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Tant que les lions n'auront pas d'historiens, les histoires de chasse tourneront à la gloire du chasseur - Le mensonge se lève très tôt mais la vérité finit par le rattraper - Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage

vendredi 21 janvier 2011

Bruits de bottes en Côte d'Ivoire : comment la France se tire une balle dans le pied

La guerre de la "communauté internationale" contre la Côte d'Ivoire que prépare activement Paris et que Ouattara appelle de ses voeux revient pour la France à se tirer une balle dans le pied... En livrant dans tous les cas de figure la Côte d'Ivoire à Washington... De l'art sarkozien de livrer l’Afrique aux USA sur un plateau.


Trois hypothèses sont envisageables quant au débouché de la guerre dont la menace gronde :

1) Les armes parviennent à "déloger" Gbagbo et à installer Ouattara au pouvoir. Le résultat concret est relevé par la droite française historique, depuis Evanno, ancien collaborateur de Foccart, à Probst, ancien conseiller de Chirac : dans ce cas de figure, c'est Washington qui rafle la mise.

Philippe Evanno : "Aujourd'hui, c'est la place et la domination des États-Unis sur le continent africain qui sont en jeu. La divulgation des notes diplomatiques américaines par Wikileaks et leur analyse permettent de démontrer que les Américains étaient très heureux de l'effacement français, puisque cela leur laisse le champ libre sur la totalité du continent». Selon Philippe Evanno, «le bouclage de cette domination se joue sur la présidentielle ivoirienne, puisque c'est sur cette présidentielle que l'on joue l’annulation pure et simple de la souveraineté des Etats africains». Alors, pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il adopté la position américaine ? Réponse de l’expert : «Je crois que c'est tout simplement la sienne. Nous avons, pour la première fois sous la Vème République, un président de la République qui est totalement acquis aux objectifs américains et cela revient à faire de la France un pays supplétif des États-Unis, notamment en Afrique.»"

J.F. Probst : "De mon point de vue, et du point de vue de certains observateurs avertis et connaissant bien les affaires ivoiriennes, il est évident que depuis longtemps la CIA téléguide avec quelques longues cordes, et assez facilement semble-t-il, le couple Alassane et Dominique Ouattara… Les rebelles du nord sont manipulés de l'extérieur, et pas seulement par l'islam avec Al Qaïda, des islamistes du nord de l'Afrique qui voudraient bien pousser jusqu'au sud. Tout cela est un imbroglio dans lequel les États-Unis nagent comme d'habitude à contre-courant. Ils ont engendré beaucoup de guerres et beaucoup de conflits civils, avec de nombreux morts dans de nombreux pays où il y a du diamant, de l'uranium, de l’or, du pétrole et d'autres richesses… Tout le monde fait la danse du ventre autour de la Côte d'Ivoire, mais les États-Unis, avec leurs manières lourdingues et obamesques, un peu comme Bush le faisait en Irak, arrivent à entraîner derrière eux des petits satellites ou des vassaux. Malheureusement pour mon beau pays de France, que le général De Gaulle avait fait sortir du commandement intégré de l'OTAN, le président Sarkozy a réintégré l'OTAN. Le président Sarkozy est à la traîne des États-Unis et la France est un wagon de queue de la grosse locomotive américaine… Les USA voudraient le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal, la Guinée, le Mali, le Niger et cette Haute-Volta, devenue Burkinabè, qui veut percer vers le sud jusqu’à Yamoussokro pour, disent-ils, transformer la basilique Houphouët-Boigny de Yamoussoukro en mosquée. Obama, comme Sarkozy, c'est un peu une marionnette entre les mains du complexe militaro-industriel américain"

Notons que la gauche historique mitterrandienne, qui s'est exprimée par Roland Dumas et Me Vergès, va dans le même sens : "Monsieur Gbagbo a donné aux sociétés françaises un cadeau royal : le port à Bolloré, le pétrole à Total et l’eau à Bouygues […] il fait la part belle aux Français." (J. Vergès)

Que Paris se rassure, ce premier débouché est peu probable : dans l'hypothèse où les armes parviendraient à renverser Gbagbo, l’installation de Ouattara ne serait pas acquise pour autant : resterait encore l'étape peuple dont il est à présent clair qu'il rejette désormais l'ancien représentant du FMI. Pour n'en donner qu'un seul signe : ses appels répétés à la grève générale qui ne reçoivent aucun écho. La comparaison avec d'autres situations similaires est frappante.


Un tel scénario, qui poserait d'emblée Washington en position privilégiée, déboucherait toutefois sur un chaos tel qu'il faut être attentif à un second cas de figure, relevé par des Français de Côte d’Ivoire :

2) Le maintien de l'ordre en une Côte d'Ivoire ingérable supposerait une occupation durable du pays, dont l’intermédiaire et bénéficiaire immédiat serait l'autre puissance qui compte dans la sous-région.

C'est un journal suisse, Le Temps, qui le note - article de Béatrice Gurrey 19 janvier 2011 intitulé "La grande solitude d'Alassane Ouattara" :
"Comme nombre des Français du secteur économique, ce chef d’entreprise qui réside depuis trente ans en Côte d’Ivoire a d’autres craintes: il est évident à ses yeux que, si la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) veut déloger M. Gbagbo par la force, c’est le Nigeria, le plus gros contributeur, qui viendra. Non seulement ce n’est pas une démocratie exemplaire, mais il est assuré qu’il mettra ainsi la main sur tout le pétrole du golfe de Guinée. «Ils ne partiront plus d’ici, c’en sera terminé de la Côte d’Ivoire», dit-il."

Le choix récent, apparemment inexplicable, fait par le "médiateur" anglophone Odinga en faveur de Ouattara confirme cette tentation...

Dans ce second cas de figure comme dans le premier, c'est donc Washington qui rafle la mise.

Ce cas de figure toutefois est peu envisageable non plus quand on est attentif à la réalité de la Côte d'Ivoire en particulier et de l'Afrique en général. Derrière les quelques fantoches au pouvoir qui opteraient pour l'attaque de la Côte d'Ivoire, il n'y a que force militaire. Mais aucun soutien populaire.

Les populations d’Afrique sont unanimes derrière Gbagbo, et de plus en plus de dirigeants prennent acte et se positionnent et faveur du Président réélu en Côte d’Ivoire.

3) On n'a jamais vu de guerre quels que soient les moyens techniques et militaires déployés, qui soit remportée contre un peuple, a fortiori contre le peuple d'un continent unanime.

En cas de guerre, la "communauté internationale", quels que soient ses succès apparents, sera au bout du compte défaite, et n'aura fait qu'ouvrir vers l'indépendance de l'Afrique.

Paris, instigateur des violences qui déferleraient alors sur la Côte d'Ivoire et le continent, serait le grand perdant. En regard de ce 3e cas de figure, le plus probable en cas de guerre, Washington s'est déjà positionné pour tirer les marrons du feu.


Entretien du Président Laurent Gbagbo avec George Curry / NNPA / RTI

7 commentaires:

  1. Analyse magistrale, a mettre en parallèle avec le discours de Gbagbo a Bolloré lorsqu'il lui a donné le marché du port d'Abidjan: "le contrat gagnant-gagnant". Il est évident que la France s'engage dans une aventure "perdant-perdant".

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  2. J'aime bien la formule : "perdant-perdant" ! Amer...

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  3. delugio est grand ! merci mon frère tu es dans la droite ligne de la france des lumières

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  4. N'en jette plus ! Ébloui de fleurs et de lumières, j'y vois rien...

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  5. pardon en tous les cas tu nous guide bien !
    alors continue et moi j'arrête les fleurs si ça t'aveugle !!
    saper aude

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  6. C'était pour rire. Je n'ai pas pu résister au calembour du' j'"y vois rien" !
    PS. Autre chose : tu peux échapper au "Anonymous" en choisissant Nom/URL où il suffit de mettre ton nom et l'adresse de ton blog.

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  7. mais mon cher, y voit rien , y voit tout. aujourd'hui c'est poto poto sur le bengué !

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