’il est un « dictateur ».

Des preuves, des faits ? - qui manquent cruellement ! Qu’importe, on les fabriquera : la « communauté internationale » médiatique dont l’encenseur rabâche les « infos » tronquées comme un perroquet est prête à accepter comme argent comptant le plus grossier truquage pourvu que ça aille dans le sens de ses préjugés - comme le scénario des mortes vivantes d’Abobo. Même si c’est faux, ça aurait pu être vrai, de la part d’un tel dictateur !

Voilà où on en est du projet d’une guerre déjà réelle, avec ses aspects médiatiques, comme lorsque les journaux ivoiriens d’opposition (majoritaires) n’arrivent pas à se faire censurer (plus compliqué que dans l’hexagone) décident de se censurer eux-mêmes (pas trop longtemps quand même !) : il est difficile de faire passer pour un dictateur celui qui laisse étaler contre lui les pires insultes dans les rues d’Abidjan et sur le net.

Mais les encenseurs de la censure passeront outre et continueront de clamer des calomnies sans aucune preuve, servant docilement la politique des grands groupes et du FMI (mais chut : il est interdit de le dire : c’est de la propagande à la Goebbels !)…


Miles Davis, Ascenseur pour l'échafaud
/ contre la censure par les fachos

vendredi 4 mars 2011

À qui profite le crime ?

C'est la question qu'évitent soigneusement de se poser les médias de la "communauté internationale"...

Comme aujourd'hui pour les 7 femmes tuées à Abobo, on attribue d'emblée au "camp Gbagbo" ce qui s'avère trois jours après relever de ceux à qui profite le crime.

Entre temps, puisqu'il en reste toujours quelque chose, l'image de la Côte d'Ivoire républicaine s'est un peu plus dégradée. Toujours ça de pris pour ses ennemis.

Mais la question "à qui profite le crime ?" semble ne pas effleurer Libé, NouvelObs, (ou encore Radio France, France télévision, etc.) etc., etc. (la liste serait très longue), à moins qu'il s'agisse d'éviter aux lecteurs de se la poser...

Ça permet toujours qu'entre temps des blogueurs bêlants relaient l'"info" en en rajoutant dans l'outrance calomniatrice. Et sur la plateforme blogs.nouvelobs aux grands ciseaux, on n'y voit pas de problème !

Faut-il des preuves supplémentaires qu'on est dans l’aspect médiatique d'une guerre contre un pays qui, pour nous être cachée, n'en est que plus réelle.

Démenti des Fds.

mercredi 2 mars 2011

Quand Nouvelobs.com vire de son site tous les blogs qui tentent d'expliquer la "crise ivoirienne"...

... C'est que le journal en ligne a aussi ses raisons (faut le comprendre) :

Que le lecteur se tienne bien. Ci-dessous une citation de Nouvelobs.com annonçant la visite à Paris de Zuma, le Président de l'Afrique du Sud (qui a compris l'esbroufe électorale qui tente à coup de tricheries et de violences d'imposer l'ami perso de Sarko à la Côte d'Ivoire). Je cite Nouvelobs.com :

"les deux chefs d'Etat s'entretiendront de la crise en Côte d'Ivoire, où le refus du président sortant Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire de son rival Alassane Ouattara menace de replonger le pays dans la guerre.
Comme l'Angola, mais à l'inverse de l'Union africaine (UA) et de la France, le président sud-africain a jusque-là ménagé M. Gbagbo et défendu une solution de compromis, au point de s'être fait chahuter la semaine dernière à Abidjan par les partisans de M. Ouattara aux cris de "Zuma voleur!".
"Nous ne désespérons pas de le faire changer", dit-on à Paris, "il n'est pas question d'exagérer l'influence sud-africaine mais ce serait un coup dur pour Gbagbo si Pretoria prenait clairement position contre lui".
(Sic !!!)


Ce morceau d'anthologie de langue de bois appuyée sur de la propagande mensongère vient vers la fin de l'article. Le début consistant en l'étalage de la pommade que l'on refile à Zuma pour qu'il change de position. Pommade annoncée en titre d’article : "La France déroule le tapis rouge pour le président sud-africain Zuma".

On comprend pourquoi le journal en ligne juge urgent de censurer tout blog qui explique la crise : on ne peut pas faire courir à ses lecteurs le risque de finir par comprendre !

mercredi 2 février 2011

Dans la série "Balle dans le pied" : (5) Le temps des pièges

Les exemples Le Pen et Addis Abeba...

Derniers cas de balles dans le pied :

« La décision de Gbagbo de réquisitionner la BCEAO Cote d'Ivoire et de la mettre sous l'autorité du Ministère ivoirien de l'économie et des finances a mis KO l'UMEOA. C'est un coup de maître qui va obliger certains à penser que l'heure est à la négociation. L'épisode n'a pas été beaucoup commenté mais je pense qu'il montre la détermination de Gbagbo et constitue un tournant important : http://news.abidjan.net/h/389689.html »
C’est ce que me signale à juste titre Djignab | 01.02.2011

On est effectivement toujours dans la série : "comment se tirer une balle dans le pied" ! Après Sarkozy, c’est au tour de l’Uémoa.

Tandis que déjà, toujours dans la même série, nouvel épisode annoncé : Marine Le Pen qui s'offre le luxe de donner à Sarkozy et à MAM une leçon de politique étrangère ! En matière de balles dans le pied, jusqu'où iront le pouvoir français et ses acolytes ?... Après le profil bas du président français à Addis Abeba...

Mais c’est là que les choses peuvent prendre un double sens et invitent à la vigilance.

Il ne serait pas opportun que la Côte d’Ivoire républicaine se mette à son tour à se tirer dans le pied !


Tout peut encore se retourner. Deux tentations récentes (et combien d’autres) ont tout de ce qui ressemble à des pièges : 1) la tentation d’une alliance objective avec Mme Le Pen. 2) La tentation de s’enthousiasmer trop vite du sommet de l’UA.

1) « Selon une information du site franco africain koaci.com, Marine Le Pen, la fille de Jean-Marie Le Pen souhaiterait rencontrer le président ivoirien Laurent Gbagbo à Abidjan.
Très convaincue qu’elle a toutes les cartes pour éliminer Nicolas Sarkozy au premier tour des élections présidentielles de 2012 en France, l’actuelle leader du Front National (extrême droite) y met du sien pour couper toutes les ressources au locataire de l’Elysée.
Les ennemis de mes ennemis étant mes amis, Marine Le Pen voit actuellement en Laurent Gbagbo un potentiel ami qui pourrait l’aider à terrasser le virevoltant président français.
Et même si cet appel du pied de l’extrême droite française n’a pas encore eu de rebond à Abidjan, il va sans dire qu’il donnera du tonus à Laurent Gbagbo dans le combat pour sa résistance contre Sarkozy et ses alliés occidentaux.
Toutefois, faille t-il mentionner que Gbagbo est un socialiste convaincu qui aura du mal à accepter les fréquentations de l’extrême droite. Mais en politique, très souvent, seules les fins justifient les moyens. »

Par Daniel Atteby

Oui, mais voilà. Comme met en garde de façon tout à fait pertinente le journal de la crise ivoirienne : « Objectivement, on aurait souhaité que beaucoup d’autres dirigeants politiques français adoptent la même circonspection envers la reconnaissance « unanime » de la « communauté internationale », ce qu’à d’ailleurs fait M. Mélenchon le 4 Janvier sur BFM TV. La position de Marine Le Pen devrait-elle pour autant réjouir les Ivoiriens au point de l’inviter à venir soutenir le président Gbagbo à Abidjan, comme l’affirme koaci.com ? La perspective d’une telle «alliance paradoxale» réjouit d’avance la presse ouattariste qui sait qu’elle tient là une carte maîtresse à l’encontre du président Gbagbo, et de quoi relancer le lynchage médiatique contre la Côte d’Ivoire qui a perdu de sa vigueur depuis quelques semaines. » L'article en entier ici.

2) Le sommet de l’UA. Piège redoutable aussi. Ainsi, toujours dans le journal de la crise ivoirienne : « La proposition de ce panel Africain - dont Blaise Compaoré ! Oh honte ! - ne correspond pas à cette proposition de sortie de crise formulée par le président Gbagbo. Selon RFI, ce panel a pour but d'offrir à Gbagbo des garanties pour quitter le pouvoir, voilà tout. Anne Ouloto, porte parole du RDR l'a parfaitement compris.
Le conseil de sécurité de l'UA a […] cédé là où le conseil de sécurité de l'ONU avait tenu bon, le 18 Janvier lors de l'adoption de la résolution 1962 (2010) pour l'envoi de troupes supplémentaires, quand la Russie était parvenue à imposer le retrait de la mention reconnaissant la victoire de Ouattara par l'ONU dans cette résolution
[quoique (*)]. Il n'y a vraiment pas de quoi pavoiser quant à la dignité des chefs d'état africains ! » L'article en entier ici

Si l’on sait qu’en outre, le CSP de l’UA « exige la levée immédiate du blocus de l’Hôtel du Golf », risque terrible, la vigilance est décidément de mise !

lundi 24 janvier 2011

Quand la France se tire une balle dans le pied (suite)

Une transition en Tunisie du RCD avec Ben Ali vers un RCD sans Ben Ali n’aurait selon toute vraisemblable rien pour déplaire à la « communauté internationale » sarkozienne… Face à l’ombre islamiste, ex-alibi au soutien de Ben Ali, qui refait surface. Et puisque de toute façon en Tunisie toute opposition démocratique structurée a été laminée, quid de la suite ?…

La stratégie est constante, en œuvre actuellement contre la Côte d’Ivoire, qui consiste précisément à laminer toute alternative vraiment démocratique au règne de la « communauté internationale ».


Avant, il y avait le totalitarisme soviétique, qui discréditait toute option alternative aux dictatures pro-occidentales. Les théologies de la libération ont permis de faire sortir l'alternative de l’ornière : un socialisme avec liberté de conscience est possible (plusieurs expériences le montrent, notamment en Amérique latine).

Cette sortie de l'ornière (qui était effectivement terrible) a commencé à se mettre en place au moment où l'Urss s'effondrait.

Jusque là, les stratégies française et américaine semblaient se superposer. Depuis, elles ont divergé. Côté Washington, on a embrayé sur l’ancrage afghan, où contre l’Urss on avait commencé à surfinancer les fanatiques, future figure (certes affreuse) du nouveau « diable », face auquel les « interventions » apparaîtront comme mains tendues héroïques vers la démocratie. Mais en parallèle on s'est attaché à laminer tout ce qui n'est pas islamisme : tous les régimes laïques (pas forcément idylliques !) qui s'y opposaient en vrai. C’est là qu’apparaît la nouvelle divergence, post 1989 : Paris soutient plus volontiers les dictatures laïques, présentées comme pas si mal que ça. La stratégie américaine, celle de la lutte d’un sauveur contre un « axe du mal » ipso facto favorisé en effet de miroir, semble n’être pas celle de Paris.

Les deux stratégies, soutien des dictatures laïques vs renversement de tout ce qui n’est pas islamisme comme figure à combattre, finissent toutefois par converger : nous voilà à terme avec comme seule alternative apparente aux options de la « communauté internationale », l'incontestablement insoutenable islamisme. Et l'alibi a marché jusqu'à ces derniers jours en Tunisie pour Ben Ali (c'est lui ou rien d'autre que les fanatiques), comme il marchait avec Pinochet contre la menace soviétique. Mais quid de la suite, quand l'opposition démocratique n'est pas structurée ? On peut craindre qu'on ne se retrouve à nouveau avec l’alternative du « diable » contre la « communauté internationale » qui a permis à Ben Ali de se maintenir. Et la facilité avec laquelle s'est faite la transition (et avec l'aval de Ben Ali acceptant sans trop de difficultés de partir, semble-t-il) fait craindre la suite.

Entre temps, le relais, bon an mal an, aura — a déjà, sans doute — été transmis par Paris à Washington.

Où, dans un apparent paradoxe, la Côte d’Ivoire résistante de Gbagbo lutte aussi pour la France — malgré elle, malgré les Sarkozy et MAM (la droite historique ne s’y trompe pas) — ne serait-ce qu'à titre de signe qu'autre chose que le choix entre islamisme (déjà présent dans les rébellions, de la Somalie au Nigeria, au Niger et à la Côte d’Ivoire) et FMI est possible ! Car sans l’autre alternative, démocratique celle-là, sans cet au-delà des truquages électoraux et régimes corrompus, sans la résistance à la corruption internationale que porte le refus des bourrages d’urnes par Gbagbo, on se retrouvera à terme avec l’autre et récurrente alternative, qui profite invariablement à Washington. Déjà Sarkozy et sa « communauté internationale » se sont rendus à cet « état de fait », au grand dam des historiques de la droite et de la gauche mitterrandienne françaises : si on ne relaie pas l’alternative démocratique qui consiste à reconnaître les institutions souveraines de la Côte d’Ivoire, on déroule dans tous les autres cas de figure le tapis rouge pour Washington / FMI.

Pour la Tunisie, dans le même ordre d'idées, l'urgence est donc bien sûr de voir émerger une réelle alternative, entre la dictature laïque que Paris a soutenu jusqu’au bout et l’islamisme face auquel s’ouvrirait un boulevard pour un Washington sauveur.

Et pour en rajouter, comme d’hab., l'unanimité des médias de la « communauté internationale » à se réjouir laisse prévoir pour les futures élections en Tunisie un choix comme celui auquel on tient pour la Côte d’Ivoire depuis 1993 et 1999 : un bonnet blanc et un blanc bonnet de la « communauté internationale », genre Bédié ou Ouattara, vs Ouattara ou Bédié.

Cf. aussi ici.

lundi 3 janvier 2011

Thuriféraires et encensures


Ici et .




L'encensure pour chez la faux...

samedi 1 janvier 2011

Le roi nègre et ses thuriféraires

1) Le roi nègre

… « autoproclamé » face à l’ « Élu » de la « communauté internationale ». On reconnaît la formule de plus en plus invariable de l’ « analyse » de la « crise ivoirienne » fournie par…

France 24 - TF1 - France2 - France 3 - L'Expansion - La Croix - La Provence - Le Figaro - Le Monde - Le Parisien - Les Echos - Libération - Midi Libre - Canal+ - France 5 - M6 - Arte - France 4 - I-télé - BFM TV - RFI - Europe 1 - Radio France - CBS - NBC - ABC - Warner Bros - TMC - LCP / Public Sénat - Le Patriote - Jeune Afrique - Onuci-FM - Le Nouveau Réveil - Nord-Sud - Le Front - 24 heures - Douze - Le Démocrate - L'Intelligent d'Abidjan - Le Jour, etc., etc., etc. (Liste très loin d’être exhaustive…)

La formule se substitue désormais à celle qui l’a précédée : « reconnu par un conseil constitutionnel acquis à sa cause », face à l’ « Élu » de la « communauté internationale qui a validé les résultats de la CEI ».




2) Les thuriféraires

Face à cela, une TV, la RTI (régulièrement censurée, depuis « la crise » par Intelsat qu’elle paye pour la diffuser), et quatre journaux : Fraternité Matin, Notre Voie, Le Temps, Le Courrier d'Abidjan ; plus les forums et tweets, et des blogs dont on trouve une liste presque complète en lien dans ce blog, dont la version nouvelobs est censurée !

Ça ce sont les « thuriféraires » faisant une « propagande arrogante »… que personne, parmi ses contempteurs, n’écoute. On se contente d’en savoir ce qu’en disent ceux qui censurent ou étouffent les échos. Ainsi le porte-parole de l’Onu en CI, parlant d’ « appels à la haine de la RTI ». Fait-il allusion à la diffusion de la proposition de Gbagbo d’une commission de vérification de ce qui s’est passé lors des élections ? Proposition « haineuse » il est vrai, puisqu’elle mettrait en cause la « communauté internationale », qui s’y refuse, tout comme son « Élu » !

Fait-il allusion aux nombreuses interviews accordées à la RTI par quantité de juristes ivoiriens et africains, français et occidentaux qui s’accordent pour reconnaître la parfaite légitimité du travail du conseil constitutionnel ? Arrogant en effet, de la part de la RTI, de fournir un tel nombre de juristes quand la « communauté internationale », avec ses puissants médias en avance… un, F. Wodié, le leader d’un parti membre de la coalition Ouattara, pour expliquer ce que les puissants médias répètent en boucle, mais qui ne convainc que ceux qui sont déjà convaincus : en vertu de l’accord de Pretoria, la « communauté internationale » serait habilitée à se substituer au conseil constitutionnel — à défaut d’avoir accompli la seule tâche qui lui était confiée, désarmer les rebelles…

Sachant qu’en dernière instance, c’est… au conseil constitutionnel souverain de démêler tout cela, on comprend que la phase la plus récente de la « communication » internationale se résume à oblitérer purement et simplement ledit conseil constitutionnel — qui a l’arrogance d’exister. Alors on déclinera en boucle que celui qu’il a investi est « autoproclamé » ! Voilà qui est plus simple… et qui permet de bien saisir la réalité du problème — effet collatéral : d’un côté la Côte d’Ivoire souveraine avec les institutions qu’elle s’est donnée, de l’autre une « communauté internationale » qui les nie et s’y substitue, à l’appui de ses médias.

Mais ce ne sont pas eux qui font de la « propagande » « arrogante ». Ce sont les « thuriféraires » du roi nègre, qui « s’accroche à son trône ». Car qu’importe s’il a instauré la démocratie, et permis à son adversaire de se présenter, qu’importe qu’il a accepté une élection imposée (bien qu’illégitime au nord selon les critères onusiens) : c’est un roi nègre, et on sait que pour lui et ses thuriféraires, la culture est forcément un verni. Le verni de culture démocratique a donc laissé place à la vraie nature du roi nègre sitôt connu le « chiffre » de la « communauté internationale » validant son « Élu ». CQFD : ils ne peuvent pas se gouverner eux-mêmes, c’est pas dans leur nature (qui affleure sous leur verni de culture) : on leur imposera donc l’ « Élu », nègre comme les autres, certes, mais l’ « Élu » de la « communauté internationale »…

Et si l’autre, celui dont le verni de culture démocratique se craquèle, n’est pas content, on lui ressortira, à lui et ses thuriféraires qu’on compare à un célèbre ministre de la propagande, quelques morceaux d’anthologie médiatique internationale : après tout ça aussi fait partie de la guerre médiatique — on a su prendre la leçon, entre autre sur la calomnie, attribuée à ce célèbre ministre de la propagande du XXe siècle européen : il reste toujours quelque chose de la calomnie. En trois points :

- Charnier de Yopougon : ça marche toujours, même s’il est de notoriété publique en CI que c'est le camp Ouattara qui a bloqué l'enquête qui commençait à désigner... son parti. Pour mémoire :
"en Côte d’Ivoire, l’opinion sait que Ouattara n’a jamais milité pour l’éclatement de la vérité dans les massacres d’octobre 2000, le charnier de Yopougon, les escadrons de la mort, le coup d’Etat manqué de janvier 2001 et la rébellion armée. Concernant, par exemple, le charnier de Yopougon, une commission indépendante avait été mise en place par le ministère de la Justice [FPI] pour mener les enquêtes. Les travaux étaient fort avancés. Quand le RDR a pris le ministère de la Justice après Marcoussis et que Henriette Dagri Diabaté, SG du RDR et adjointe de Ouattara, a été nommée Garde des Sceaux, elle a automatiquement dissous la commission et interrompu les investigations. Elle n’a jamais mis sur pied une nouvelle commission ni réactivé les enquêtes. L’on saura plus tard par des sources judiciaires que les résultats partiels auxquels étaient parvenus les enquêteurs accablaient le RDR d’où la décision de Mme Diabaté de tout arrêter."

- "Escadrons de la mort" : ça marche aussi. Ils ont eu un effet remarquable en 2003 après Marcoussis (et depuis à l’occasion pour tel journaliste toujours disparu)... contre leur supposé auteur, Gbagbo, qui a gagné devant la justice française ses procès contre des journaux français, en tête desquels Le Monde (vous trouverez les références dans mon ancien blog, "une autre histoire"). La question est : "à qui a profité le crime ?" Mais on évitera au public de se la poser…

- Les « Sukhoï » de Bouaké : l’avocat des familles de soldats tués à Bouaké, Me Balan, clame haut et fort que Gabgbo n’y est pour rien ! Mais qu’importe ! Dès la mort des soldats français et l’atterrissage des avions à Yamoussoukro, les co-pilotes biélorusses ont été appréhendés par les autorités françaises... et exfiltrés vers le Togo ? Arrêtés au Togo par les autorités, ils ont été remis aux autorités françaises qui les ont re-exfiltrés vers... (qui sait où ils sont aujourd’hui ?) ? Ensuite, les soldats tués ont été enterrés avec une hâte telle que leurs effets (jusqu’aux paquets de cigarettes) étaient encore sur eux et qu’on avait interverti deux corps ? On sait cela parce que la juge aux armées Brigitte Raynaud a fini par obtenir, à force de pressions, que, comme le demandaient les familles, les cercueils soient ouverts. Depuis cette juge a été démise. Les autorités françaises refusent toujours toute autopsie des corps (que demande la Côte d’Ivoire) ? Qu’importe ! Ça marche encore…

Ce sont les trois piliers de la calomnie — toujours en usage… et qui permettent d’appuyer la certitude assénée en boucle selon laquelle c’est la « communauté internationale » qui doit désigner « l’Élu »…

Mais là, il y eu un hic : le roi nègre n’est pas d’accord et ses thuriféraires le disent, pardon, le progagent, et sont — arrogance extrême — de plus en plus nombreux en Afrique et ailleurs, au point de gêner même les velléités d’imposer « l’Élu » manu militari.

mercredi 22 décembre 2010

Un rapport de force qui s’inverse : un autre avenir

Quiconque se penche sur les arguments qui se déploient de part et d'autre dans la crise ivoirienne est confronté à terme à un constat : du côté de la "communauté internationale", le droit de la force, du côte de la résistance trans-frontalière de la Côte d'Ivoire, la force du droit.

Or, chaque grande tension dans l'histoire a toujours vu triompher, tôt ou tard, le droit contre la force brute.



Le signe est décisif, qui vient à l'appui de l'appel de Saper Aude.

La "communauté internationale" menace... Elle brandit tant des menaces de sanctions que des menaces de violence et d'interventions armées. Elle va jusqu'à bafouer son propre droit.

Au plan intellectuel, son argumentation clef est le matraquage médiatique de contre-vérités et de calomnies à l'appui d'une révision constante de l’écriture de l’histoire - à côté de laquelle celle de "1984" fait figure d'amateurisme ! Et le pire est que pour quiconque ne prend pas la peine de se renseigner, c'est reçu comme acquis !

Il suffit alors de revenir aux faits, minutieusement, pour retrouver les tenants du discours médiatique ambiant - cette vulgate de tout développement sur la "crise ivoirienne" - réduits à un silence interrogé pour les plus... - disons - honnêtes ; à des cris d'orfraies mêlés d'insultes pour la plupart ! Cette méthode allant de l'"analyse psychologique" de celui ou celle qui rappelle de simples faits d'histoire, à la grossièreté la plus lourde, voire à la menace - on trouvera des échantillons de la méthode dans les commentaires de mes blogs "Une bourriche" ou "Bis repetetita", avec cette caractéristique frappante qui en fait des illustrations de la méthode de la "communauté internationale" : le vocable "intellectuel" devient une insulte à peine mâtinée de la connotation de "pseudo-intellectuel" (qui on le sait désigne en général les arguments que l'on ne peut réfuter). Méthode de la colère qui n'a plus que la force de ses calomnies, de ses muscles et de ses armes - et de leur menace contre quiconque n'a pas l'imbécillité de donner des prétextes aux coups d'un ennemi autrement armé (au plan matériel). Dernier argument d'une impuissance à atteindre la vérité - qui est la seule arme, en dernier recours, de la résistance.

Voilà où en est la "communauté internationale" et ses porte-parole conscients ou téléguidés plus ou moins volontaires. Bref, la "communauté internationale" est faible, très faible, au delà de sa masse musculaire, de la force de ses menaces.

On est là dans un cas de figure connu dans l'histoire, et qui a vu invariablement triompher ceux qui argumentent contre ceux qui tapent ou qui menacent. Une configuration qui augure déjà (quel qu’en soit le terme) un autre avenir : le rapport de force s'est inversé, qui permet déjà à la Côte d'Ivoire républicaine d'inviter au dialogue, pour passer outre l'étape inutile de la violence de la guerre, n'obtenant pour l'instant des détenteurs de la force brute que des fins de non-recevoir.



Or le droit triomphe toujours de la force brute, tôt ou tard.

mardi 21 décembre 2010

Eviter l'étape guerre

Tel est le message qu'a donné le président de l'Assemblée nationale ivoirienne, Mamadou Koulibaly, à ses collègues :



Un message qu'il tient depuis la sortie des élections : "Notre engagement, c`est de parler aux protagonistes. Nous ne pouvons pas faire autrement parce que nous sommes embarqués sur la même barque. D`un côté comme dans l`autre, il n`y a pas de solution alternative. Ce que mes amis et moi nous faisons, c`est de prendre à témoin l`opinion ivoirienne, les personnes de bonne volonté pour que nous nous mobilisions en prière et en action pour que chaque Ivoirien parle dans son propre camp aux leaders pour que l`on calme le jeu. Pour que la tension baisse pour qu`on se dise que l`autre en face n`est pas quelqu`un que nous devons détruire. Nous devons avoir pour objectif de bâtir ce pays." "Il faut éviter la guerre, il faut éviter la bagarre. Tout est possible. D`un côté comme de l`autre, on n`a pas de solution que de se parler car si la paix est perdue, chacun en payera le prix. Une guerre serait un recul. Il n`y a pas de solution militaire dans la situation où nous sommes. Il ne faut pas que des gens rêvent. La seule voie qui nous reste c`est de se parler".

Faut-il rappeler que c'est la position que soutien ce blog ? Tout conflit se termine... par la paix. Au prix, avant d'en venir à la paix qui avait déjà précédé la guerre, d'un entre-temps sanglant, indécent, et inutile, puisqu'il faudra qu'il débouche sur la paix. Autant y aller directement. Eviter l'entre-temps sanglant qui ressemble fort si ce n'était les morts et les violences, à une querelle puérile !

Mais pour cela, pour éviter l'étape de la guerre il faut prendre la peine de regarder les choses selon la perspective de l'autre protagoniste.

Faut-il rappeler aussi que c'est ce à quoi s'attache ce blog ? Adressé donc d'abord à ceux qui n'entendent que la voix de la "communauté internationale", et donc tout d'abord aux Français. Les Français n'ont pas accès à la vision des choses qui est celle des Ivoiriens. Les Ivoiriens, du moins ceux de la zone "gouvernementale", ont accès et aux médias internationaux et à la petite voix de la Rti et des journaux (minoritaires) pro-Gbagbo. Les mises hors ligne ou les interdictions ponctuelles, aux moments de fortes tensions, ne visent qu'à éviter d'envenimer les choses, de même que le couvre-feu. Chacun sait que les informations à l'emporte-pièce, et clairement partisanes des "médias internationaux" n'ont fait, et cela depuis 1999, qu'envenimer les choses. La prudence est donc de mise.

Quelles sont les deux perspectives depuis la fin des élections ? Celle de la "communauté internationale" est connue, mais préciser certaines choses permet d'y voir plus clair : c'est celle du camp Ouattara-Soro. Dans cette perspective, qui est admise par l’unanimité des grands médias, Ouattara a gagné les élections, il est donc normal que l'Onu et la "communauté internationale" le soutiennent, y compris du poids des casques bleus et des forces qui du coup, continuent à se considérer comme "impartiales".

Une impartialité qui ne saute forcément pas aux yeux de ceux qui s'en tiennent au droit ivoirien, et qui depuis déploient tous les arguments dans ce sens en appelant à la paix, et soulignons-le, à la protection des Français de Côte d'Ivoire.

Et ceux-là d'en appeler de même, mais auprès du Président français, à une solution négociée entre Ivoiriens :




Et les juristes ivoiriens d'en appeler à la "communauté internationale" pour qu'elle considère leur droit :


Pause historique... 2004 Bouaké

Où l'on voit que la méthode est toujours la même...

À propos de la question « Sukhoï » - l’avocat des familles de soldats tués à Bouaké, Me Balan, clame haut et fort que Gabgbo n’y est pour rien.



Quelques éléments parmi de très nombreux autres : dès la mort des soldats français et l’atterrissage des avions à Yamoussoukro, les co-pilotes biélorusses ont été appréhendés par les autorités françaises... et exfiltrés vers le Togo. Arrêtés au Togo par les autorités, ils ont été remis aux autorités françaises qui les ont re-exfiltrés vers... (qui sait où ils sont aujourd’hui ?). Quant aux co-pilotes ivoiriens, ils nient avoir participé à un tel bombardement. Ensuite, les soldats tués ont été enterrés avec une hâte telle que leurs effets (jusqu’aux paquets de cigarettes) étaient encore sur eux et qu’on avait interverti deux corps. On sait cela parce que la juge aux armées Brigitte Raynaud a fini par obtenir, à force de pressions, que, comme le demandaient les familles, les cercueils soient ouverts. Depuis cette juge a été démise. Les autorités françaises refusent toujours toute autopsie des corps (que demande la Côte d’Ivoire).

Notons aussi que la version initiale Chirac a varié : au début c’était Gabgbo, par la suite ça a été un gradé qui aurait pris des libertés...

Revenons aux enquêtes (ou à leur absence) concernant le camp de Bouaké lui-même cette fois : les autorités françaises ont bloqué tout accès au camp et on refusé la présence des enquêteurs ivoiriens pendant quarante jours. Le groupe Défense de l’AN française présidé UMP, a refusé les demandes d’enquête du PS et du PC. Les débris retrouvés, y compris les « débris de roquettes », sont classés secret-défense.

Autant d’éléments qui permettent au minimum de douter de la version « officielle » jusqu’à aujourd’hui, celle lancée par Chirac à l’époque et répandue par tous nos médias jusqu’à aujourd’hui comme une certitude, alors que cette version n’est même plus tout à fait la version officielle de la France !

Si l’on s’en tient à ces faits, on est même fondé à douter qu’il se soit agi d’un bombardement aérien : ce que confirmerait le témoignage d’un gendarme présent sur les lieux, parlant – tenez-vous bien – d’une attaque des rebelles (sic) – dans le magazine Gend’info juin-juillet 2005, qui ensuite a plaidé... le lapsus...

Or l’idée correspondrait bien à la méthode constante des rebelles, encore à l'ordre du jour : pousser par tous les moyens la France à intervenir militairement en leur faveur.

samedi 18 décembre 2010

Des effets globalement positifs de la censure

Voilà quelques années mon premier blog hébergé sur blogs.nouvelobs.com s'est vu infliger des "coupures" à répétition à la mesure de l'intensité des tensions de la crise "ivoirienne" et de l'urgence de faire taire toute autre voix que celle de la "communauté internationale" (que l'histoire a abondement désavouée depuis lors).

Résultat de la censure me concernant, j'ai ouvert deux autres blogs ailleurs, puis d'autres : effet secondaire la censure : la démultiplication de mon audience. Mon blogging a alors cessé d'être confidentiel.

Mon nouveau blog nouvelobs.com, au temps fort de la crise actuelle, c'est-à-dire jeudi 16, s'est vu exclure du tableau d’accueil et de référencement ("trac") des blogs Nouvelobs (où il arrivait en tête).

Un jeudi sombre, qui marque "l’échec des « manifestations » sanglantes de la rébellion du Golf, relayées par la presse internationale comme annonçant la chute quasi-certaine de Gbagbo et la prise de pouvoir par Ouattara a clairement démontré que les ivoiriens sont soit sourds et aveugles, soit majoritairement républicains et demeurant attachés à leur constitution et aux institutions qui en découlent, au premier rang desquelles le Président de la République. [...] L’échec des « manifestations » sanglantes de la rébellion du Golf ,relayées par la presse internationale comme annonçant la chute quasi-certaine de Gbagbo et la prise de pouvoir par Ouattara a clairement démontré que les ivoiriens sont soit sourds et aveugles, soit majoritairement républicains et demeurant attachés à leur constitution et aux institutions qui en découlent, au premier rang desquelles le Président de la République." (Extrait d'un article sur le blog du PIAN! L’article en entier ici.)

Un jeudi noir où il fallait faire taire toute voix alternative au matraquage "international". Même les infos de la RTI disparaissaient du bouquet Orange !

Prenant la leçon des censures antécédentes, je réactive donc mes anciens blogs...

Ici : quelques "vingtaine" :


jeudi 16 décembre 2010

Viré du "trac" du Nouvel Obs ?

Le "trac", comme chacun sait aux blogs Nonobs, c'est le référencement sur la page Nonobs. Cela fait plusieurs jours que ce blog est en tête des blogs des internautes, et ne cesse de monter. Ce matin, il était même en quatrième place des blogs du Nouvel Obs en général, dépassant donc en nombre de lecteurs la plupart des journaliste et invités du Nonobs.

Et au lieu de se demander pourquoi cette montée en lecteur (probablement qu'on s'en doute) , Nonobs vire ce blog du "trac". (On peut certes toujours plaider le "bug", mais là, il aurait peu bon dos, le "bug"...)

... Pourquoi cette montée en lecteurs, si ce n'est parce que les lecteurs cherchent une voix alternative au matraquage médiatique concernant la Côte d’Ivoire, matraquage dont il est de plus en plus évident qu'il est mensonger. Tous les médias français, tous les médias de la "communauté internationale", unanimes à répercuter la voix officielle, sont sommés de ne pas tolérer la contradiction... Surtout quand celle-ci marque des points...

Il est donc évidemment urgent de faire taire la seule (ou quasiment voix) qui pose des questions, et qui de ce seul fait, trouve du lectorat. Tout comme il est important de pouvoir dire sans contradiction que lorsque la RTI reste le seul médias audio-visuel libre de Côte d'Ivoire, elle devrait ouvrir ses antennes à la voix unique obligatoire, quitte pour cela à être prise par la violence, à laquelle appellent discrètement, sans avoir l'air d'y toucher, les médias de la "communauté internationale"...

Cf. en cas de disparition totale de ce blog-ci, son jumeau : Bis repetita.

jeudi 28 octobre 2010

De Frêche à l’AFP parlant de l’Afrique

À l’heure où, à l’Africaine, voulant marquer un minimum de respect pour un mort que l’on accable avant même sa sépulture, il m’a semblé opportun de faire remarquer qu’on a en a fait un « bouc émissaire » un peu facile... Jusques et y compris au jour où il ne peut plus répliquer.

Notre presse donneuse de leçons reste bien incapable de se dégager des mêmes poncifs qu'elle dénonce, des mêmes mots qui la parlent comme ils parlent trop de monde.

Ainsi, en période de campagne électorale ivoirienne, voilà notre nationale AFP produisant il y a quelques jours une dépêche qui n’est piquée des vers en matière de néo-colonialisme condescendant.



Et puisqu’il faut être bien vénéneux dès le titre (toujours utile, d’autant plus que nombre de lecteurs s’arrêtent au titre), on intitule la dépêche :

« Côte d’Ivoire: Gbagbo s’engage à respecter le résultat des urnes » (sic) !

La dépêche, publiée le vendredi 15 octobre 2010, sous-entend ainsi d’emblée que c’est là non seulement un scoop, mais en outre, formulé de la sorte, que rien ne permettait de s’attendre à ce respect des urnes, et que du coup, rien ne garantit qu’il faille le croire !

Normal, toute république africaine est bananière ! Ce que confirme la première phrase du... scoop de l’AFP : « Le président ivoirien Laurent Gbagbo, 65 ans, s’engage à respecter le verdict des urnes lors de la présidentielle du 31 octobre, tout en estimant qu’il battra ses adversaires, dans un entretien à paraître dans la prochaine édition de l’hebdomadaire Jeune Afrique. » Voilà qui situe une approche. (Mais les mots ont-ils été mesurés par le(s) responsable(s) de la dépêche ?)

Et qu’importe, si le Président ivoirien souligne, toujours selon l’AFP qui le cite : « en matière électorale, le risque zéro n’existe pas. Mais lorsque dix sondages, huit TNS-Sofres, un Gallup et un Afrobarometer vous placent en tête depuis un an et demi et jusqu’à l’avant-veille du scrutin, il est rare qu`ils se trompent » — l’AFP a donné le ton...

Attendons donc le titre de Jeune Afrique...

Quant à l’AFP, qu’est-ce qui lui permet ce titre insinuant ?... Ceci : « A la question de savoir s’il s’engage à accepter le résultat quel qu’il soit, il répond: "Bien entendu". » Il a dit « Bien entendu » ! La belle affaire !



Tandis que Gbagbo, qui avait remporté la présidentielle d’octobre 2000, poursuit : « "Je ne serai pas battu. Mais je ne serai pas éternellement président et un jour je transmettrai le flambeau à quelqu’un de plus jeune que moi". », l’AFP ne retient que l’interprétation invraisemblable qu’elle nous fait de la réponse naturelle de Gbagbo à qui l’on pose une telle question insensée : « Bien entendu » ! Ce qui sous-entend, au contraire de ce qu’en tire l’AFP, que ce n’est pas extraordinaire ! Évidemment qu’en démocratie, on accepte le verdict des urnes !

Et à l’AFP où l’on ne remarque même pas ce que la question a de déplacé, on fait carrément son titre d’une suspicion sous-entendue, qui n’a pas lieu d’être et qui est d’autant plus incongrue qu'elle vient d'une agence de presse officielle d’un pays dont les comportements réputés bananiers des autorités font les chous gras de la presse étrangère.

Au point qu’il serait fastidieux d’énumérer ne serait-ce que l’actualité de la semaine : ne retenons que la suspicion de passage en force d’une loi (défendue par un pouvoir accusé de collusion avec la finance) refusée par les Français ; quand des policiers sont suspectés d’être, dans les manifestations contre cette loi, en tête des casseurs (vieille pratique des républiques bananières justement) ; tandis que la presse en rajoute dans l’obséquiosité, face à un chef de la police, le ministre d’Intérieur himself, qui est condamné en première instance pour racisme. Tant les mots du racisme semblent entrer dans la banalité, comme dérivatifs d’une vulgate économique désignant la source des problèmes (dernièrement : les Roms), via une certaine logique oblitérée parfois jusque chez les philosophes. Heureusement un certain renversement se dessine dans les mots à contre-courant d’un Mélenchon, par exemple, pour l’instant assez seul.

Ainsi alors que de tels soupçons pèsent sur le pouvoir, quel média de l’importance de l’AFP aurait eu l’indécence de poser au président français se représentant aux élections (ou à Angela Merkel, pour ne rien dire d’un Berlusconi) une telle question : « la question de savoir s’il s’engage à accepter le résultat quel qu’il soit » !

Rien que de relever l’incongruité de la chose permet de mesurer l’indécence de parler ainsi d’un président étranger, et en l’occurrence d’une ex-colonie — jusqu’à aller faire un titre d’article d’un tel préjugé !



Voilà qui permet aussi de mesurer ce dont il s’agit quand Guerlain est parlé par un inconscient collectif largement partagé, de même que Finkielkraut, et qu’il est un peu facile de faire de Frêche le bouc émissaire de ce comportement et de ces mots.

La dépêche en question signe dans son titre que l’AFP elle-même baigne dans ce comportement, qu’elle est elle-même parlée par des mots qui n’ont toujours pas été cernés !

Des mots qui font décidément un peu trop grille du réel. Parlant de Frêche reprenant les mots de Finkielkraut tout en les nuançant, n'est-il pas surprenant que Finkielkraut, philosophe, n'ait pas été plus attentif aux mots ? Au fond c'est à une inattention à cette question qu'il doit peut-être le départ de ses "dérapages". Point de départ signé par sa formule "ne pas laisser à Le Pen le monopole du réel". Formule terrible chez un philosophe qui ne perçoit plus que le réel ne nous advient qu'à travers des mots justement ! Dès lors, depuis ce jour, le "réel" dont il parle est pour lui celui qu'imposent les mots de Le Pen ! Il s'est donc rendu à cette lecture du "réel", que dès lors il prend pour le réel. Cela peut expliquer largement ses glissements ultérieurs, conformes à la lecture du monde - "les mots" - à laquelle il s'est rendu par cette formule...

Mais qui a vraiment contredit ce « réel » à partir duquel Frêche a parlé ? Si ce type de convictions avait été vraiment repensé, l’AFP pourrait-elle encore pondre un tel titre sans rougir ?

mardi 26 octobre 2010

Défendre Frêche...

La mise en regard de deux déclarations sur les bleus « blacks », celle de Georges Frêche et celle faite un an avant par Alain Finkielkraut, appelle quelques questions...

Georges Frêche, novembre 2006 : « Dans cette équipe, il y a neuf blacks sur onze. La normalité serait qu'il y en ait trois ou quatre, ce serait le reflet de la société. Mais, là, s’il y en a autant, c'est parce que les blancs sont nuls. J’ai honte pour ce pays. Bientôt, il y aura onze blacks. Quand je vois certaines équipes de foot, ça me fait de la peine ».

Alain Finkielkraut, novembre 2005 : « Les gens disent que l'équipe nationale française est admirée par tous parce qu'elle est black-blanc-beur. En fait, l'équipe de France est aujourd'hui black-black-black, ce qui provoque des ricanements dans toute l'Europe. »



La déclaration de Frêche semble bien inspirée de celle de Finkielkraut : dans les deux cas trop de « blacks » — même terme ; dans les deux cas honte pour la France.

Mais le parallèle s’arrête là. Le propos de Frêche semble bien plus subtil, plus ambigu, plus difficile à interpréter. À bien y regarder, il peut même sembler nuancer celui de Finkielkraut.

Au premier regard, ce qu’il y ajoute — le problème c’est essentiellement les « blacks » et leur nombre pour Finkielkraut, c’est aussi les « blancs » et leur faible nombre pour Frêche — semble revenir au même : ce qui fait problème de toute façon c’est la couleur de l’épiderme, la classification des Français en regard de la pigmentation de leur peau. Que ce soit les « blacks » seuls qui soient mis en cause pour être trop nombreux parmi les bleus, ou aussi les « blancs » qui sont « nuls », on semble aux prises avec le même problème pigmentaire !

Mais, à y regarder d’encore plus près, les choses peuvent se nuancer encore — et Frêche, me semble-t-il, a aussi plaidé cela.

Ce qui fait « honte », en regard d’autres équipes ou nations et apparemment les autres nations européennes (second point commun avec la déclaration précédente de Finkielkraut parlant de « ricanements ») est en effet nettement plus sujet à débat chez Frêche.

La meilleure qualité technique des « blacks » au foot peut être mise en rapport, comme sous-entendu chez Frêche, avec le fait qu’ils n’ont souvent accès qu’à ce domaine (ou à celui du show-biz). Bref, ce qui peut faire honte en l’occurrence, même si le propos reste douteux, ce n’est pas la « couleur » des joueurs de l’équipe nationale de foot, mais le fait que contrairement à d’autres pays (il ne les nomme pas), la plupart des autres portes sont fermées aux « blacks », d’où leur forte présence dans ce domaine-là.



L’interprétation de la « nullité » des « blancs » devient alors éventuellement plus complexe, en lien avec le fait qu’il n’y a pour eux pas à combattre autant pour faire leurs preuves dans un des seuls domaines ouverts aux « minorités visibles », genre sport ou show-biz, et dès lors, ils peuvent à terme, moins y briller.

Auquel cas, la sortie de Frêche, qui semble bien inspirée de celle de Finkielkraut, aurait aussi pour sens de racheter, tout en l’assumant, la formule du philosophe, de lui donner, pour l’assumer (ce qui reste certes bien ambigu), une connotation différente, une connotation tendant à dénoncer une société à deux vitesses, incapable d’assurer autre chose à ses « minorités visibles » que les domaines où il va falloir se battre pour devancer ceux qui ont pris l’habitude de recevoir ce qui ressemble à des dus — que dès lors ils acquièrent de moins en moins ! Bref, il y aurait, confusément, une part maladroite de dénonciation de la promotion au faciès dans la saillie de Frêche...

En d’autres termes, on serait devant une dénonciation d’une des tares de notre société. Or c’est aussi un des combats que revendiquait Frêche !

Hypothèse tirée par les cheveux ? Peut-être, mais qui rejoint d’autres propos de Frêche dont la dénonciation a été évidemment calomnieuse, notamment celle sur les harkis, où il n’applique en aucun cas la formule — pour le moins malheureuse (et il l’a reconnu) — de sous-hommes aux harkis, mais au contraire à ceux qui à ses yeux les trahissent en s’alliant aux héritiers de ceux qui ont trahi et abandonné les harkis lors de la guerre d’Algérie !

Or dans les deux cas, on est tombé à bras raccourcis sur Frêche : dans le cas des harkis, pour ce qu’il n’avait évidemment pas voulu dire ! Dans le cas des « blacks », il est resté la cible d’un propos ambigu — pour le moins ! —, là où on a oublié médiatiquement l’auteur premier de la formule, et qui lui était beaucoup moins sujet à interprétation, tant c’était clair : Finkielkraut. Voilà qui renforce la thèse d’un règlement de comptes politique dont Frêche aurait joué et abusé.



Et voilà qui fait de lui le bouc émissaire facile d’un type de comportement beaucoup plus habituel qu’on ne le veut (cf. le récent, et plus grave, plus clair, cas Guerlain) : comportement et propos redoutables relevant d’un inconscient collectif qui parle par ceux qui se laissent un tant soit peu aller. À preuve son dernier « dérapage » pour reprendre ce terme éloquent, à propos de Fabius, un de ses ennemis politiques au PS. Si la « tronche » de Fabius n’est, pour Frêche, « pas très catholique », c’est pour cette raison seulement (inimitié politique), et évidemment pas pour des raisons religieuses, pourtant à l’origine d’une formule populaire qui, elle, a parlé la gouaille Frêche de façon malheureuse !

Ce qui fait qu’au fond, Frêche serait, quant à ses « dérapages », la chambre d’écho plus ou moins volontaire d’un parler d’inconscient collectif — mais, chez Frêche, invitant à sa propre correction, à son propre dévoilement. Au jour où il n’a plus ses saillies de bistro pour se défendre, qu’on le laisse donc reposer en paix !

samedi 23 octobre 2010

‘Crime contre l’humanité’ : un concept qui n’est pas tombé du ciel

L'article 6 (c) du statut du tribunal militaire de Nuremberg définit ’les Crimes contre l’Humanité’: "c’est-à-dire l’assassinat, l’extermination, la réduction en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain commis contre toutes populations civiles, avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux, lorsque ces actes ou persécutions, qu’ils aient constitué ou non une violation du droit interne du pays où ils ont été perpétrés, ont été commis à la suite de tout crime rentrant dans la compétence du Tribunal, ou en liaison avec ce crime".

Le concept juridique est désormais posé.



Un siècle avant, au cours des débats sur l’abolition de l’esclavage, toutes les marques de ce concept se mettent en place autour de l’esclavage comme ‘crime imprescriptible’, ‘attentat contre l’humanité’, ‘offense à l’humanité toute entière’, etc. :

Comme le pasteur « Benjamin Sigismond Frossard, son prédécesseur à la Faculté de théologie de Montauban, Guillaume de Félice affirme que l’esclavage est une atteinte aux droits de l’homme, “un crime dans sa source et dans ses conditions fondamentales”. Mais Félice pense que seule l’abolition immédiate et complète de l’esclavage est acceptable. “Pour un attentat contre l’humanité (sic) - écrit-il -, il ne peut jamais y avoir prescription. »

À la même époque, Agénor de Gasparin (cf. Nelly Schmidt, Victor Schoelcher, Fayard 1994, p. 65 sq.) pose que : « l’esclavage, qui souille encore les colonies française, est une honte pour notre patrie et une offense à l’humanité tout entière. »

Et Schoelcher - pétition à « messieurs les membres de la Chambre des députés et messieurs les membres de la Chambre des pairs » (le 30 août 1847) cf. Nelly Schmidt p. 66-67 :
« Nous demandons, Messieurs, l'abolition complète et immédiate de l'esclavage dans les colonies françaises.
« Parce que la propriété de l'homme sur l'homme est un crime.
« Parce qu'on ne peut détruire les vices de la servitude qu'en abolissant la servitude elle-même.
« Parce que les notions de justice et d'humanité se perdent dans une société d'esclaves.
« Parce que, en vertu de la solidarité qui lie tous les membres de la nation entre eux, chacun de nous a une part de responsabilité dans les crimes qu'engendre la servitude. »


Autant d’expressions que rassemblent la notion de ‘crime contre l’humanité’, qui est ainsi la raison centrale de l’abolition.

On est en 1848 lorsque l’abolition est proclamée. Tout est donc déjà en place quant aux concepts, comme tout est en place dans la pratique esclavagiste pour mener au débouché génocidaire qui adviendra au cœur de l’Europe, génocide perpétré par les nazis, dont le jugement reprendra les concepts posés au XIXe siècle lors de l’abolition de l’esclavage, qui se scelleront en droit dans la notion de crime contre l’humanité.



On est en droit de se demander s’il n’y a pas déjà tentation révisionniste à nier les origines et l’enracinement du concept de crime contre l’Humanité — et à contester la loi Taubira dont l’essentiel est de dire aujourd’hui la nomination du crime qui est au fondement de l’abolition. Une tentation qui en en vis-à-vis de celle qui est de nier les attitudes et les pratiques enracinées dans l’esclavage racial, et qui ont conduit à une libération de la parole raciste telle qu’elle a fait sauter toutes les barrières qui auraient pu empêcher le génocide nazi.

« Chaque fois qu’il y a eu au Viêt-nam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et [...] au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et “interrogés”, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent.
Et alors un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.
On s’étonne, on s’indigne. On dit : “Comme c’est curieux ! Mais, Bah ! C’est le nazisme, ça passera !” Et on attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens. »
(Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme.)

vendredi 22 octobre 2010

"La jeunesse n'est pas une carrière"

La formule est due à Houphouët-Boigny.

Elle répond à merveille aux vieillards pontifiant sur les manifestations lycéennes supposées "manipulées".

Quel est l’argument-clef que l'on entend ?... Mais, mon bon monsieur, ces jeunes devraient manifester pour la (contre-) "réforme" !



Ainsi, Ce soir (ou jamais !) d'hier soir jeudi 21.10 voyait François de Closet tenir la dragée haute à tous ses interlocuteurs. Sa gouaille remarquable laissait dans l'ombre Besancenot lui-même, tandis que Stéphane Hessel tentait la médiation entre ce Besancenot souriant et De Closet exubérant !

Quant à la ministre Valérie Pécresse elle se faisait forte de maintenir que la politique Sarkozy sauvait l'héritage (excusez du peu) du Conseil nationale de la Résistance que venait d'évoquer Hessel... À la trappe le fait que le CNR était tout de même dans une logique largement communiste, pas sarkozienne !

Clef de ce silence de plomb, l’argument-massue de De Closet, asséné d'entrée et répété à l'envi : "ces jeunes manifestent contre leurs intérêts !, mon bon monsieur. Il est scandaleux qu'on leur fasse payer la dette contractée pour assurer nos retraites !" Et ces naïfs de manifester contre la (contre-) "réforme" qui est là pour leur bien !...

Que répondre à cela, sinon qu'il faudrait se mettre à penser à partir d'une autre logique que celle de Bismarck, que nous envoyait sans vergogne un des participants ! Selon une autre logique aussi que la logique banquière qui présidait aux assertions de De Closet. Mais las ! Aucune autre logique n’apparaissait possible ! Joy Sorman corrigeait bien un peu le tir, donnant l’impression d'être un peu seule... On se prenait à regretter l'absence de Mélenchon...



Quant aux "jeunes" "manipulés", à en croire De Closet et consorts, ils sont jeunes pour l'éternité, comme les vieux sont de même en retraite pour l'éternité, éternité renforcée par ce qui aurait fait frémir Bismarck : la durée de vie augmente ! Horreur pour les éternels jeunes qui vont devoir payer indéfiniment la retraite des éternels vieux, qu'eux-mêmes ne seront jamais. Les parents sont bien ingrats ! Et que dire des grands-parents !

Et là, on se prenait à regretter l'absence d'Houphouët-Boigny sur le plateau, lui dont les mânes susurraient avec insistance : "la jeunesse n'est pas une carrière !"

jeudi 21 octobre 2010

L'insolence de Guerlaintintin

Une vidéo d'archive qui montre un Guerlaintintin* plus jeune que le vieux monsieur distingué devant Elise Lucet. Un colon genre normal, qui fait travailler ses nègres au noir (relents modernes de vieilles façons : au noir c'est moins cher, et moins d’impôts : tout bénéf. - et ça vaut bien à l'occasion vengeance économique contre la République tentée de faire valoir le droit...) :



Un autre exemple aux Antilles : un "béké" revendiquant ses 300 ans d'ascendants qui "se sont reproduits en race pure dans les colonies" (sic). Son propos, assez proche des échos répercutés par Guerlaintintin, montre à quel point tout cela est ancré dans le passé esclavagiste :



"Le noir c'est comme un enfant, a dit le béké, il faut être juste, on en obtient ce qu'on veut" (sic). Une insolence dont les effluves transpirent encore dans les mots de Guerlaintintin, et de quiconque ne voit pas le problème de l’énonciation tranquille d'une telle "justice" ! Telle est l'approche sous-jacente à certaine conception du "travail des nègres"...



Héritage d'un temps aux résidus actuels, celui de la pratique esclavagiste que le pasteur Guillaume de Felice, abolitioniste compagnon de route de Schoelcher, nommait précisément "attentat contre l’humanité", posant au milieu du XIXe siècle la base du concept juridique de "crime contre l'humanité"...


*Guerlaintintin : je dois le mot à Nolats (commentaire sous ce post).

mardi 19 octobre 2010

Séparer Droit et morale ?

S'il est utile de distinguer le travail des historiens de celui de l’Assemblée législative, il est tout aussi utile d'établir la façon dont s'articulent le droit et la morale, articulation allant jusqu'à la consultation de comités d’éthique...

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"La morale peut être individuelle, dans ce cas, il s'agit d'un code d'honneur que l'individu se fixe et qu'il décide d'appliquer ou non. Cependant, la morale peut être collective, et dans ce cas, elle s'apparente au droit. La morale et le droit travaillent tout deux de manière coordonnée ayant pour finalité l'amélioration de la vie en société.
Il existe différentes théories du rapport entre la morale et le droit. Les auteurs ont recours à l'image de deux cercles pour illustrer la morale et le droit. Chez certains, ces deux cercles sont concentriques, et considèrent ainsi que le droit est entièrement absorbé par la morale. D'autres prétendent que ces cercles sont sécants. Il y aurait donc trois catégories : les règles morales sans dimension juridique, les règles juridiques sans dimension morale, et à l'intersection, les règles morales ayant une application juridique. Il faut distinguer la morale du droit en deux points: La morale est personnelle et peux être en accord avec le droit, l'action faite conformément au devoir qui est le fruit d'un impératif kantien ou alors cette morale peut avoir une finalité personnelle et privée, et dans ce sens la morale n'est pas en accord avec le droit: c'est une action faite par devoir, fruit du caractère empirique. Enfin, certains avancent l'hypothèse que ces cercles sont strictement séparés. Cependant, cette dernière thèse admet trop d'exceptions pour être valide.
Le droit et la morale ont des domaines distincts, ils sont séparés, mais ils ont aussi des points de contact ; on ne peut parler ni de séparation, ni de confusion.
La morale peut être le fruit d'une seule personne, et ne s'appliquer qu'à elle ; le droit, en revanche, n'apparait que dans une société." http://fr.wikipedia.org/wiki/Morale#Morale_et_droit

lundi 18 octobre 2010

Est-ce que le PS s'est trompé au sujet de Gbagbo en 2004 ?

Réponse emberlificotée de Cambadélis ("la situation était confuse") qui signifie en clair : "Oui, le PS s'est trompé en jugeant alors Gbagbo 'infréquentable' et en se rangeant derrière Chirac qui faisait parler la force". La force, au bout du compte, n'a rien pu contre le droit.



À l'approche des élections, il est temps pour le PS de négocier son "beau virage", selon la belle expression de Rue89... Rue89 qui continue cependant, dans le même article, à prendre pour argent comptant la parole officielle chiraquienne d'alors selon laquelle "Gbagbo n'avait pas hésité à violer un accord de cessez-le-feu pour pilonner les rebelles à Korhogo et Bouaké. Deux Sukhoi avaient alors tué neuf soldats français à Bouaké, et la France avait réagi en détruisant l'aviation ivoirienne au sol" ! Parole officielle qui autorisait l'attitude confuse du PS en 2004, et que Rue89 répète aujourd’hui (sic !). Une affirmation rabachée à l'époque indépendamment de toute enquête.

On sait depuis que cette affirmation est loin de correspondre à une vérité avérée. Le PS n'y a sans doute jamais vraiment cru... D'où les positions d'alors d'Emmanuelli, Mélenchon (alors au PS), Labertit, et depuis, de Jack Lang, Rocard, et maintenant de Cambadélis et du PS officiel... qui soutient à présent son camarade jadis excommunié. Mieux qu'un "beau virage", voilà un beau retour de l'histoire...


King Crimson: Overhead floor mats under toe

dimanche 17 octobre 2010

Confondre Droit et Histoire

Quand vous entendez pinailler sur la traite et l’esclavage, tendez l’oreille, on parle de la Shoah... (Cf. Frantz Fanon : « Quand vous entendez dire du mal des juifs, tendez l’oreille, on parle de vous »)

Confondre droit et histoire : c’est dans doute le problème de Pétré-Grenouilleau et de ceux qui lui tressent ses couronnes de martyr. Tout le monde se souvient de l’historien élevé au statut de porte-parole des contestataires de la Loi Taubira, votée à l’unanimité par la représentation parlementaire des deux chambres, loi passée sans aucune réserve du Conseil constitutionnel.

... Mais pas sans les réserves abondantes de ceux qui ont tressé à l’historien sa première couronne de martyr — un martyre, une « mise au pilori », particulièrement redoutable puisque consistant à être primé par un Sénat apparemment repentant d’avoir voté à l’unanimité une telle loi ! Avec dans la foulée d’autres prix littéraires...



Depuis le martyre de l’historien « mis au pilori » a franchi deux degrés supplémentaires, puisque d’ « historien inconnu au bataillon » (Marianne), il est devenu rapidement professeur à l'Institut d'études politiques de Paris, puis dans la foulée inspecteur général de l'Éducation Nationale : terrible mise au pilori en effet !... Effet de réponse à une attaque en justice : non pas, pour son livre ! Ni non plus, contrairement à ce qu’on lit dans Marianne, parce qu’il a effectivement dit que « les traites ne sont pas des génocides » ! Mais parce que, contestant la loi Taubira, il a nié qu’il y ait eu là crime contre l’humanité ! Cela à l’encontre de tous les textes de l’époque de Schoelcher ! Et au prix d’une activation de la funeste concurrence des mémoires Shoah/Traites... Comme s’il y avait lieu à concurrence !

Et à présent, comme inspecteur général de l'Éducation Nationale, il refait parler de lui, non pas sur la relativisation des déportations esclavagistes atlantiques cette fois, mais sur l’enseignement de la Shoah, dont Catherine Pederzoli, professeur d’histoire géographie à Nancy — comment dire — abuserait ! Déjà le terme – « Shoah » !... Puis des voyages à Auschwitz... Faut pas exagérer !

« Concurrence des mémoires », quand tu nous tiens ! Et voilà les lois mémorielles à nouveau — comment dire (bis) —... mises au pilori... pour le coup ! Et voilà la constitutionalité de la loi... Gayssot, cette fois, mise en question !



Où l’on découvre, dans les forums notamment, qu’il serait temps de s’interroger sur ladite « concurrence des mémoires ». Si à l’époque on a souvent fait l’impasse sur les mises en question de l’ « œuvre » de P.-G., on découvre à présent que c’était dû, entre autre, à ce qu’on ne voulait pas gêner l’historien dévoilant (sic) la traite arabe. C’était donc ça : ceux qui ne savaient pas que la traite arabe n’était un secret pour personne étaient reconnaissants envers celui dont la couronne de martyr avait fait le vulgarisateur de ce qu’ils ignoraient jusque là ! (Sans compter l’ancrage dans les certitudes d’une « traite interne » sans aucune base textuelle antérieure au... XXe siècle !) Le tout au prix de l’ignorance du propos du livre et de son exaltation médiatique : relativiser la traite dont la loi Taubira venait de reconnaître qu’elle était, conformément à ce qu’en disait déjà la loi Schœlcher, un crime contre l’humanité.

Et quand on veut à tout prix s’enferrer où on s’est enferré !... On va même chercher pour cela appui chez Robert Badinter ! Selon Marianne, « sur France Info [le 14 octobre dernier], Robert Badinter s’opposait fermement aux lois mémorielles telles que la loi Gayssot : "Les lois mémorielles, que j’appelle des lois compassionnelles, sont faites pour panser des blessures et apaiser des douleurs (...) et n’ont pas leur place dans l’arsenal législatif. (...). La loi n’a pas à affirmer un fait historique, même s’il est indiscutable. Et j’ajoute que la Constitution ne le permet pas". »(Interview ici.)

Voilà qui demande quelque explication sur la signification de cette « ferme opposition » (que Me Badinter donnera sans doute dans le livre sur le sujet qu'il annonce dans la même interview. En attendant...) : Robert Badinter, en effet, était Président du Conseil constitutionnel de 1986 à 1995. La loi Gayssot a été votée le 13 juillet 1990 — sans que le Président du Conseil constitutionnel de l'époque, Robert Badinter himself, donc, n'y ait vu quelque difficulté constitutionnelle, non plus que les deux chambres parlementaires françaises d'alors !

Ajoutons que le dernier procès de Me Badinter, avant qu'il ne devienne ministre de la Justice en 1981, est celui contre le négationniste Robert Faurisson, qu'il a fait condamner pour avoir « manqué aux obligations de prudence, de circonspection objective et de neutralité intellectuelle qui s'imposent au chercheur qu'il veut être » et avoir « volontairement tronqué certains témoignages ». Cela avant la loi Gayssot qui date donc de 1990 et qui qualifie de délit le fait de contester l'existence d'un crime contre l'humanité jugé par le Tribunal militaire international de Nuremberg.



Depuis, donc, la loi Gayssot a été votée. Elle innove par son article 9, qui qualifie de délit la contestation de l'existence des crimes contre l'humanité, définis dans le statut du Tribunal militaire international de Nuremberg, qui ont été commis soit par les membres d'une organisation déclarée criminelle en application de ce statut soit par une personne reconnue coupable de tels crimes. Cet article 9 introduit en effet dans la loi de 1881 sur la liberté de la presse un article 24 bis dont voici le premier alinéa :
"Seront punis des peines prévues par le sixième alinéa de l’article 24 ceux qui auront contesté, par un des moyens énoncés à l’article 23, l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité tels qu’ils sont définis par l’article 6 du statut du tribunal militaire international annexé à l’accord de Londres du 8 août 1945 et qui ont été commis soit par les membres d’une organisation déclarée criminelle en application de l’article 9 dudit statut, soit par une personne reconnue coupable de tels crimes par une juridiction française ou internationale."
L'article 6 (c) - du statut du tribunal militaire de Nuremberg - définit ’Les Crimes contre l’Humanité’: "c’est-à-dire l’assassinat, l’extermination, la réduction en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain commis contre toutes populations civiles, avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux, lorsque ces actes ou persécutions, qu’ils aient constitué ou non une violation du droit interne du pays où ils ont été perpétrés, ont été commis à la suite de tout crime rentrant dans la compétence du Tribunal, ou en liaison avec ce crime".

Nous voilà obligés de constater que ce dont Me Badinter conteste la constitutionnalité, ce ne sont pas des lois comme la loi Gayssot, ou la loi Taubira (qui entrent bien dans le cadre des crimes contre l’humanité tels que rappelés à l’article 6c / Nuremberg), mais bien, tout simplement, l'idée que la loi puisse "affirmer un fait historique, même s’il est indiscutable" — et c'est effectivement bien ce qu'il dit ! Cela précisément n'a "pas de place dans l’arsenal législatif" ! Or cela, ni la loi Gayssot ni la loi Taubira ne le font ! (La loi sur les "bienfaits" de la colonisation, elle, a tenté — en vain — de le faire.)

Me Badinter ne se contredit donc pas, ni ne contredit son action de Président du Conseil constitutionnel qui ne s'est pas opposé à la loi Gayssot ! (Ce qui se confirme ici.)

Il semble donc abusif de sortir de son contexte cette citation prise sur France Info pour lui faire dire ce qui serait bien étrange de sa part ! En revanche, qu'il affirme que la loi n'a pas à dire l'Histoire, chacun peut en être d'accord !

Ne pas confondre l’Histoire (qui ne concerne effectivement pas directement une Assemblée législative) et le Droit (que par fonction, définit une Assemblée légistalive) !


King Crimson / Projekct X: Hat In The Middle -
Juhani Linnovaara peintre finlandaise