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Tant que les lions n'auront pas d'historiens, les histoires de chasse tourneront à la gloire du chasseur - Le mensonge se lève très tôt mais la vérité finit par le rattraper - Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage

jeudi 6 janvier 2011

Michel Galy, politologue : "à Paris l'opinion est formatée, à Abidjan la presse est très plurielle"

"Le politologue Michel Galy dénonce le manque de pluralisme des médias sur la question de la Côte d'Ivoire." sur Kernews :

"Les médias sont-ils plus libres à Abidjan qu'à Paris ? La question est évidemment provocatrice, mais il faut bien reconnaître que le paysage médiatique français ne se montre guère ouvert au débat sur la question la Côte d'Ivoire. Les choses commencent à bouger doucement en France, Kernews n'est pas étrangère à cela, mais, alors que les débats s'enflamment à Abidjan, entre ceux qui sont pour et ceux qui sont contre, à Paris, le discours reste assez monolithique. C'est tout l'objet du débat entre Yannick Urrien et le politologue Michel Galy, chercheur au Centre sur les conflits et animateurs de la revue «Culture et conflits». Michel Galy était l'invité de Yannick Urrien jeudi 6 janvier dans le magazine de 8h10 pour aborder cette question sensible de la désinformation sur la question ivoirienne. Écoutez, vous comprendrez beaucoup de choses…

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Pour écouter l'entretien cliquez sur le bouton lecture :

(Durée: 16 minutes)
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Quelques extraits de l'intervention de Michel Galy :

«L'opinion est très formatée. À Abidjan, vous avez deux camps et une presse très plurielle et vous entendez deux sons de cloche. À Paris, on n'en entend qu’un, il y a une uniformisation très curieuse des médias, une sorte de formatage de l'opinion publique. En effet, à Abidjan, Alassane Ouattara et Guillaume Soro sont enfermés à l'Hôtel du Golf et ils sont extrêmement isolés. À l'international, vous avez l'image inverse… C'est un véritable contraste sur le plan médiatique».

«Il y a des médias qui sont quand même aux ordres, comme France 24 au Radio France Internationale, qui dépendent du Quai d'Orsay et donc un peu de l'Élysée. Il y a des groupes minoritaires au sein de ces médias qui m'appellent et qui me disent qu'ils ne peuvent pas parler, mais cela ne les empêche pas de penser. À côté, il y a une image dominante, c'est lié à cet effet miroir entre la France et la Côte d'Ivoire, et cela devient plutôt malsain cinquante ans après l'indépendance».

« Il n'y a pas une distribution d'enveloppes qui fait que les journalistes seraient à la solde d’Alassane Ouattara, mais il y a une opinion tellement dominante qu'il devient très difficile d'aller à l'encontre et surtout un manque de recul. J'étais à Abidjan avec un certain nombre de journalistes, au moment du second tour, et, depuis 2002, la rébellion était très ouverte à l'égard des médias étrangers. Ce sont les hélicoptères de l’ONUCI qui toute la journée transportent les journalistes à l'Hôtel du Golf pour interviewer Guillaume Soro, qui en remet sur l'intervention militaire en ce moment, et qui s'appuie très directement sur les médias internationaux. En sens inverse, il y a une sorte de minimisation du rôle de la presse internationale par le gouvernement de Laurent Gbagbo, avec cette thèse sous-jacente, que lorsque l'on a une position juste, cela suffit, les médias suivront… »

Pour compléter votre analyse :
Une analyse de Michel Galy pour "Culture et Conflits" Politologie d’une rébellion. Une « gouvernance par la violence » au Nord de la Côte d’Ivoire ?"

6 commentaires:

  1. c'est tout à fait juste. Ici à Abidjan, malgré le rôle de dictateur qu'on donne à Gbagbo, la presse d'opposition continue de paraitre, leurs journaux ne sont pas interdits. Si les gens n'ont rien à se reprocher qu'ils acceptent ce recomptage des votes pour conforter leur position. Le président gbagbo y est favorable même c'est quand même louche que son adversaire refuse

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  2. Mais allez faire comprendre ça en France. Je viens de voir un reportage sur France3 à l'instant, JT de 19h30, tissu de mensonges qui nous invente une presse ivoirienne aux ordres avec des cafouillages genre la Une du "Patriote" de Ouattara, celle où il titre "Ouattara en rage", pour nous prouver que le "camp Gbagbo" ne sait pas se tenir (sic). En on finit avec la reporter française tranquille à Abidjan nous disant que... ce n'est pas tranquille, le tout sans avoir oublié de nous montrer un journaliste du Patriote filmé de de dos pour nous dire qu'il est menacé !!! Et c'est la RTI, censurée en France, qui est dite faire de la propagande !

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  3. Franchement ahurissant le reportage de france3...Vive la censure en France.

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  4. "Ahurissant", c'est bien le mot.

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  5. Censure quand tu nous tiens. Dans la patrie dite des droits de l'homme, on censure une chaîne de TV parce qu'elle a un autre regard que celui de la domination mondiale. Quel'on censure à Paris mais que l'on nous laisse au moins nous les singes d'Afrique suivre à Douala ou Yaoundé ce qui passe réellement en Côte d'Ivoire. INTELSAT a coupé toute image de la RTI depuis des semaines et ça nous désempare rudement. Ils ne nous servent plus que leurs mièvreries, genre communauté internationale a dit..., cté internat a fait... De toutes les façons, je zappe systématiquement sur FRANCE24, tv5, TF1 et autres en attendant impatiemment le retour sur images de ma chaîne préférée en Afrique de l'Ouest. Même si ce retour n'arrive jamais. De tout coeur avec toi RTI et surtout avec RAISON D'ETAT, ce programme qui n'a pas cessé de m'éclairer sur ce complot hideux dont est victime mon beau pays la Côte d'Ivoire et son chef d'Etat LG.

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  6. je voudrais sincèrement vous remercier au nom de tous les ivoiriens qui pensent que pour une fois un esprit éclairé à débattu des vrais réalités en côte d'ivoire.Votre interview sur tv5, le mardi 19 Avril, nous a donné une grande lueur d'espoir sur le fait que, certainement, un jour viendra où le monde entier aura une autre lecture de la tragédie ivoirienne.Nous ne possédons pas de médias puissants pour porter plus haut et plus loin, nos voix, nos sentiments, nos opinions, nos meurtrissures, notre combat, notre révolte, notre indignation face à ce que vit notre pays, mais grâce à vous, une autre version de notre histoire échappera à la vindicte internationale.

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